Le CH, cocu par excellence du 1er juillet

Jean-Charles Lajoie
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Hier, je vous donnais ma préférence d’attaquant top 6 à obtenir via transaction par le Canadien entre Martin Necas et Trevor Zegras.
Je maintiens ma position ce soir et je ne pense pas du tout avoir pelleté des nuages avec cette perspective qui est dans l’air et qui est coutume avec la paire Gorton & Hughes depuis leur entrée en scène à la direction de l’équipe.
Aujourd’hui, à la question du jour, on vous demande de choisir parmi quatre joueurs autonomes sans compensation, une cible pour le Canadien le 1er juillet prochain.
Dans ce cas-ci, je vais aussi me prononcer ce soir, mais avec tout ce que cela commande de réserve élémentaire. Sans dire que ce soir, je pellette des nuages, c’est quand même un peu ce que je vais faire.
Car c’est largement documenté, le CH est souvent aux portes de la piste de danse du 1er juillet, mais n’est que très rarement au final parmi ceux qui demeurent au milieu du plancher avec, à son bras, la plus belle de la soirée.
Au mieux, Montréal termine la soirée avec qui le veut bien, conscient des nombreux défauts de la promise, puisque les néons se sont ouverts et que ceux-ci sont plutôt perceptibles.
Et puis, combien de fois on s’est émoustillé devant une manchette soutenant que le CH négociait avec untel ou untel pour que, finalement, ce dernier ou un autre signe une entente avec une autre équipe, nous laissant sur le quai avec l’amère impression qu’il s’était servi de Montréal pour obtenir ce qu’il souhaitait ailleurs...
Le Canadien est le cocu par excellence de la LNH, et ce, chaque année au 1er juillet... quand même sinistre que l’équipe du Canada se fasse systématiquement entuber le jour de la fête du... Canada.
Mais puisque je ne dis jamais non à un beau rêve, que j’aime laisser l’espoir subsister, je me prête au jeu avec quatre cibles potentielles.
Steven Stamkos est un beau grand rêve. Il est très facile de s’emballer avec Stamkos, compte tenu de l’historique qu’il a avec Martin Saint-Louis. Stamkos est Canadien et, bien que Toronto soit sa destination de prédilection de ce côté-ci de la frontière, un mohican comme lui ne lève pas le nez sur l’équipe la plus titrée de l’histoire du hockey.
Mais Stamkos vient d’amasser 106, 84 et 81 points dans les trois dernières saisons. Il vient aussi d’en «scorer» 40 pour la septième fois de sa carrière...
Il veut demeurer un Lightning, mais Julien Brisebois n’a peut-être pas les ressources pour satisfaire ses demandes salariales, qui sont légitimes autour de 9 millions par saison pour au moins six ans.
Stamkos n’est pas le meilleur «fit» pour Montréal à mon sens. Pas assez de joueurs de pur talent ici pour lui permettre de rayonner tranquille. Il aurait trop la pression de charrier presque seul l’attaque du Canadien. Ça finirait par le ralentir, ça et l’âge bien entendu. Alors si je suis Kent Hughes, je n’appelle même pas l’agent de Stamkos...
Jonathan Marchesseault est un cas à peu près similaire, mais il va coûter pas mal moins cher que Stamkos. Jo voudra avec raison un pacte de 6-7 ans autour de 6,5 millions par saison. Il vient de marquer 42 buts à 33 ans, un sommet en carrière.
Marchesseault a ce qu’il faut dans le slip coquille pour la marmite de Montréal. Il serait un leader et une inspiration incroyable pour les jeunes attaquants du CH et son expérience en séries depuis quelques saisons serait un atout extraordinaire pour le grand projet du Canadien.
Est-ce que Gorton & Hughes pense comme moi? Si oui, ils feront une sincère offre à Marchesseault et ses conseillers le 1er juillet...
Jake Guentzel fera sauter la banque, de l’avis de plusieurs. Une entente de 7-8 ans n’est pas à écarter dans son cas, et je suis sous impression que le DG qui va ratifier le prochain contrat de Guentzel vivra dès la première campagne du pacte sous haute pression.
Guentzel est productif, c’est vrai. Il n’a que 29 ans et il amasse toujours ou presque ses points, c’est vrai aussi... mais est-il un catalyseur? Une valeur sûre, si exceptionnelle dans le casse-tête du Canadien? Certainement pas, du moins de mon point de vue. Alors si je suis Hughes, je passe sur Guentzel.
Reste Sam Reinhart. Il va coûter la peau des fesses, même celles de la fermière. Mais il en vaut la peine. Aveuglément, je donnerais la lune à cet attaquant de puissance dans la fleur de l’âge, un leader d’exception... mais je ne suis pas dupe. Reinhart, c’est la fille rêvée du bal... celle qui osera peut-être nous regarder avec un beau sourire, mais qui assurément finira la soirée dans les bras d’un autre plus fort et plus beau. Alors... Necas ou Zegras?!