Tous les résultats
Publicité

Le CH, une équipe Cendrillon ?

Les succès du Canadien passeront par le gardien Jake Allen.
Les succès du Canadien passeront par le gardien Jake Allen. Photo Agence QMI, John Morris
Photo portrait de José Théodore
2022-10-11T09:00:00Z

Partager

À l’aube du début de saison dans la Ligue nationale, je veux être positif et je me pose la question : pourquoi le Canadien ne serait-il pas l’équipe Cendrillon de l’Association de l’Est ? 

Pourquoi pas même une participation aux séries ? Je sais, vous me dites : « José, t’as perdu la boule ». Et je ne vous blâme pas. Rassurez-vous, ce n’est pas une prédiction, mais j’évoque cette possibilité. 

Selon toute logique, le 13 avril 2023, le Canadien sera vraisemblablement plus près de la cave du classement que de la barre des 100 points, ce qui a été le minimum pour accéder aux éliminatoires dans l’Est la saison dernière. 

Comme le CH a terminé la dernière campagne avec 55 points, la pire récolte de la LNH, on l’imagine mal accéder aux séries, mais dans le sport, il arrive parfois que l’improbable remplace la logique.  

C’était notre cas en 2001-2002 à Montréal. Nous avons eu des tonnes de blessures, notre attaque était anémique et notre capitaine, Saku Koivu, a été diagnostiqué d’un cancer. Il n’a joué son premier match qu’en avril. 

Jeff Hackett était le vétéran devant le filet, mais il s’est blessé à la mi-octobre. J’ai pris la relève et j’ai connu ma meilleure saison en carrière. On a réussi à former une chimie et à jouer avec acharnement, limitant le nombre de buts alloués. 

Publicité

Contre toute attente, nous nous sommes qualifiés et on a même battu au premier tour des séries les Bruins de Boston, le meilleur club de notre division. 

On m’a souvent demandé comment j’avais fait pour gagner les trophées Hart et Vézina, cette saison-là, et la seule réponse que je pouvais donner était celle-ci : « Parce que j’y croyais ». 

Mais je n’étais pas le seul. Chaque joueur dans notre équipe pensait qu’on pouvait accomplir quelque chose de grand, et compte tenu de notre talent, c’est ce qu’on a fait. 

L’exemple de St-Louis 

Les joueurs actuels ont le meilleur exemple devant eux de quelqu’un ayant déjoué les probabilités. Leur entraîneur, Martin St-Louis. Vous connaissez son histoire. Il n’a jamais été repêché, mais il a atteint les plus hauts sommets pour une seule et unique raison. Il croyait en lui. 

Bref, c’est ce que je veux voir du CH, des gars acharnés qui croient en eux et se foutent éperdument des analyses et des prédictions de tout un chacun.  

Les joueurs doivent se demander : « Pourquoi pas moi ? Pourquoi pas nous ? » C’est maintenant que ça se passe et il faut prouver des choses. Je ne veux pas entendre qu’on va être bon dans deux ou trois ans. 

Si chacun connaît la meilleure saison de sa carrière, peut-être que le Canadien sera dans la course aux séries encore en mars et ce serait déjà une belle réussite. On ne leur demande pas la coupe. 

Une identité à développer 

Ça commence devant le filet, et si Marc-André Fleury a gagné le trophée Vézina à 36 ans, pourquoi Jake Allen ne serait-il pas capable, à 32 ans, de connaître sa meilleure campagne, s’il reste en santé évidemment ?  

Publicité

À l’exception de David Savard, Mike Matheson et Chris Wideman, la défensive est jeune et prometteuse. Ce sera difficile certains soirs, mais on devrait voir une progression en cours de route. Et Joel Edmundson a recommencé à patiner.

Si Nick Suzuki, Cole Caufield et Josh Anderson produisent et que les autres trios sont dans la face de l’adversaire tous les soirs, le Canadien pourrait être une équipe difficile à battre et c’est l’identité à développer. 

Il y a beaucoup de si et tout comme vous, je suis sceptique, mais les joueurs n’ont pas le droit de douter. Ils doivent commencer par gagner leur premier match le plus tôt possible et se débarrasser du poids des huit défaites d’affilée au camp d’entraînement. 

Encore une fois, j’ai l’impression que le CH nous fera vivre toutes sortes d’émotions. 

Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets 

Slafkovsky c. Kotkaniemi

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

Le premier choix du Canadien, Juraj Slafkovsky, amorcera la saison à Montréal. Il a mieux joué à ses deux derniers matchs hors-concours qu’à ses deux premiers, mais on ne peut pas dire qu’il a connu un camp extraordinaire. En fait, Jesperi Kotkaniemi avait eu un meilleur camp en 2018. L’avantage du Slovaque (Slafkovsky) sur le Finlandais est qu’il est plus costaud et plus fort. On va tous l’avoir à l’œil et si on réalise éventuellement que descendre avec le Rocket de Laval est la meilleure solution, qu’on n’hésite pas. On ne veut pas le brûler, celui-là. 


Publicité

Attention aux Oilers

Photo d'archives, AFP
Photo d'archives, AFP

Connor McDavid va encore briller cette saison et j’ai l’impression que les Oilers d’Edmonton seront encore plus redoutables. Ils se sont améliorés devant le filet avec l’acquisition du gardien Jack Campbell. L’auxiliaire Stuart Skinner devrait tirer son épingle du jeu en l’absence de Mike Smith. Mikko Koskinen est parti et brûle la ligue suisse avec Lugano. McDavid sera en mission comme jamais et il doit se dire qu’après les Sidney Crosby, Alex Ovechkin et Nathan MacKinnon, c’est à son tour de gagner la coupe Stanley. Cela dit, l’Avalanche du Colorado devrait encore être l’équipe à battre. Son nouveau gardien numéro un, Alexandar Georgiev, n’a cependant pas connu un gros camp. 


Vive les gardiens !

Photo d'archives, Martin Chevalier
Photo d'archives, Martin Chevalier

Ce qui m’emballe le plus à chaque début de saison, c’est de suivre les gardiens, et comme il y a eu beaucoup de changements à cette position, cet été, j’ai hâte de voir comment ça va se passer. Est-ce que le gagnant du trophée Vézina, Igor Shesterkin, va présenter des statistiques analogues à celles de la dernière campagne ? On connaît son talent. Reste à voir s’il sera dans l’élite saison après saison comme Andrei Vasilevskiy. Il y aura beaucoup de pression sur les nouveaux gardiens des Maple Leafs de Toronto, Matt Murray et Ilya Samsonov. Le transfuge Darcy Kuemper m’intéresse aussi chez « mes » Capitals de Washington. Pour la première fois, Jake Oettinger va entamer une saison comme partant à Dallas.

Publicité
Publicité