Le Canadien fait son cinéma!

Jean-Charles Lajoie
Partager
Le CH semble enfin sur la voie de retrouver son lustre d’antan. Après plus de 115 ans d’histoire, l’équipe redonne honneur aux égards qu’on lui porte depuis toujours.
Depuis trois décennies, des entraîneurs comme Mario Tremblay, Alain Vigneault, Michel Therrien (deux fois), Claude Julien, Bob Gainey, Guy Carbonneau, Jacques Martin et Dominique Ducharme auraient donné un rein – certains assorti d’un testicule – pour coacher un club aussi rempli de talents purs.
Oui, le Canadien a connu quelques éclairs avec Théodore, Kovalev, Ribeiro, Vincent, Pierre Turgeon, P.K. Subban, Pacioretty... et bien sûr Price et Weber. Mais jamais l’équipe n’a présenté un alignement avec autant de vedettes de la LNH en même temps.
Suzuki et Caufield donnent le ton, rejoints par Slafkovsky, Demidov et Hutson. Quatre superstars et un joueur de franchise : Lane Hutson, promis à échanger le trophée Norris pendant 12 ans avec Schaffer et Makar. Et encore... quelle carrière pour Oliver Kapanen ? Tous les espoirs sont permis. Jacob Fowler, lui, a assurément ce qu’il faut entre les deux oreilles pour affronter les rigueurs de Montréal.
Michael Hage s’en vient, tout comme le Russe Zharovsky. Si Reinbacher joue à la hauteur de son rang de sélection, la voiture avec laquelle avancera le Canadien sera une Formule 1 de première ligne.
Un tandem en or
Le duo Gorton & Hughes fait un travail extraordinaire. Tout ce qu’ils touchent se transforme en or. Sont-ils seuls responsables des succès ? Pas complètement. Martin St-Louis a son mot à dire. Il est la courroie de transmission entre les valeurs instaurées par la direction et le vestiaire. Le coach est le gardien de la culture dont les « boss » parlent depuis le jour 1. Une culture qui rend tout le monde meilleur, basée sur l’esprit de corps et le respect des individus.
La vérité prime toujours et le collectif en sort gagnant. Alexandre Texier en est la preuve : sorti d’un climat malsain à Saint-Louis, il débarque à Montréal et devient un meilleur joueur avant même sa première pratique. Il rejoint un mouvement entraîné par une vague jeune, insouciante et sans peur. Texier regardait ses options en Europe avant d’être appelé par le CH. Il peut désormais rêver d’un contrat de trois ans et quelques millions... mais pas ici.
Soyons clairs : il sera bientôt à l’étroit dans l’alignement. Il y a une limite à cumuler les « petits Alex » dans un top 9 offensif déjà muni de Newhook. Texier n’aura plus de chaise quand la musique s’arrêtera. Il reste une solution temporaire exceptionnelle à un problème de blessures majeures. Mais peu importe sa production, il est improbable que la direction commette la même erreur qu’avec Paul Byron en lui offrant un contrat « bon gars, bons services rendus ». Au moins, le Tricolore lui aura permis d’étirer sa carrière en Amérique.
En défense, ça bouge
Le retour de Kaiden Guhle doit être salué. Son absence a permis à St-Louis de constater une évidence : Lane Hutson est bon à droite, mais il est un joueur de franchise à gauche. Guhle peut aussi dépanner à droite, mais il est nettement plus efficace à son poste naturel. Ce qui nous ramène à la prolongation de Mike Matheson : une entente indiscutable, mais qui fait paraître le flanc gauche comme l’échangeur Turcot à 17 h.
Arber Xhekaj joue le meilleur hockey de sa carrière depuis dix jours. Impossible de le sortir de l’alignement... sauf qu’il doit lui aussi évoluer à gauche. Matheson risque donc de devoir dépanner à droite, en attendant Reinbacher, qui poussera la direction à liquider un actif gaucher.
Avant longtemps, ce que je vous disais en novembre tiendra la manchette partout : Reinbacher et Guhle, deux défenseurs top 4 fragiles dans la même brigade. Il y en a un de trop. Et le CH risque de garder le droitier, simple question d’équilibre.
Non mais, du coup... n’est-ce pas que ça nous fait tout un cinéma?