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Le Carnaval pour aimer l’hiver

Depuis 1955, l’événement encourage les citoyens à embrasser leur nordicité grâce à plusieurs activités

Photo portrait de Mathieu-Robert Sauvé

Mathieu-Robert Sauvé

2022-02-13T05:00:00Z

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Le retour du Carnaval en 2022 après une édition précédente en mode virtuel a rappelé à quel point cette célébration établie depuis 67 ans est importante afin que les Québécois embrassent leur nordicité.

« C’est important de fêter l’hiver, de se rassembler dans une atmosphère familiale en célébrant une des régions les plus neigeuses du monde », lance l’historien Jean Provencher, auteur d’un livre intitulé Le Carnaval de Québec, la grande fête de l’hiver.

Lui-même un amoureux de la saison froide, l’historien Jean Provencher a publié un livre intitulé Le Carnaval de Québec, la grande fête de l’hiver.
Lui-même un amoureux de la saison froide, l’historien Jean Provencher a publié un livre intitulé Le Carnaval de Québec, la grande fête de l’hiver. Photo d'archives, Jean-François Desgagnés

Lui-même amoureux de l’hiver, il partage son temps entre sa résidence principale dans la Vieille Capitale et son chalet dans les Bois-Francs.

« Les Québécois chialent beaucoup contre l’hiver, mais ils aiment aussi s’amuser ; le Carnaval est là pour les réconcilier dans leur dualité », lance-t-il en riant.

Concours de slalom dans la côte De Salaberry, au Carnaval de 1956.
Concours de slalom dans la côte De Salaberry, au Carnaval de 1956. Photo d'archives

Nombreuses activités extérieures

Le festival hivernal encourage les Québécois à embrasser leur nordicité grâce à de nombreuses activités extérieures.

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L’an dernier, la journaliste et chroniqueuse Virginie Gagnon enfilait son maillot de bain et plongeait dans la neige, le tout en direct sur la chaîne YouTube du Carnaval de Québec.

« Je me sens comme à Cancún en ce moment », lançait-elle à Bonhomme Carnaval qui lui demandait si elle avait froid.

La journaliste et chroniqueuse Virginie Gagnon, ici dans les bras de Bonhomme en 2020, a relevé le défi « Bain de neige » du Carnaval, l’an dernier.
La journaliste et chroniqueuse Virginie Gagnon, ici dans les bras de Bonhomme en 2020, a relevé le défi « Bain de neige » du Carnaval, l’an dernier. Photo courtoisie

Elle relevait le « Défi bain de neige » lancé par les organisateurs de plonger dans la poudreuse et tenir au moins 5 secondes !

« C’était assez festif », dit la jeune femme un an plus tard en entrevue au Journal. Ses premiers souvenirs du Carnaval remontent à sa tendre enfance quand elle accompagnait ses parents au Palais de glace et au défilé dans les rues de Québec.

Elle s’est réjouie du retour du Carnaval en présentiel dont la 68e édition se termine aujourd’hui.

Même si certaines activités comme le défilé ont été annulées pour éviter les rassemblements, le bain de neige était au programme, de même que la plupart des activités traditionnelles, comme le lancer de la hache et la soirée de rigodon.

Déjeuner western dans les années 1980.
Déjeuner western dans les années 1980. Photo d'archives

À Montréal d’abord...

Rappelons que le Carnaval a d’abord été fêté à Montréal quelques années avant la première édition de 1955.

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« C’est à cause du manque de neige que la métropole y a renoncé », explique l’historien Jean Provencher.

Dès 1951, le Conseil de ville de Québec songe à mettre sur pied un festival hivernal et ce sont trois hommes d’affaires, Louis-Philippe Plamondon, Wilbrod Bherer et Louis Paré qui donnent le coup d’envoi à l’événement en 1955.

Les fondateurs du Carnaval de Québec : Wilbrod Bherer, Louis-Philippe Plamondon et Louis Paré. La première édition a lieu en 1955.
Les fondateurs du Carnaval de Québec : Wilbrod Bherer, Louis-Philippe Plamondon et Louis Paré. La première édition a lieu en 1955. Photo d'archives

Virginie Gagnon souligne que le Carnaval a su se renouveler ces dernières années, comme en témoigne la présence de jeunes l’an dernier.

