Le Canadien retombe sur terre et montre son mauvais visage

Jean-François Chaumont
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OTTAWA | Le Canadien reste une équipe moyenne, une formation qui frôle avec la barre des ,500, ce qui n’a rien de glorieux dans la LNH. Pour cette visite au Centre Canadian Tire, le CH en a fait l’illustration contre les Sénateurs en s’inclinant 6 à 2.
Il y avait une vague d’espoir dans le camp du Tricolore après deux victoires d’affilée contre deux bonnes équipes de la LNH, l’Avalanche et les Devils. Mais quand on croit que cette jeune équipe a trouvé son rythme, elle a tendance à piquer du nez.
« On manquait de détails et d’exécutions dans notre jeu, a reconnu le défenseur Mike Matheson. On a donné trop de chances aux Sénateurs. On ne croyait pas que c’était pour être un match facile. On savait que les Sens voulaient rebondir et ils n’avaient pas joué mercredi soir. Ils avaient plus d’énergie. »
Auteur d’un des deux buts des siens et impliqué dans une bagarre contre Zack MacEwen en fin de première période, Michael Pezzetta a touché sur le bobo en analysant la sortie des siens.
« Nous avions un bel élan, mais nous sommes retombés à plat contre les Sénateurs, a reconnu Pezzetta. Quand nous jouons contre de bonnes équipes, nous montrons notre bon visage et nous trouvons des façons de gagner. Pour passer de bon à très bon et à une équipe qui aspire aux séries, il faut coller plusieurs victoires d’affilée. Il faut saisir les opportunités. »
Signe d’une équipe toujours en reconstruction, le CH est encore en quête d’une première série de trois victoires d’affilée cette saison. À six reprises, la bande à Martin St-Louis a collé deux gains consécutifs.
À l’image de Matheson et de Pezzatta, St-Louis a parlé d’un rendez-vous manqué, mais il a aussi insisté sur une portion du calendrier plus difficile.
« On est sortis sans énergie, a-t-il souligné. Honnêtement, nos quatre ou cinq premières minutes étaient correctes. Si on avait profité de nos chances, ce serait peut-être différent comme match. Mais on manquait d’exécutions, surtout en deuxième période. Il y avait trop de revirements. On jouait un sixième match en neuf soirs et une deuxième rencontre en deux soirs. On a joué du bon hockey dernièrement, mais pas ce soir. Il manquait un petit quelque chose. »
Stützle : un brin de magie
Il y a des classiques dans le monde du hockey. Dans le vestiaire des Sénateurs, Thomas Chabot, Mathieu Joseph et Jake Sanderson avaient parlé de l’importance de jouer pendant 60 minutes et d’accorder une attention particulière aux détails.
Le temps d’un soir, les Sénateurs ont fait plaisir à Jacques Martin. Ils ont connu une bonne rencontre, dictant le jeu du début à la fin. Et les gros canons des Sénateurs ont animé le spectacle.
Tim Stützle (1 but, 2 passes) et Brady Tkachuk (1 but, 1 passe) ont fait la vie dure à Cayden Primeau.
Une culture à changer
À la veille du passage du Tricolore dans la capitale nationale, Martin avait mentionné son désir de changer la culture de son équipe. Mais il sait très bien que ça ne se fera pas en claquant des doigts. Pour reconstruire l’identité de son équipe, l’entraîneur d’expérience a aussi besoin de voir ses meilleurs joueurs indiquer le chemin à suivre.
Tkachuk l’a fait contre le Canadien en inscrivant son nom sur la feuille de pointage, mais aussi avec six tirs et quatre mises en échec. En première période, il a distribué une percutante mise en échec contre Matheson, un rouage clé du Canadien.
Dans le cas de Stützle, il a probablement joué son meilleur match sous l’ère de Jacques Martin. Assez discret avec neuf points (1 but, 8 passes) à ses 13 premiers matchs avec Martin, il a montré qu’il a le talent et les habiletés d’un joueur élite dans la LNH.
Les Sens ont maintenant un dossier de cinq victoires et neuf revers depuis que Martin a remplacé D.J. Smith derrière le banc de l’équipe.