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Le CFM doit rester à Montréal

Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2024-05-25T02:31:43Z

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Durs, les partisans du Canadien? C’est de la petite bière en comparaison au traitement que les fans du CF Montréal ont servi à leur équipe, mercredi. Les amateurs ont agi comme s’ils n’étaient pas là en première demie.

Silence total pour témoigner leur déception face aux insuccès de l’équipe et à sa mauvaise gestion chronique.

C’est le pire des châtiments pour une équipe sportive.

Je sais, je sais, je sais que notre équipe de foot ne fait rien pour se faire aimer. On dirait même qu’elle y prend un malin plaisir.

Je ne connais Joey Saputo que pour lui avoir parlé à quelques occasions au gré de rencontres fortuites. Pas très souriant, le monsieur. On le sent sur ses gardes avec les journalistes. Mais il a toujours été correct lors de nos entretiens. Je ne voyais rien de l’homme effroyable que l’on décrit.

À quand des profits?

Ce qui m’amène à parler du CFM concerne son avenir. Malgré toutes les erreurs que cette organisation commet, ce serait malheureux que le club quitte Montréal pour aller jouer sous d’autres cieux.

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Car un jour viendra où M. Saputo plantera une pancarte à vendre à l’entrée de son stade sur la rue Sherbrooke. Ou, pire encore, il annoncera avoir vendu son équipe à des intérêts américains qui la déménageront aux États-Unis.

Imaginez, on se retrouverait avec deux éléphants blancs au complexe olympique. Et on pleurerait le départ d’une autre équipe. Comme on l’a fait lorsque sont partis les Expos, les Nordiques à Québec et les Alouettes avant qu’ils ne ressuscitent.

Le soccer professionnel est-il rentable à Montréal?

Les états financiers du CFM baignent dans le rouge depuis qu’il évolue en MLS. Les pertes sont énormes.

Est-ce qu’il en sera toujours ainsi?

Après 12 ans, on n’entrevoit toujours pas le jour où le club enregistrera des profits. Pour y arriver, M. Saputo devrait investir davantage, ce qu’il ne veut plus faire.

Un stade avec les Alouettes

J’ignore totalement si M. Saputo a des rapports avec Pierre Karl Péladeau. Vous me voyez probablement venir. Il me semble que les deux hommes d’affaires auraient grand intérêt à bâtir un stade qui servirait la cause de leur équipe respective.

Un stade moderne convivial d’une capacité de 25 000 à 28 000 sièges, comme les nouveaux que l’on voit dans la Ligue canadienne de football à Winnipeg, à Regina, à Hamilton, ou à Ottawa où il s’est fait du neuf avec du vieux.

Un stade où on pourrait assister à des spectacles en plein air et près duquel on pourrait aller dans des restaurants et des bars avant et après les matchs. Et encadrer le tout, pourquoi pas?, par des habitations.

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Si ça se fait et que ça fonctionne ailleurs au Canada et aux États-Unis, c’est réalisable aussi à Montréal.

Est-on vraiment né pour un petit pain?

Ne reste-t-il plus rien de la vision qui a permis à notre ville de progresser pendant la Révolution tranquille?

Un tel projet permettrait peut-être à M. Péladeau et à M. Saputo de rentabiliser leurs investissements ou, à tout le moins, de couvrir leurs dépenses.

On a déjà assez perdu

Je ne prétends pas être un grand amateur de soccer. Mais la présence du CF Montréal en MLS m’a rapproché de ce sport.

La gestion de l’équipe est toutefois déplorable. Certains confrères avancent que M. Saputo est déjà parti dans sa tête et qu’il n’en a plus que pour son équipe de Bologne, où les amateurs l’adorent.

Il faut faire quelque chose pour le CFM avant qu’il ne soit trop tard. On a déjà perdu assez de propriétés sportives.

À moins d’un revirement inattendu, les Expos et les Nordiques ne reviendront pas.

Le Canadien est béni parce que c’est une institution. Mais n’oublions pas que personne de chez nous ne voulait s’en porter acquéreur quand l’équipe et son amphithéâtre sont passés aux mains de l’Américain George Gillett en 2001.

On fait pitié à côté de Toronto, qui, on l’apprenait ces derniers jours, accueillera une équipe professionnelle de basketball féminin (WNBA) en 2026.

Cette formation s’ajoutera aux Raptors (NBA), à l’équipe torontoise de Ligue professionnelle de hockey féminin, aux Maple Leafs (LNH), aux Marlies (LAH), aux Blue Jays (MLB), au Toronto FC (MLS) et aux Argonauts.

Pourquoi n’avancerions-nous pas nous aussi?

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