Le CH peut (et doit) viser plus haut

Michel Therrien
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Comme bien des observateurs et des partisans, je ne m’attendais pas à un aussi bon départ de la part des Canadiens. Espérons pour eux qu’ils poursuivront dans la même voie et qu’ils continueront d’y croire.
C’est toujours préférable de connaître un fort début de saison que de devoir courir après sa queue. Ça dicte le ton pour la suite. Ça amène une ambiance agréable au sein du groupe et ça rehausse l’intérêt des amateurs. Bref, tout le monde y gagne.
L’excellent rendement de l’équipe jusqu’à maintenant s’explique par la bonne préparation de Martin St-Louis et de ses adjoints, mais surtout par la performance des gardiens. Jake Allen et Samuel Montembeault ont grandement aidé la cause de leurs coéquipiers en enchaînant les performances de qualité.
Je suis impressionné par leur manière de se comporter. Lorsque tes gardiens sont à la hauteur, ça te donne une grande chance de gagner. Ça permet aussi de cacher certains défauts. On le voit notamment avec les Penguins. Tristan Jarry en arrache devant le filet et ça se reflète dans les résultats.
Au-delà des gardiens, j’aime beaucoup l’attitude et la combativité démontrées par l’ensemble des joueurs. Tout le crédit leur revient. On sent qu’il y a une belle chimie dans l’équipe. Les victoires y jouent certainement un gros rôle. C’est toujours plus plaisant d’aller tous les jours à l’aréna lorsque tu obtiens du succès. Le contexte gagnant change toute la donne.
Comme toutes les équipes, les Canadiens feront éventuellement face à de l’adversité. Il n’y a pas de mal à ça, c’est normal. L’important est de bien réagir. Et les bons débuts de saison te donnent confiance que tu peux t’en sortir rapidement.
Des vétérans exemplaires
St-Louis doit être fier de son club, qui est l’un des meilleurs de la ligue à cinq contre cinq. Le jeu à forces égales, c’est ta fondation. Ça démontre que ta structure est efficace, autant défensivement qu’offensivement. Sur ce point, on constate beaucoup de progrès depuis la saison dernière. C’est encourageant pour l’avenir.
Dans le processus de reconstruction en cours, l’équipe appartient aux jeunes, mais il ne faut pas négliger l’importance des vétérans. Les jeunes ont besoin de bons exemples de joueurs expérimentés pour apprendre à devenir de vrais pros. C’est un élément très important pour leur développement. Ça ne prend qu’un vétéran malheureux pour nuire à tout le groupe.
À l’attaque, Sean Monahan s’avère être une pièce maîtresse, que ce soit en supériorité numérique, à court d’un homme ou dans les cercles de mises en jeu, où il excelle. Son apport est donc crucial.
Un autre exemple est Tanner Pearson. Je trouve qu’il «fit» bien avec Monahan et Brendan Gallagher, alors qu’on ne s’attendait pas à grand-chose de sa part.
Josh Anderson montre lui aussi son utilité. Il a beaucoup de chances de marquer. À force d’essayer, ça va finir par rentrer! C’est un joueur déterminé, rapide, imposant et difficile à contrer.
Il ne faut pas oublier David Savard. Le défenseur québécois est «l’ultime guerrier» qui n’a pas peur de sacrifier son corps soir après soir pour le bien de l’équipe.
Ça donne un bon mélange avec des jeunes comme Cole Caufield, Nick Suzuki et Kaiden Guhle. Caufield fait la démonstration qu’il est un marqueur naturel, Suzuki commence à prendre son élan et Guhle affiche une maturité exceptionnelle pour son âge. C’est rare de voir un défenseur de 21 ans affronter les meilleurs joueurs adverses et être capable de tenir son bout de la sorte.
Il faut sortir fort
Après avoir brillé contre les Golden Knights lundi, les Canadiens ont pu passer beaucoup de temps ensemble avant de se mesurer aux Coyotes, ce soir.
Ils doivent offrir une autre grosse performance en Arizona et profiter du fait que les Coyotes ont joué hier à Anaheim. Il faut qu’ils entament le match avec la même intensité que le précédent.
Après avoir établi un standard de qualité contre les champions de la coupe Stanley, il faut maintenant monter la barre d’une coche. Les Canadiens ont prouvé à Las Vegas qu’ils sont capables de viser plus haut. Y croire est déjà un bon départ.