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Sortez de votre zone de confort!

Photo portrait de Michel Therrien

Michel Therrien

2023-11-30T13:00:00Z
2023-11-30T15:50:05Z

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C’est à mon tour de vous faire part de mon évaluation du premier quart de la saison des Canadiens.  

D’emblée, je dois avouer que je suis un peu déçu des 21 premiers matchs. Je m’attendais et j’espérais que l’équipe connaîtrait un meilleur premier quart puisque ça donne souvent le ton au reste de la saison et ça te permet de te situer par rapport aux autres clubs. 

Je suis conscient que nous sommes dans un processus de reconstruction, mais il faut toujours être en progression. À la lumière des résultats obtenus jusqu’à maintenant, force est de constater que ce n’est pas le cas. En comparant la fiche de cette année à celle à pareille date l’an passé, c’est surprenant de voir que le CH ne s’est pas amélioré. Pire, il a régressé.  

Le différentiel des buts pour et contre donne habituellement une bonne indication de la valeur d’une équipe. À -16, le Tricolore montre le pire rendement dans l’Association de l’Est. Les statistiques parlent donc pour elles-mêmes... Autre exemple révélateur : les Canadiens sont bons derniers dans toute la LNH pour le nombre de victoires en temps réglementaire.  

C’est certain que les blessures subies par Kirby Dach et David Savard ont fait mal, mais tu ne peux pas utiliser ça comme excuse. Ma devise comme entraîneur a toujours été : «No excuses». C’était tellement important pour moi. La jeunesse et la malchance ne doivent pas servir de prétextes. Tu es jugé seulement par tes performances.  

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Pas de baguette magique

Une partie du problème revient à la haute direction. Je n’ai pas aimé que Jeff Gorton et Kent Hughes répètent, durant le tournoi de golf qui donne le coup d’envoi à la saison, qu’une présence en séries éliminatoires ne faisait pas partie des objectifs en 2024. J’ai trouvé que ça n’envoyait pas un bon message aux joueurs. Aussi longtemps que l’équipe n’implantera pas une culture gagnante, elle fera du surplace. 

Les jeunes ne progresseront pas par magie. Pour les aider dans leur apprentissage, c’est très formateur qu’ils participent à de gros matchs tard dans la saison. Je souhaite de tout cœur que l’équipe soit encore dans la course en mars pour qu’elle puisse disputer «des matchs de quatre points» lorsque le niveau de jeu sera à son paroxysme. Il ne faudrait surtout pas que le sort soit scellé avant les Fêtes, comme l’an dernier. Si ça se reproduit, la suite va être longue...  

Dans un marché prestigieux comme celui de Montréal, où il y a beaucoup d’attention portée sur le CH, tu ne peux pas te contenter de peu. Le but est de gagner et non pas de jouer juste pour jouer. C’est frustrant de voir que l’équipe n’avance pas. Je n’arrive pas à identifier une seule facette satisfaisante.  

En pleine reconstruction, c’est normal de faire confiance aux jeunes, mais il y a un inconvénient : tu ne connais pas leur plafond. Peut-être que certains l’ont déjà atteint et que d’autres vont même régresser. Cette incertitude est un jeu dangereux.  

Rien n’est joué

La bonne nouvelle, c’est que le classement est relativement serré dans l’Est en raison de la parité qui y règne. Ce n’est donc pas une cause perdue. Et je crois que l’équipe est capable de se reprendre en main et de mettre la barre plus haute.  

Permettez-moi une petite analogie avec le golf. Même si tu ne frappes pas un coup de départ de 250 verges et que tu manques l’allée, tu as toujours la possibilité de t’en tirer avec un par. Tant que tu n’envoies pas ta balle hors limite en partant, tu as des chances de t’en sortir sans boguey.  

Heureusement, le CH est encore dans le coup grâce à sa «drive» dans les neuf premiers trous (fiche de 5-2-2 après neuf matchs). Il devra cependant être meilleur dans la deuxième partie du parcours pour demeurer pas trop loin de ses adversaires.

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