On le savait avant la saison, mais il fallait la confirmation. Le Canadien est exclu des séries après 75 matchs. Blessures ou pas, c’est ce qui attendait le CH en cette première saison de reconstruction. Passons maintenant à la question qui tue : combien de temps s’écoulera-t-il avant sa prochaine participation au tournoi printanier ?
Kent Hughes a parlé de deux ou trois ans dans une entrevue au quotidien numérique L’Athlétique, la semaine dernière.
Deux ans, ça relèverait de l’exploit.
À moins que le Tricolore gagne à la Loto Bédard. Mais ne misez pas tous vos avoirs là-dessus.
Reprenons le compte.
Trois ans, oui, mais à certaines conditions.
Ça va prendre des décisions éclairées des dirigeants du secteur hockey et de la chance.
Et la Coupe Stanley, demandez-vous ?
N’allez pas trop vite en affaire !
Pas de coupe du jour au lendemain
Les équipes ayant remporté de multiples conquêtes du gros trophée depuis le début du millénaire n’y sont pas arrivées facilement, que l’on parle des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et du Lightning de Tampa Bay.
Les Oilers d’Edmonton et les Sabres de Buffalo, qui ont bénéficié de plusieurs premiers choix au repêchage, attendent encore.
Les Oilers misent sur le meilleur joueur de la planète en Connor McDavid, mais ils viennent au 22e rang en défense. Ils ne ramèneront pas la coupe dans la capitale albertaine tant qu’ils ne s’amélioreront pas devant le filet et à la ligne bleue.
Dans le cas des Sabres, il leur faudrait d’abord se qualifier pour les séries avant de rêver à la coupe. Ils risquent de rater les séries pour une 12e année consécutive.
Vous, partisans du Canadien, endureriez-vous pareille sécheresse ?
Exemples frappants
Regardons les parcours parcourus par le Lightning, l’Avalanche et les Blackhawks jusqu’à la coupe.
Le Lightning a mis la main sur Steven Stamkos en 2008, Victor Hedman en 2009, Nikita Kucherov en 2011 et Andrei Vasilevskiy en 2012.
La formation floridienne a atteint la finale en 2015, affrontant les Hawks qui étaient encore dominants avec la présence dans leurs rangs de joueurs tels que Patrick Kane, Jonathan Toews, Marian Hossa et Duncan Keith.
Le Lightning est retourné en finale cinq ans plus tard, remportant la première de ce qui fut deux conquêtes consécutives du Saint Graal.
La victoire de l’Avalanche du Colorado aux dépens du Lightning, l’an dernier, est survenue 11 ans après l’arrivée de Gabriel Landeskog, neuf ans après celle de Nathan MacKinnon, sept ans après celle de Mikko Rantanen et cinq ans après celle de Cale Makar.
Ces exemples montrent que rebâtir une équipe n’est pas chose facile. L’exercice équivaut à réunir les bons ingrédients pour réussir une formule chimique.
Ça peut vous péter au visage plusieurs fois avant que vous ne tombiez sur la bonne recette !
Un bon début
Cela dit, les dirigeants du Canadien ont fait de bonnes choses depuis un an. À commencer par Martin St-Louis qui a su rassembler les joueurs à son discours.
Hughes a procédé à de bonnes acquisitions en obtenant les services de Mike Matheson et de Kirby Dach.
Pour reprendre une expression consacrée, reconstruire une équipe de hockey commence par en arrière et, à cet égard, on peut penser que l’avenir augure bien à la défense.
Il convient ici de donner le mérite qui revient à Marc Bergevin et à Trevor Timmins pour les sélections de Kaiden Guhle, Jordan Harris, Logan Mailloux, Mattias Norlinder, William Trudeau et Jayden Struble, ainsi que la mise sous contrat de Arber Xhekaj.
S’ajoute à cette liste le diminutif Lane Hutson qui a été repêché par le duo Martin Lapointe et Nick Bobrov, l’an dernier.
Pas de successeur à Price
Du côté de l’attaque, Nick Suzuki et Cole Caufield sont déjà bien établis. Rafaël Harvey-Pinard a fait sa place, mais il en faudra d’autres.
Voyons ce que les Joshua Roy, Owen Beck et Riley Kidney seront en mesure de faire.
Concluons avec le gros morceau, c’est-à-dire la succession de Carey Price.
Sans faire de comparaison, Samuel Montembeault tire bien son épingle du jeu, mais il lui reste à développer une plus grande constance.
Le mot d’ordre est : soyez patients !
Le coach n’a pas aimé
Martin St-Louis a été clair lorsque les journalistes l’ont questionné en rapport avec la présence de Sean Farrell dans la formation lors du match de mardi à Philadelphie.
« C’est une question pour Kent », a-t-il répondu en faisant référence à Kent Hughes.
On a tous compris que la décision n’était pas la sienne.
Les matchs ont beau ne plus avoir aucune signification pour le Canadien, la règle veut que l’on n’envoie pas une verte recrue dans la mêlée sans que ce joueur n’ait participé à quelques séances d’entraînement.
Faible comme raison
En l’absence de Hughes, c’est Jeff Gorton qui a rencontré les représentants des médias. Il a expliqué l’utilisation de Farrell en faisant valoir que des parents et amis avaient fait le voyage de Boston pour le voir jouer.
C’est faible comme raison.
Cela dit, ce n’est pas la fin du monde, mais on peut parler d’une première divergence publique entre St-Louis et ses patrons.
L’entraîneur du Tricolore a l’esprit ouvert, mais je ne pense pas qu’il aime se faire dicter une ligne de conduite dans ses fonctions.
Sa force de caractère est connue de tous. C’est ce qui lui a permis de faire son chemin comme un grand jusqu’à la Ligue nationale et devenir membre en règle du Panthéon du hockey.

