Le château de cartes des Alouettes s’effondre


Marc Calixte
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Ce qui m’enrage le plus, c’est que les Alouettes sont capables de jouer contre des équipes aussi fortes que les Argonauts.
J’ai regardé le plus récent match, disputé samedi, à Toronto, en poussant une série de grognements. Avec les revirements et les pénalités, c’est comme si le club montréalais était incapable de bâtir un château de cartes. Dès qu’il y a quelque chose qui commence à prendre forme, il y a toujours un joueur ou un jeu qui vient souffler sur le château fragile et tout s’effondre.
L’expulsion du receveur de passes Austin Mack, dès le premier quart, est un exemple flagrant. Voilà une grosse carte que tu retirais à la base de ton château et ça devient ensuite difficile de garder ta structure en place.
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À propos de cette expulsion, elle m’a frustré. De ce que j’ai vu et revu, le geste de Mack méritait une pénalité, mais pas une expulsion. Ç’aurait dû être un avertissement. Le joueur des Alouettes n’a jamais porté un coup à poing fermé.
Sur la séquence, l’adversaire ne pratiquait plus un jeu de football et quand il y a de l’acharnement comme ça, c’est humain d’avoir une réaction comme celle que Mack a eue. À mon avis, il y a beaucoup de gestes plus graves que celui commis par Mack qui ont été punis moins sévèrement dans l’histoire de la LCF. C’est navrant.
Erreurs mentales
Au-delà de l’expulsion de Mack, chaque revirement ou chaque pénalité ne cesse de nuire aux Alouettes, qui peinent ainsi à garder un rythme. Les grands responsables de ces pénalités ne sont ni les arbitres, ni les entraîneurs, mais bien les joueurs eux-mêmes. Il y a de mauvaises décisions mentales qui se prennent.
Samedi, dans la cuisante défaite de 39 à 10, l’attaque semblait pourtant en mesure de faire avancer le ballon, même sans Mack. En complétant 21 de ses 24 passes, le quart-arrière Cody Fajardo a peut-être même connu son meilleur match de la saison par la voie des airs. Or, le château semblait devoir continuellement être rebâti à l’intérieur de la partie.
Face à une équipe comme les Argonauts, qui s’adaptent si bien aux formations adverses en défensive, tu ne peux pas te permettre de faire des gaffes. Ta marge d’erreur est nulle.
Une question d’exécution
Je persiste et signe: si les Alouettes font mieux, ils peuvent rivaliser contre Toronto. Ils en sont capables. Montréal doit simplement exécuter un jeu à la fois, et réaliser que chaque situation est un moment précieux.
Vendredi, au stade Percival-Molson, j’espère voir les Alouettes livrer un match à la hauteur devant leurs partisans. Ça pourrait être une confrontation digne d’une partie éliminatoire... J’ose d’ailleurs imaginer des jeux explosifs de la part de Mack, qui aura assurément le couteau entre les dents.
Propos recueillis par Benoît Rioux