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Comment le Canadien s’est protégé contre une saga à la Brady Tkachuk

Le club n’aurait pu choisir un meilleur moment pour avoir un ancien agent comme directeur général

Nick Suzuki et Cole Caufield ont partagé leurs trophées avec leurs coéquipiers, il y a quelques semaines. Grâce à la stratégie de Kent Hughes, le noyau du club pourrait être réuni longtemps.
Nick Suzuki et Cole Caufield ont partagé leurs trophées avec leurs coéquipiers, il y a quelques semaines. Grâce à la stratégie de Kent Hughes, le noyau du club pourrait être réuni longtemps. Capture d'écran tirée du compte Facebook du Canadien
Photo portrait de Nicolas Cloutier
2026-06-24T23:00:00Z

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À la date limite des transactions de 2016, Jim Benning jubilait. Il venait de boucler un échange qui lui aurait permis d’obtenir une future vedette en retour de son défenseur Dan Hamhuis.

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Seul problème, Hamhuis possédait une clause de non-échange complète. Il voulait seulement jouer sur la côte Ouest. Il a apposé son véto.

Pas d’échange. Benning s’est fait lancer des tomates pendant des mois... sans que personne ne se doute de ce qui s’était passé. 

Quand on y repense, les Canucks d’il y a 10 ans étaient un formidable avant-goût de ce que la LNH allait devenir, avec des DG pris en otage par des contrats blindés.

Et le Canadien n’aurait pu choisir un meilleur moment pour avoir un ancien agent comme directeur général.

Une question de culture

Septembre 2017. Bo Horvat s’entendait avec Benning sur un contrat de six ans. Sa particularité ? Aucune clause, aucune protection contre les échanges.

Ce n’était pas un hasard. Ces clauses avaient considérablement ralenti la reconstruction que les Canucks voulaient entreprendre. Pas question que cela se reproduise.

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Avant Hamhuis, il y avait aussi eu Ryan Kesler. Avec sa clause de non-échange complète, il n’avait accepté d’être échangé qu’aux Ducks d’Anaheim. Il avait été impossible de faire monter les enchères.

Ne donner aucune clause au futur capitaine de l’équipe, c’était hautement symbolique. On établissait une culture. « Si le capitaine n’y a pas eu droit, pourquoi toi ? »

Comme de raison, Elias Pettersson, Quinn Hughes et Brock Boeser avaient paraphé des ententes sans clause par la suite.

Malheureusement, quand Jim Rutherford et Patrik Allvin ont pris la relève à Vancouver, on a recommencé à donner ces clauses comme des bonbons.

« Au-delà des clauses [et d’une préférence pour un côté de la frontière], le problème est que certaines des équipes canadiennes ont été gérées de façon horrible, peste un ancien dirigeant qui fait entre autres allusion au travail de démolition de Brad Treliving à Calgary et à Toronto. Peut-être que les joueurs ne veulent pas gaspiller les meilleures années de leur carrière dans des équipes mal gérées. »

Suzuki, l’exemple

Un peu dans la même veine, Kent Hughes s’est souvent appuyé sur le contrat de son capitaine Nick Suzuki comme modèle dans ses négociations avec le jeune noyau.

Juraj Slafkovsky et Cole Caufield ont chacun signé des contrats d’une valeur annuelle moyenne inférieure à celle de Suzuki, même si le plafond avait grimpé depuis.

L’entente que Marc Bergevin avait fait ratifier à Suzuki ne comprenait qu’une clause de non-échange partielle, activée seulement en 2026-2027.

Suzuki peut fournir au Canadien une liste de 10 équipes auxquelles il ne veut pas être échangé, pas plus.

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Dans la suite logique des choses, la même clause a été octroyée à Slafkovsky, Caufield et Hutson pour les trois dernières années de leurs contrats respectifs.

Si Suzuki n’a pas de clause complète, pourquoi vous ?

Pour Caufield, petite différence : sa liste est de 15 équipes pour la sixième année de l’entente, mais elle rétrécit à 10 pour la septième et à cinq pour la huitième.

Si le ciel devait tomber sur la tête du Canadien et qu’un des joueurs du noyau demandait un échange, Hughes pourrait négocier avec une vingtaine d’équipes afin de maximiser la valeur de son actif.

Un mandat fort

Deux choses ici qui ont fait toute la différence.

Hughes est arrivé à Montréal avec un mandat fort. Les coudées franches pour gérer avec un œil sur l’avenir.

« Il y a des directeurs généraux qui se foutent de ce qui va arriver dans le futur, mentionne un ex-dirigeant sous le couvert de l’anonymat. Si tu cours le risque d’être congédié et que tu as l’occasion d’obtenir un bon joueur, tu n’as rien à cirer de la clause complète à l’an 4, 5 ou 6. »

Aussi, Hughes est un ex-agent. Aucun DG n’est mieux placé que lui pour comprendre tout le pouvoir que ces clauses offrent aux joueurs... et celui qu’il enlève aux équipes.

On comprend mieux la vision de Jeff Gorton aujourd’hui. Jerry Maguire comme DG, ce n’était pas bête du tout.

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