Le Canadien sera-t-il acheteur ou vendeur?

Jean-Charles Lajoie
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Il reste quelques matchs au Canadien avant la pause olympique... et aussi la date limite des transactions fixée au vendredi 6 mars.
Voilà pourquoi quelques échanges semblent vouloir se compléter avant le congé. Les équipes désireuses de s’améliorer souhaitent le faire le plus tôt possible. Elles veulent également que leurs acquisitions aient le temps de se faire à l’idée et de s’acclimater avant le dernier droit de la saison et les séries.
C’est louable d’agir ainsi, dans la mesure où les directeurs généraux acheteurs parviennent à s’entendre avec un potentiel homologue vendeur.
Au fait, quelle est la position du Canadien? Qui peut prétendre que les architectes de la reconstruction du CH sont assurément acheteurs? Quelle est l’évaluation de Kent Hughes et de Jeff Gorton de leur équipe? La croient-ils capable de surprendre dans une Association de l’Est prenable?
Se disent-ils au contraire que peu importe ce qui se passe autour, ils doivent demeurer sourds à ce bruit et se concentrer sur eux-mêmes en suivant leur grand plan?
Pourraient-ils choisir le statu quo? Réunir le capitaine et les leaders et leur dire combien ils ont confiance en eux sans aucun ajout afin qu’ils emmènent l’équipe en séries et qu’ils passent le premier tour?
Pas d’obligation de résultat
Ils ont les pleins pouvoirs. Geoff Molson leur a signé le chèque en blanc nécessaire à bien prendre tout leur temps. Le concept de la marmite n’existe plus à Montréal, collectivement du moins.
Le marché jadis complètement fou est désormais assimilé, docile devant la Sainte-Flanelle qui s’est assurée par sa stratégie de communication d’acheter le temps nécessaire en plaçant à l’abri ses dirigeants.
Gorton et Hughes le rendent bien à Martin St-Louis qui sera vraisemblablement celui qui décidera seul du moment de quitter ses fonctions un jour lointain. Autrement dit, il existe ici une collégialité extraordinaire pour des hauts dirigeants et un coach, bien que celle-ci nous éloigne de toute urgence de ramener des résultats.
Le DG et son patron semblent hésitants à se départir de jeunes joueurs qu’ils ont réclamés. S’en amourachent-ils trop ou veulent-ils seulement prendre le temps voulu pour atteindre la fenêtre d’opportunité vers la coupe Stanley?
Ils auraient beau jeu d’agir ainsi, personne ne leur exige des résultats sur la glace lors de la rédaction des bilans. Ils vivent sur le rêve d’une dynastie de superpuissance de la Ligue nationale qu’ils prétendent pouvoir redonner aux partisans de l’équipe.
Ceux-ci en redemandent sans plus de questions. La foi est retrouvée et elle est puissante, assez pour laisser travailler les bâtisseurs de la reconquête.
Tout le monde a son idée sur qui le Canadien doit acquérir en vue du dernier droit et des séries. C’est normal, l’équipe a atteint le gros tournoi la saison dernière et devrait logiquement faire encore mieux cette année.
On a greffé Ivan Demidov et Oliver Kapanen à un club s’étant faufilé il y a un an. Comment ne pas croire atteindre le deuxième tour dans quelques mois?
Gorton et Hughes y croient aussi, mais leur croyance a un prix qui ne semble pas le même que les partisans et les observateurs.
La question est si, d’ici la date limite des transactions, le Canadien sera acheteur... ou vendeur? Ou choisira-t-il le statu quo en expliquant que les prix à payer étaient trop exorbitants et menaçaient de nuire au grand plan qui cible un jour étendre une domination sur plusieurs saisons?