Le Canadien doit opter pour le statu quo


Michel Therrien
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J’ai regardé avec beaucoup d’attention les deux derniers matchs du Canadien et j’ai fortement aimé ce que j’ai vu, même si ces victoires ne garantissent pas une qualification en séries.
Le CH est capable du meilleur et du pire, comme il l’a montré. Pendant les Fêtes, il a constitué l’une des meilleures équipes de la Ligue nationale avant de faiblir dans une période plutôt frustrante. La baisse de rendement avant l’arrêt des activités relié à la Confrontation des 4 nations ainsi que le mauvais début de saison ont compliqué sa tâche d’accéder aux éliminatoires. Cependant, la récente pause semble lui avoir fait du bien physiquement et mentalement.
Aussi, le segment précédant la date limite des transactions sera déterminant. Le Canadien ne peut se permettre d’échapper des rencontres face à des rivaux comme les Sharks de San Jose et les Sabres de Buffalo. Selon moi, le Tricolore ne sera pas un acheteur d’ici le 7 mars. Le plus beau scénario serait le maintien des effectifs et d’ailleurs, nous voyons que les joueurs et les instructeurs sont motivés à convaincre la direction d’opter pour le statu quo.
Car ultimement, c’est à Jeff Gorton et Kent Hughes de trancher. Ces dernières années, les échanges ont été conclus quelques jours avant l’échéance; à la journée finale des transactions, il ne restait que des miettes la plupart du temps. Les porte-couleurs du CH ne font que subir les conséquences des décisions. Idem pour les entraîneurs qui ont peu à dire.
À Montréal, il y a 4-5 joueurs étant dans une situation peu évidente. Ils se demandent s’ils partiront et le coach essaie de les encourager. Ça représente énormément de distraction, mais également de la motivation pour leurs coéquipiers qui tentent de persuader l’état-major de continuer avec le groupe en place. Il reste que les dirigeants agiront s’ils obtiennent le prix souhaité.
Le cas Evans est à surveiller
Avec le Canadien, j’ai vécu l’année 2015-2016 pendant laquelle le club s’est mis en mode vente. Carey Price était blessé et l’organisation avait notamment échangé Dale Weise et Tomas Fleischmann aux Blackhawks de Chicago contre notamment Phillip Danault. Au départ, je ne le connaissais pas trop, même si je savais qu’il était efficace sur les mises au jeu. Or, il est rapidement devenu un élément important de la formation.
Néanmoins, cela ne signifie pas que chaque échange de vendeur portera fruits. Il est facile de donner des joueurs, mais il est nettement plus difficile de trouver leurs remplaçants. Il ne faut pas se tromper. Dans le cas du CH de 2024-2025, le dossier Jake Evans apparaît périlleux à ce propos et retient mon attention.
Ce serait dommage de le perdre, car de la profondeur est requise pour gagner. Et Evans accomplit son travail, tout en ayant un sentiment d’appartenance vis-à-vis l’équipe. Maintenant, on entend des conversations sur les considérations financières, mais y a-t-il davantage qui se cache derrière les discussions? Les assignations des tâches, par exemple? Le joueur concerné se voit peut-être plus qu’un centre de quatrième trio.
Son cas me rappelle un peu celui de Jordan Staal, échangé aux Hurricanes de la Caroline par les Penguins de Pittsburgh à l’été 2012. Jeune homme à l’époque, il se trouvait coincé dans le troisième trio derrière Sidney Crosby et Evgeni Malkin. Il excellait en infériorité numérique et jouait contre les meilleurs hockeyeurs du circuit, mais il se voyait plus comme joueur de deuxième ligne. Parfois, je le plaçais là, tout en réunissant Crosby et Malkin au sein du premier trio. La paix était achetée durant une semaine ou deux, mais au retour à la normale, Staal recommençait à taper du pied.