Le Canadien est-il en train de régresser?

Jonathan Bernier
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TORONTO | « Êtes-vous en train de me dire que vous êtes pris pour regarder ce club-là pendant 82 matchs, a demandé un confrère de la Ville-Reine au deuxième entracte. Ils n’ont aucun talent, ils n’ont pas cœur.»
Venant de quelqu'un dont le club n’a pas gagné la coupe Stanley depuis 1967, et qui a remporté une seule ronde de séries éliminatoires en 20 ans, ça fesse. Mais on n'a pas le choix de lui donner raison.
Le Canadien a connu une saison de misère l’an dernier. Pourtant, à aucune occasion il n’a vécu une séquence de six matchs sans victoire comme celle dans laquelle il est présentement empêtré.
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Il faut remonter au mois de mars 2023 pour assister à une léthargie semblable. D’ailleurs, alors qu’on espérait une progression au classement, on peut se demander si la formation montréalaise ne vit pas une régression.
La défaite de 4 à 1, encaissée samedi soir à Toronto, limite la formation montréalaise à 10 points en 15 matchs. Le Canadien a donc récolté 33,3% des points disponibles depuis le début de la campagne.
Bernard Derome dirait que, si la tendance se maintient, le canadien terminera la campagne avec 54 points... un de moins qu’en 2021-2022 lorsqu’il a terminé au tour dernier rang de la LNH.
Au dernier rang
En passant, ce matin, le Tricolore est bon dernier au classement général. À égalité avec les Sharks de San Jose.
« Personne n’est heureux avec les résultats que nous avons présentement, a soutenu Kirby Dach. On est un groupe de 23 qui traversent ça ensemble. C’est le même groupe qui va devoir s’en sortir. On ne peut se fier à personne d’autre qu’à nous pour ça. Il faut travailler ensemble. »
Il reste encore suffisamment de temps pour redresser la barque, mais disons que Geoff Molson, Jeff Gorton et Kent Hughes n’avaient certainement pas imaginé pareille catastrophe dans leurs scénarios les plus pessimistes.
Samedi soir, face à une formation qui disputait un deuxième match en autant de soirs et qui, en plus, était privée de son meilleur joueur (Auston Matthews, blessé au haut du corps), le Canadien a été dans le coup pendant 20 minutes.
Plus aux aguets défensivement, il a empêché les Leafs de s’installer dans son territoire. Malheureusement, cette étanchéité ne s’est pas transformée en occasions de marquer à l’autre bout de la patinoire. En fait, oui, mais le Canadien a raté la cible chaque fois. Néanmoins, quand c’est le quatrième trio qui se montre le plus combatif à 200 pieds de Samuel Montembault, ça n’augure rien de bon.
Encore Gallagher
Au moment où le fameux loustique nous a interpellé, les jeux étaient déjà faits. Les Leafs avaient marqué leurs quatre buts, dont deux en supériorité numérique et un à court d’un homme. Ce dernier à la suite d’une comédie d’erreurs.
Brendan Gallagher, encore une fois avec les deux pieds dans l’enclave, a été le seul buteur du Canadien. Un septième but cette saison pour l’Albertain, un cinquième en sept matchs.
Encore une fois, ce n’est pas normal que le vétéran de 32 ans soit le deuxième buteur le plus prolifique de l’équipe. Il y a assurément des joueurs dans ce vestiaire qui devront prendre exemple sur lui et aller là où ça fait mal.
Sans doute dans l’espoir de secouer ces troupes, Martin St-Louis a apporté quelques modifications à ses trios en troisième période en amenant Juraj Slafkovsky sur la première unité et Cole Caufield sur la seconde.
Le Canadien a obtenu quelques occasions, mais il faut dire que les Leafs étaient plus concentrés à défendre leur avance qu’à se porter en attaque.
Au fait, Caufield et Suzuki n’ont pas obtenu de point à leurs quatre derniers matchs.