Le CH a 94 points en 73 matchs: ce n’est arrivé que deux fois en 33 ans... dont lors de la Coupe de 1993

Kevin Dubé
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Avec sa victoire face aux Hurricanes de la Caroline dimanche, le Canadien a jusqu’ici récolté 94 points en 73 parties cette saison. En 33 ans, le CH n’a atteint ou dépassé 94 points après 73 matchs que deux autres fois : en 2014-2015 (99 points) et en 1992-1993, alors que l’équipe comptait 94 points en 73 parties avant de remporter la coupe Stanley, quelques mois plus tard.
Attention, on n’est pas en train de vous annoncer en primeur que le Canadien soulèvera le gros trophée en juin. Toujours est-il qu’on peut affirmer sans trop se tromper que l’édition actuelle de l’équipe est l’une des plus prometteuses depuis la dernière conquête, il y a 33 ans.
Comparons donc ces trois alignements, pour le plaisir.
L’édition actuelle en chiffres

Fiche après 73 matchs : 42-21-10 (94 points)
Buts inscrits : 258 (5e dans la LNH)
Buts accordés : 233 (22e dans la LNH)
Cinq meilleurs pointeurs :
- Nick Suzuki : 26 buts, 65 passes, 91 points (projection sur 82 matchs : 29 buts, 73 passes, 102 points)
- Cole Caufield : 46 buts, 33 passes, 79 points (projection sur 81 matchs : 52 buts, 37 passes, 89 points)
- Lane Hutson : 11 buts, 62 passes, 73 points (projection sur 82 matchs : 12 buts, 70 passes, 82 points)
- Juraj Slafkovsky : 28 buts, 36 passes, 64 points (projection sur 82 matchs : 31 buts, 40 passes, 71 points)
- Ivan Demidov : 16 buts, 41 passes, 57 points (projection sur 82 matchs : 18 buts, 46 passes, 64 points)
Maintenant qu’on a les chiffres, était-ce comparable lors des deux dernières saisons en 33 ans lors desquelles l’équipe a fait mieux ou aussi bien que 94 points à ses 73 premiers matchs ?
L’édition 2014-2015 en chiffres

Fiche après 73 matchs : 46-20-7 (99 points)
Buts inscrits : 193 (18e dans la LNH)
Buts accordés : 159 (1er dans la LNH)
Cinq meilleurs pointeurs (après 82 matchs) :
- Max Pacioretty : 37 buts, 30 passes, 67 points (en 80 matchs)
- Tomas Plekanec : 26 buts, 34 passes, 60 points
- P.K. Subban : 15 buts, 45 passes, 60 points
- Andrei Markov : 10 buts, 40 passes, 50 points (en 81 matchs)
- David Desharnais : 14 buts, 34 passes, 48 points
On a affaire à deux mondes complètement. Cette édition du CH avait terminé au deuxième rang dans toute la LNH avec une attaque plus que moyenne. Après 73 matchs, trois joueurs de l’édition actuelle du Canadien ont plus de points que le meilleur pointeur de 2014-2015 en 80 parties.
Toutefois, la grande différence est que, devant le filet, il n’y avait jamais eu de questionnement. Carey Price avait terminé avec une moyenne de buts alloués de 1,96 et un pourcentage d’arrêts de 0,933 en 66 départs. Il avait alors mis la main sur les trophées Hart (joueur par excellence), Vézina (gardien de l’année) et Ted-Lindsay (joueur par excellence tel que voté par ses pairs).
Le manque d’attaque avait toutefois fini par rattraper l’équipe puisqu’elle s’était inclinée en deuxième ronde des séries, face à une jeune machine offensive en devenir : le Lightning de Tampa Bay.
L’édition de 1992-1993 en chiffres

Fiche après 73 matchs : 42-23-6 (94 points)
Buts inscrits : 299 (3e dans la LNH)
Buts accordés : 236 (5e dans la LNH)
Cinq meilleurs pointeurs :
- Vincent Damphousse : 39 buts, 58 passes, 97 points (en 84 matchs)
- Kirk Muller : 37 buts, 57 passes, 94 points (en 80 matchs)
- Brian Bellows : 40 buts, 48 passes, 88 points (en 82 matchs)
- Stephan Lebeau : 31 buts, 49 passes, 80 points (en 71 matchs)
- Mike Keane : 15 buts, 45 passes, 60 points (en 77 matchs)
Le Canadien produisait offensivement, en 1992-1993 et présentait également des chiffres défensifs figurant parmi les meilleurs dans la LNH, et ce, même si Patrick Roy avait connu l’une de ses pires saisons, statistiquement parlant, en carrière. Il avait terminé la saison avec une moyenne de 3,20 et un pourcentage d’arrêts de 0,894.
Il s’était évidemment ressaisi en séries éliminatoires, devenant le véritable mur devant le filet du Canadien, les menant vers la 24e coupe Stanley de leur histoire et remportant, au passage, le trophée Conn-Smythe, remis au joueur par excellence des séries.