Le Canadien n’était pas en position de frapper un circuit


Marc de Foy
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Vous auriez aimé que Kent Hughes effectue une transaction? En effet, ça aurait pu être intéressant. Le directeur général du Canadien dit avoir mis des lignes à l’eau, mais ça n’a pas mordu. Ce n’est pas la fin du monde. Ainsi soit-il.
Quand on regarde les joueurs de centre de qualité qui ont changé de camp à la date limite des transactions, le Tricolore ne possédait pas la monnaie d’échange que les gros acheteurs ont donnée.
Prenons le cas de Dylan Cozens. Le Canadien n’avait pas un joueur de centre du même calibre que Josh Norris à échanger aux Sabres.
À propos de cette transaction, ils sont nombreux à dire que les Sénateurs ont réussi un coup de maître, mais attention!
Cozens n’a rien cassé depuis qu’il a obtenu un généreux contrat d’une valeur de 49,7 millions d’une durée de sept ans. C’est vrai qu’il évoluait avec une organisation minable, mais il aura tout à prouver à Ottawa.
Norris est aussi talentueux que lui. Le problème est qu’il a subi son lot de blessures depuis qu’il a signé son gros contrat il y a trois ans.
Une séquence qui a tout changé
Revenons au Canadien.
Il y aurait eu fortes chances que Hughes ait été vendeur si son équipe n’avait pas collé cinq victoires au retour de la pause occasionnée par la Confrontation des 4 nations. Ce faisant, la troupe de St-Louis a réduit de six à un point l’écart qui la séparait de la dernière place donnant accès aux séries.
Sans cette remontée, David Savard, Joel Armia, Chris Dvorak et peut-être même Jake Evans auraient probablement été échangés si l’équipe avait été loin du huitième rang. Que Hughes ait décidé de les garder et même de consentir une prolongation de contrat à Evans est de bonne guerre.
Le Canadien est encore dans la course aux séries avec un quart de saison à jouer. St-Louis et ses hommes méritent le vote de confiance que la direction leur a accordé à la date limite des transactions. Si jamais ils réussissaient à se qualifier pour le tournoi printanier, ce serait tout un tour de force.
On peut dire ce qu’on veut, mais cette équipe a beaucoup de mérite. Il y a longtemps qu’on a vu une formation du Tricolore jouer avec autant de cœur et d’énergie. C’est réconfortant et porteur d’espoir pour les années à venir.
Une culture gagnante s’est installée dans les troupes. Les jeunes vont apprendre énormément de cette saison, qu’ils se qualifient ou non pour les séries. Après des années de vaches maigres, on peut penser que le Tricolore se dirige enfin dans la bonne direction et que le meilleur est à venir.
Pour ce qui est des changements de personnel, attendons les mois d’été. C’est généralement à cette période de l’année que les meilleures transactions se réalisent.
Patience!
Il y aura toujours les impatients, ceux qui se manifestent le plus vigoureusement sur les réseaux sociaux.
Chacun a droit à son opinion. Mais comme Hughes le répète, et c’est tout à fait vrai, reconstruire une équipe à partir de zéro ou presque demande du temps. Certes, les Sabres ne sont pas un bon exemple.
Quand une équipe rate les séries 14 saisons de suite, le problème relève d’une incompétence chronique. Le directeur général des Sabres, Kevyn Adams, est allé même jusqu’à céder un choix de deuxième ronde aux Sénateurs en plus de Cozens.
Qu’est-ce que Terry et Kim Pegula, copropriétaires de l’équipe, attendent pour embaucher un véritable homme de hockey qui sera capable de sortir leur organisation du marasme?
Brandon Beane, directeur général des Bills de Buffalo de la NFL qui appartient aussi au couple Pegula, leur a amené cette stabilité depuis son arrivée, en 2017.
La solidité et l’équilibre au sein d’un personnel de directeurs sont des ingrédients nécessaires au bon fonctionnement d’une organisation ou de n’importe quelle sorte d’entreprise.
Les succès partent d’en haut. Kent Hughes et Jeff Gorton savent ce qu’ils font.
Faisons-leur confiance.