« J’ai eu le plaisir d’animer une soirée de musique et c’était vraiment super de voir tous ces gens danser. Pour moi, c’était la preuve qu’on était vraiment dans un Carnaval 2.0 », s’enthousiasme-t-elle.


Avant la pandémie, le Carnaval générait des revenus de 16 M$ par année et 254 emplois. L’événement a attiré 532 000 jours-visites en 2018, une hausse de 50 % sur l’année précédente.

Bonhomme : un héros et un martyr 

Photo d'archives
Photo d'archives

Représentant du Carnaval, Bonhomme apparaît pour la première fois le 9 janvier 1955 et n’a pas changé depuis.

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« Blanc comme neige, vêtu de la tuque rouge et de la ceinture fléchée des héros de notre histoire, Bonhomme incarne la joie de vivre des Québécois ! », peut-on lire sur le site officiel du Carnaval.

Dans les années 1980-90, la sympathique mascotte a cependant été la cible des humoristes Les Bleu Poudre, qui s’amusaient à lui asséner à répétition un coup de poêle de fonte sur le front.

Et quand le magazine McLean’s a voulu illustrer un reportage sur la corruption au Québec, il a opté pour Bonhomme Carnaval qui s’enfuyait avec une valise débordant de dollars.

« Maltraiter Bonhomme Carnaval, ça avait choqué beaucoup de gens, souligne Robert Aird, qui a publié le livre L’histoire de l’humour au Québec. C’était une forme de burlesque, une caricature satirique. »

Une icône intouchable

Pourquoi frapper Bonhomme ? Parce qu’il incarne une icône intouchable, reprend-il. L’humour fait rarement consensus.

« D’un autre côté, il y a peut-être un autre niveau : Bonhomme garde toujours le sourire malgré les coups qu’il reçoit ! »


La reine et les duchesses

Le Carnaval de Québec de 1961 tient son Bal de la Régence au Château Frontenac avec sa reine, Barbara-Ann, et plus d’une centaine d’invités vêtus de costumes d’époque.
Le Carnaval de Québec de 1961 tient son Bal de la Régence au Château Frontenac avec sa reine, Barbara-Ann, et plus d’une centaine d’invités vêtus de costumes d’époque. Photo courtoisie

Dès 1957, la région de Québec est divisée en sept « duchés » représentés par une duchesse. Un concours se tient annuellement pour élire la reine parmi celles-ci. Mais la montée du féminisme met fin à cette pratique en 1997.

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La rue Sainte-Thérèse

Le Carnaval sur la rue Sainte-Thérèse en 1961.
Le Carnaval sur la rue Sainte-Thérèse en 1961. Photo courtoisie

En 1960, des résidents de la rue Sainte-Thérèse, dans le quartier Saint-Sauveur, élèvent de nombreux monuments de neige ou de glace. Cette initiative improvisée attire les curieux, lui donnant une notoriété qui gagnera en popularité au point de devenir une des attractions du Carnaval jusqu’en 1996. Mais ne cherchez plus la rue Sainte-Thérèse, elle a été rebaptisée rue Raoul-Jobin.


La descente aux flambeaux

De 1957 à 1996, on procède annuellement à la descente aux flambeaux de Québec à Lac-Beauport.


La course de canot

Course de canot le 9 février 2020.
Course de canot le 9 février 2020. Photo d'archives, Didier Debusschère

Elle consiste en une traversée du fleuve Saint-Laurent en canot, en équipe. L’édition de 1957 se déroule dans des conditions si difficiles que seules 4 des 21 équipes parviennent à la ligne d’arrivée. En 1984, la course est suspendue en raison d’un épais brouillard. D’abord uniquement masculine, la course accueille sa première équipe féminine en 1966.


Les palais de glace et de neige

Le palais cet hiver.
Le palais cet hiver. Photo Stevens LeBlanc

Gaston Fortier détient le record des architectes des palais de Bonhomme.

Gaston Fortier en 2016
Gaston Fortier en 2016 Photo d'archives, Pascal Huot

Il en a construit 46, dont 32 en glace et 14 en neige. Son pire ennemi : la pluie et les températures douces qui viennent modifier les propriétés de l’eau gelée.

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