Le CH affamé: tout a changé le soir de l’Halloween à Washington

Renaud Lavoie
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Au début de la saison, les Canadiens semblaient à des années-lumière d’avoir une chance de compétitionner pour une place en séries. Tout allait mal. Les victoires étaient rares, le jeu en zone défensive était atroce et les meilleurs joueurs de l’équipe étaient invisibles, sauf Cole Caufield et Lane Hutson. Bref, rien ne laissait présager que la saison pouvait être sauvée.
Or, au lieu de laisser le bateau à la dérive, Martin St-Louis a décidé qu’il allait relever le plus gros défi de sa jeune carrière d’entraîneur et prouver que tout était possible. Maintenant, même les plus grands sceptiques sont confondus.
TOUT A COMMENCÉ À WASHINGTON
Le 31 octobre, la troisième période entre les Canadiens et les Capitals s’est transformée en film d’horreur. Après le match, Martin St-Louis s’est présenté devant nous avec la rage au cœur.
Pour la première fois depuis son arrivée à Montréal, il a utilisé des mots très durs envers ses joueurs, affirmant que son équipe s’était «vomi dessus en troisième». Des paroles imagées, mais qui laissaient présager que l’entraîneur-chef des Canadiens avait atteint un point de non-retour. Il venait de mettre son point sur la table et de montrer à son groupe qui était le vrai patron.
Le lendemain, les joueurs des Canadiens ont eu droit à un entraînement punitif, où la majorité d’entre eux étaient complètement exténués. Les jambes étaient molles pour ceux qui étaient encore capables de se tenir debout. Les autres n’avaient d’autre choix que de s’asseoir sur la glace pour reprendre leur souffle.
CHANGEMENT D’ATTITUDE
Depuis, on sent que le jeu des Canadiens grandit de jour en jour. L’arrivée d’Alexandre Carrier, avant Noël, a été une véritable bouffée d’air frais et a stabilisé la défensive de cette équipe qui avait un urgent besoin d’aide à la ligne bleue.
C’est vrai que la fin du mois de janvier et la première semaine de février n’ont pas été faciles, mais jamais les Canadiens n’ont joué du hockey aussi désordonné que celui du mois d’octobre, et le repos de la pause de la Confrontation des 4 nations a visiblement fait le plus grand bien. La preuve, les Canadiens ont la meilleure fiche de la LNH depuis avec sept victoires, une défaite et deux autres en prolongation. Montréal est d’ailleurs la seule équipe avec une seule défaite en temps réglementaire depuis le retour de la pause.
On sent donc que les joueurs de Martin St-Louis sont affamés. Affamés de victoires et de réussite, peu importe qui est le héros, soir après soir.
ON NE TOUCHE PAS À LA CHIMIE
Le directeur général des Canadiens, Kent Hughes a tenu promesse de garder sa formation intacte si elle était toujours dans la course pour une place en série. Plusieurs observateurs ont conclu que Kent Hughes devait alors tenter d’améliorer son équipe à la date limite des transactions, ce qu’il n’a pas fait.
Il y a plusieurs raisons pour expliquer cette décision, mais une importante est de s’assurer que la chimie de l’équipe demeure intacte. Vous faites l’acquisition d’un joueur et automatiquement ce nouveau joueur prend du temps de jeu à un autre membre de l’équipe, ce qui peut causer des problèmes à l’interne. En ne bougeant pas, Kent Hughes s’est assuré que la chimie demeure intacte, ce qui est essentiel dans la course actuelle.
Autre point important, Kaiden Guhle a recommencé à patiner et semble très à l’aise sur la patinoire, ce qui laisse croire qu’il n’y aura pas de séquelles à la suite de sa coupure au quadriceps gauche, le 28 janvier. Un retour au jeu est donc attendu d’ici trois semaines, ce qui serait une excellente nouvelle pour la dernière ligne droite de la saison.