Le Canadien se retrouve à une seule défaite de l’élimination: quelles options reste-t-il à Martin St-Louis?


Jonathan Bernier
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Le Canadien est à l’agonie. Les heures de sa saison 2025-2026 sont comptées. Évidemment, ses valeureux partisans ne veulent pas que ça se termine. Quand tu n’as pas vu l’ombre d’une véritable finale de la Coupe Stanley depuis 1993, ça se comprend.
Ça se comprend et ça amène son lot de réflexions irrationnelles. Comme de réinsérer Patrik Laine dans la formation sous prétexte que lui, il tire au but. Le Finlandais n’a pas vu d’action depuis le 16 octobre. Même s’il s’entraîne avec l’équipe depuis le 16 janvier, Martin St-Louis n’a même pas passé proche de lui faire signe.
Il y a également cet auditeur à Bonsoir les sportifs qui proposait, tard mercredi soir, d’habiller Samuel Blais. Notre Magnymontois préféré a de la vitesse et peut frapper comme un train, mais il ne fait même pas partie des réservistes rappelés par le Canadien à la suite de l’élimination du Rocket de Laval.
Florian Xhekaj, Owen Beck ? Il faudrait vraiment être au désespoir. Quoique Beck ne ferait pas pire que Kirby Dach et qu’Oliver Kapanen. Commencerais-je à délirer également ? Peut-être.
Ce qui est certain, par contre, c’est que Martin St-Louis ne peut adopter le comportement qu’il reproche à ses joueurs, c’est-à-dire être têtu. Même si c’est peine perdue, il ne peut demeurer assis sur ses deux mains.
Les vieilles jambes fraîches
En dépit de ses vieilles jambes, Brendan Gallagher est l’un des rares qui n’a pas eu à se taper le parcours de 18 matchs en 39 soirs. Sa dernière présence remonte au 3 mai contre le Lightning. Il pourrait assurément insuffler de la vigueur au groupe.
D’ailleurs, s’il y en a un qui a compris le principe du dump and chase depuis longtemps, c’est lui. Il assurerait également une présence devant le filet adverse. Chose qu’on n’a à peu près pas vue face aux Hurricanes.
Ça permettrait à Dach d’aller se reposer sur la passerelle. Le gros attaquant a recommencé à faire ce qu’on lui reproche trop souvent : manquer d’implication. Dire qu’il a des attributs similaires à ceux de Josh Anderson.
Ce n’est pas surprenant que son entraîneur ne l’utilise pratiquement pas à partir de la troisième période. En prolongation, lors du troisième match, il n’a effectué aucune présence.
Guhle est-il blessé ?
Serait-ce le moment de ramener Arber Xhekaj dans la formation ? Le gros défenseur n’a toujours pas vu d’action dans cette finale de l’Association de l’Est. C’est un pensez-y-bien. On lui reproche déjà ses prises de décision douteuses. Imaginez ce que ce serait face à la Caroline, où le temps de réaction est encore plus minime.
Sans compter que Jayden Struble se débrouille plutôt bien. Par contre, Kaiden Guhle semble grandement hypothéqué. Son genou gauche a l’air mal en point. Mercredi soir, on l’a vu grimacer et patiner difficilement à quelques occasions après avoir chuté en compagnie d’un adversaire.
Dans ce cas, serait-il à propos d’insérer David Reinbacher ou Adam Engstrom dans la formation ? Pas certain. Les jeunes auraient de la broue dans le toupet. Vaut mieux y aller avec Xhekaj. Ne serait-ce que pour l’aspect robustesse.
Ramener Anderson sur le premier trio
Puisque les options sont minces, c’est possiblement en modifiant ses trios que St-Louis parviendra à créer une étincelle au sein de ses troupes. Mercredi, ça a fonctionné... le temps d’une période.
Jumeler Zachary Bolduc à Phillip Danault et Anderson était une idée intéressante. Cependant, ramener Anderson avec Cole Caufield et Nick Suzuki pourrait être tout indiqué.
Le gros numéro 17 est pas mal plus efficace que Juraj Slafkovsky en échec avant. Encore faudra-t-il que les deux attaquants vedettes de l’équipe comprennent qu’ils doivent placer des rondelles derrière les défenseurs au lieu de s’entêter à essayer de traverser la ligne bleue. Les Hurricanes, ce n’est pas la ligne Maginot.
Pensées et prières
Cela dit, St-Louis aura beau apporter toutes les modifications du monde, la réalité, c’est que ses joueurs n’ont plus d’énergie, plus de gaz. La plus belle preuve en est sa moyenne de 16,3 tirs depuis le début de cette série.
À ce qu’on sache, le Tricolore a une bien meilleure équipe que les Sénateurs et les Flyers, qui, respectivement, ont lancé en moyenne 27,5 fois et 22,8 fois sur le filet de Frederik Andersen.
À bout de souffle et éreinté par deux épuisantes séries, il est incapable de soutenir une attaque en zone des Hurricanes. Mercredi, il a passé seulement 4 min 51 s en territoire adverse. Ça ne crée pas de grosses menaces.
Il ne reste plus qu’à faire comme Jacques Demers, en 1993, et implorer la bonne sainte Anne. Il y a le collègue Stéphane Cadorette, du Journal de Québec, qui s’est proposé pour aller faire un tour au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. Mais on soupçonne que ce soit plutôt pour porter le coup de grâce au Canadien.
Ce qu’il ne faudra pas oublier, au moment de faire le post-mortem de cette saison, c’est que le Canadien est une jeune équipe toujours en apprentissage. Et, comme l’an dernier, elle a fait un plus long bout de chemin que ce que l’on avait prévu.