Le Canadien n’en fait pas assez


Marc de Foy
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Le Canadien franchit le cap du premier quart de son calendrier régulier aujourd’hui, à San Jose. Avec 18 points à ses 19 premiers matchs, il accuse un retard d’un point sur sa récolte de la saison dernière à pareille date. Ce n’est pas catastrophique. Mais ça pourrait être mieux. Pour tout dire, on est en droit de s’attendre à plus.
Les membres de l’état-major de l’organisation ont dit eux-mêmes après la saison dernière que les attentes seraient plus élevées cette année. Ils l’ont répété en septembre, mais tout en se gardant de mentionner des objectifs en particulier. Ils se sont surtout évertués à ne pas prononcer le mot «séries».
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C’est compréhensible.
Le Canadien ne possède pas les ingrédients qui lui permettraient d’obtenir une place dans le prochain tournoi printanier. Mais on ne doit pas accepter pour autant qu’il fasse du surplace, ou pire, qu’il régresse.
Rassurer les amateurs
On sait qu’il n’est pas de taille pour les Bruins de Boston et les Golden Knights de Vegas et qu’il a encore des croûtes à manger pour être sur le même pied que les Rangers, les Panthers, les Stars ou l’Avalanche.
N’empêche, ça prend de l’amélioration. Tout d’abord, pour rassurer les amateurs que l’équipe va dans la bonne direction. Dans un business où la vente repose sur l’espoir, il est primordial que les acheteurs de billets ressentent ce sentiment.
On a beau dire que Montréal n’en a que pour son équipe de hockey sur le plan sportif, il ne faut pas penser que cette affection est infinie. Il y a beaucoup de fauteuils rouges inoccupés certains soirs au Centre Bell. La majorité de ces sièges appartiennent à des abonnés de saison.
Ces gens laissent-ils leurs billets dans des tiroirs ou ont-ils de la difficulté à trouver preneurs sur des sites de revente ou à simplement les offrir en cadeau, comme on entend?
Le Canadien doit éviter de s’enliser dans une reconstruction sans fin, comme on le voit à Edmonton où Connor McDavid ne sait plus à quel saint se vouer. Ou encore à Buffalo où les Sabres ne sont toujours pas sortis de l’auberge. Il doit en faire plus collectivement et individuellement.
Il faut que les choses avancent, même si l’organisation montréalaise n’a pas la chance de miser sur un jeune joueur de la trempe de Connor Bedard. Il y a 30 autres équipes dans la Ligue nationale qui voudraient d’un Bedard, mais voyons combien de temps il faudra avant que la coupe Stanley retourne à Chicago.
À Slafvosky de se dégourdir
C’est vrai que le Tricolore est privé de cinq joueurs en ce moment. Mais trois de ceux-là, Rafaël Pinard-Harvey, Jordan Harris et Arber Xhekaj, ne rencontraient pas les standards qu’ils nous avaient montrés l’an dernier.
Continuons avec les jeunes joueurs.
Juraj Slafkovsky montre des beaux flashes, mais il devra en faire beaucoup plus pour renforcer le pitch de vente que Martin Lapointe et Nick Bobrov ont fait en sa faveur.
Nonobstant la blessure qui l’a placé sur la touche pour la durée entière de la deuxième moitié de la saison dernière, le temps est venu qu’il se dégourdisse.
À ce stade-ci, Kaiden Guhle et Justin Barron sont les jeunes qui font meilleure impression. Guhle arrive troisième chez le Canadien, derrière Mike Matheson (24:48) et Nick Suzuki (20:45), pour le temps de jeu avec une utilisation moyenne de 20:35 minutes par match. Au chapitre des unités spéciales, il fait partie de la deuxième unité chargée d’écouler les infériorités numériques.
Le temps nous dira s’il peut devenir le défenseur numéro un de l’équipe. Et pour ça, il lui faudrait nécessairement faire partie de l’attaque à cinq.
Chez les jeunes vétérans, Nick Suzuki se dirige vers une saison de 73 points, ce qui irait dans le sens de l’évolution qu’il a connue au cours des deux dernières saisons.

Caufield doit revenir avec Suzuki
Cole Caufield n’est que deux points derrière Suzuki chez les marqueurs, mais il n’est pas parti pour connaître une saison de 50 buts ni même de 40 ou 30 buts. Avec seulement cinq buts, il se destine à une récolte de 22 buts. Il a beau dire qu’il échangerait des buts pour des victoires, il est payé généreusement pour remplir le filet. C’est la meilleure façon qu’il peut aider les siens.
Martin Saint-Louis devra le replacer aux côtés de Suzuki plus tôt que tard, car, même s’il ne le dit pas, sa confiance doit être affectée.
Quant à lui, le nouveau venu, Alex Newhook, se défend très bien.
Du côté des vétérans, Mike Matheson et Sean Monahan tirent bien leur épingle du jeu. Brendan Gallagher donne son maximum comme d’habitude, mais il écope de trop de mauvaises pénalités.
Chez les gardiens, Samuel Montembeault et Jake Allen connaissent des hauts et des bas. Ils ne sont pas capables de coller deux bonnes performances de suite. Cayden Primeau montre plus d’assurance, mais lui aussi doit en montrer plus.
Pour sa part, le pauvre Josh Anderson est dans une léthargie qui n’en finit plus. Aucun but et deux maigres mentions d’assistance. Son dernier but remonte au 14 mars dernier, soit une semaine avant qu’une blessure ne le mette hors de combat pour le reste de la campagne. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas d’occasions de marquer.
Espérons que sa disette ne se prolonge pas comme celle qu’avait connue Scott Gomez.