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Le CH manque cruellement d'un leadership fort

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-10-31T22:33:31Z

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Au fil des ans, le hockey s’est modernisé. L’époque où un coach autoritaire qui avait une main mise absolue sur tous ses joueurs et avait le loisir de leur imposer un chemin de croix abominable est non seulement lointaine, mais totalement révolue.

Aujourd’hui, un coach doit avoir un discours adapté à chacun de ses joueurs et des concepts de speechs prémâchés pour les pep-talk de motivation, des formules de relations publiques.

On a vu apparaître au fil des ans des sous-groupes, dont un groupe de leadership. Chaque équipe en possède généralement un. Ça diminue la responsabilité du capitaine et de ses adjoints et ça rejoint d’un coup à peu près le tiers du groupe puisque, généralement, six joueurs le composent.

Ce sont eux qui généralement soumettent les représentations du vestiaire, communiquent le vent de la chambre à l’entraîneur-chef ou même au directeur général, au besoin. Ils gèrent aussi le club social.

Ce sont aussi eux qui, lorsque ça va mal, vont se réunir et convenir de convoquer une réunion d’équipe impliquant seulement les joueurs.

Chez le Canadien, qui sont les membres du groupe de leadership? On peut aisément croire que le capitaine Nick Suzuki le préside, soutenu par ses adjoints Mike Matheson et Brendan Gallagher. Je suis convaincu et, en fait, je souhaite ardemment que le vétéran David Savard fasse partie du six pack.

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Ensuite? Ce n’est pas simple. Peut-être Caufield en jeune vétéran? Josh Anderson à la limite? Certainement pas Christian Dvorak ou Joel Armia.

Cet exercice intéressant me fait éclater en pleine tronche une vérité affolante: cette équipe manque cruellement d’un leadership fort.

Pensez-vous qu’en Floride ou à Tampa, qu’à Toronto ou à Boston, on ne peut pas rapidement nommer les six membres du groupe de leadership? On n’est toutefois pas capable de le faire sans réfléchir longuement dans le cas du CH.

À Chicago, on a pris la courageuse décision de reconstruire de fond en comble. Les Hawks sont parvenus à mettre la main sur Connor Bedard, un exceptionnel. Sans attendre, on a mis sous contrat des vétérans en fin de parcours dans le but de bien intégrer la jeune sensation, de bien l’encadrer et de le protéger sur la glace.

Qui sont ces vétérans à Montréal? La vérité, c’est que nous n’en avons aucun.

On a beaucoup cassé du sucre sur le dos de Marc Bergevin, c’est typiquement québécois. On a acquis collectivement que tout ce qu’il a fait ne valût pas de la «m....». Il a pourtant emmené le Canadien à trois victoires d’une Coupe Stanley.

Montréal est venu de l’arrière de 1-3 pour battre Toronto en 7 avant de lessiver Winnipeg en 4 et de vaincre Las Vegas le soir de la Saint-Jean pour rejoindre Tampa Bay en finale. Quatre adversaires plus forts que le CH sur papier. Un gain en 4 contre les Jets, pourquoi? Parce que lorsque la brute Scheifele a attenté à la vie de Jake Evans à la fin du match no 1, les vétérans se sont levés.

Qui étaient-ils? Shea Weber, Corey Perry et Eric Staal, les trois vétérans qui se sont levés dans le vestiaire après la troisième victoire des Leafs lors de la ronde précédente, celle qui emmenait le CH au pied du mur. Ils étaient tous des acquisitions de Marc Bergevin, appuyées par des Chiarot, Edmundson et Gallagher, entre autres.

Comprenons-nous bien. J’accepte le principe de la reconstruction. Mais elle ne peut se faire sans l’apport de gardiens du droit chemin au sein des troupes. Des vétérans qui vont accepter d’être les guides de nos jeunes loups en quête de respectabilité. Hélas, je n’en vois que très peu avec le CH actuellement, et je m’interroge vraiment sur comment la paire Gorton et Hughes a pu sciemment négliger ce détail essentiel dans un club de hockey, même et surtout en reconstruction.

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