John Tortorella en est-il à ses derniers milles derrière le banc des Flyers de Philadelphie? La question se pose, à la suite des propos qu’il a tenus concernant la cinglante défaite de ses troupiers aux mains des Maple Leafs de Toronto mardi soir.
Sa réflexion allait comme suit: «Je n’ai pas envie d’apprendre dans ce genre de saison. Mais je dois faire un meilleur travail. Ça tombe sur mes épaules, je dois préparer l’équipe à jouer de la bonne façon jusqu’à la fin de la saison.»
C’est le type de commentaire d’un gars qui en a ras le bol et qui veut que la saison prenne fin au plus sacrant.
Ça montre aussi que, sous sa carapace de dur qui ne passe rien à aucun de ses joueurs, Tortorella est humain.
Quel entraîneur ne serait pas fatigué de voir sa formation perdre match après match?
Les Flyers ont perdu leurs six derniers matchs et 11 de leurs 12 derniers. La frustration de Tortorella est compréhensible.
Plus en âge de vivre une reconstruction
Mais on peut se demander s’il est encore l’homme de la situation pour les Flyers.
L’équipe est en phase de transition depuis deux ans, et comme toutes organisations qui passent par là, le retour de jours meilleurs ne se fera pas en criant lapin.
Tortorella célébrera ses 67 ans en juin, et il complète une 23e saison à titre d’entraîneur-chef dans la Ligue nationale de hockey. Il a beau être animé d’une grande force de caractère, ce travail use son homme. Son séjour à Philadelphie pourrait être son dernier arrêt dans la LNH.
Les temps ont changé.
Bon nombre de joueurs, pour ne pas dire la plupart, n’acceptent plus de se faire enguirlander pour tout et rien.
J’ai encore en mémoire une remarque que m’avait faite Francis Bouillon, il y a quelques années, en parlant de son rôle d’entraîneur au développement des espoirs de l’organisation du Canadien.
«Dans mon temps, quand le coach nous criait par la tête, on se disait qu’on avait dû faire quelque chose de mal et on se la fermait», m’a raconté Francis.
«De nos jours, lorsqu’un entraîneur lève le ton, les joueurs lui répondent d’utiliser la vidéo pour leur montrer leurs erreurs et leur expliquer ce qu’ils doivent faire de mieux.»
Les tapes sur la tête et les coups de pied au derrière ne passent plus.
La perte de Carter Hart
Sans dire que Tortorella est un tortionnaire, son style direct ne plaît pas à tout le monde, particulièrement aux joueurs à l’esprit susceptible, mais bon.
L’homme n’est pas méchant pour autant.
Tout le monde vante ses qualités humaines.
À sa défense, la perte de Carter Hart n’aide pas.
On sait que le gardien de 26 ans a pris congé de l’équipe en janvier 2024. Deux mois plus tard, on apprenait que son nom figurait au nombre des cinq joueurs de l’édition 2018 d’Équipe Canada junior soupçonnés d’avoir commis un viol collectif.
Leur procès aura lieu en avril.
En l’absence de Carter, quatre autres gardiens ont défilé devant le filet de l’équipe, l’année dernière. Cette année, ils sont trois, à savoir Samuel Ersson, Ivan Fedotov et Aleksei Kolosov. Les trois présentent des moyennes de buts accordés supérieures à trois par match et des moyennes d’efficacité inférieures à ,900.
Ce n’est pas la mer à boire.
Au Canadien d’en profiter jeudi soir.
