Le CF Montréal est Québécois
Il y avait six Québécois partant samedi soir


Dave Lévesque
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Samedi, il y avait six Québécois sur le terrain du Stade Saputo pour le CF Montréal quand le match face au Revolution de la Nouvelle-Angleterre. C’est le genre de chose qu’on n’a pas vue souvent.
Selon ce que le club a indiqué sur Twitter, il s’agissait d’une première depuis l’entrée de la formation en MLS.
«C’est beau à voir d’avoir des Québécois sur le terrain, a mentionné l’un d’eux, Mathieu Choinière. On sent que ça amène du monde du stade, il y avait une salle comble. Ça prouve qu’on n’a pas à chercher partout pour avoir des joueurs de qualité, il y en a dans notre cour.»
Outre Choinière, on comptait également le gardien Jonathan Sirois, le défenseur Zachary Brault-Guillard, les milieux Samuel Piette et Nathan Saliba, de même que l’attaquant Jules-Anthony Vilsaint. Sur le banc, il y avait le gardien James Pantemis tandis que le milieu Sean Rea était dans les gradins.

Pas un cadeau
Interrogé sur son usage des joueurs locaux, l’entraîneur-chef Hernan Losada était visiblement emballé.
«Ça en dit beaucoup sur la qualité des joueurs produits ici.
«On est très content des joueurs locaux. Ils n’ont pas joué parce qu’ils sont Québécois, mais parce qu’ils méritent de jouer. Ça fait du bien de pouvoir jouer avec des joueurs comme ça qui créent un sentiment de fierté devant notre public.»
Ses propos ont trouvé écho auprès de Patrick Leduc qui a dirigé l’Académie de l’équipe de 2020 à 2022.
«Ce n’est pas par charité on pour un coup de publicité, ils méritent d’être partants.»

Pas surprenant
Leduc, qui est désormais Directeur culture soccer et relations partisans au CF Montréal a vu cette nouvelle génération se développer puisque la plupart de ces joueurs sont des produits de l’Académie, à l’exception de Piette, Vilsaint et Brault-Guillard qui se sont développés en Europe.
«C’est de moins en moins une surprise d’avoir autant de Québécois. Si on recule de quelques années, il y en avait beaucoup, mais le poids en termes de temps de jeu n’était pas aussi important.
«Maintenant, tu as deux ou trois partants qui jouent 90 minutes. Le pourcentage de la contribution qui vient de l’interne est beaucoup plus important.»
Leduc reconnaît qu’il y a eu un changement d’approche au sein du club et on veut maintenant valoriser les jeunes. On pourrait ajouter que cette évolution correspond avec l’arrivée du directeur sportif Olivier Renard.
«Parfois, le contexte ne favorisait pas le développement des jeunes. On voulait une académie comme Dallas ou Philadelphie. Là où il y a eu un changement, c’est que depuis quelques années le club veut leur faire de la place sur le terrain. Après, il faut qu’ils puissent jouer à ce niveau.»

Différent
Il fut une époque, quand l’équipe évoluait en deuxième division, où les joueurs québécois étaient nombreux, ce que Nick De Santis confirme.
«Dans le temps, le noyau de l’équipe était surtout composé de Québécois.»
Pour celui qui a passé presque toute sa vie sportive avec le Bleu-blanc-noir, la présence de ces jeunes qui ont un poids sur l’alignement est un signe que le sport s’est développé.
«Il y a plus d’options pour les jeunes joueurs. Maintenant, il y a une académie et les clubs amateurs. Tout est mieux et il y a plus de joueurs de qualité dans les niveaux inférieurs.
«Maintenant, des joueurs comme Piette et Choinière ont pris de la maturité, ils font preuve de fierté et d’engagement envers le club, remarque De Santis. C’est bien parce que c’est contagieux avec les autres joueurs.»

Ouverture
Si on tient compte de Jean-Aniel Assi et Rida Zouhir qui sont en prêt, ce sont 10 joueurs sur les 31 répertoriés dans l’effectif du CF Montréal qui sont Québécois.
Et il y a tout lieu de croire que l’Académie va continuer de produire des joueurs de qualité pour le club professionnel.
C’est du moins le message que Patrick Leduc souhaite véhiculer auprès des jeunes qui sont en développement au Centre Nutrilait.
«J’espère que les jeunes de l’Académie le voient, qu’ils comprennent que la porte est ouverte pour eux si les performances sont là.»
Quand on regarde toute la place que l’on donne à Mathieu Choinière, Jonathan Sirois et Nathan Saliba, il y a effectivement lieu d’être optimiste.