Le Canadien est définitivement sorti de la grande noirceur

Marc de Foy
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Clarifions une chose pour commencer. On va s’entendre pour dire que le Canadien n’est pas du calibre de l’Avalanche. Pour le moment, la formation du Colorado est dans une classe à part.
Cela dit, le Canadien fait du très bon boulot.
On en a eu un autre aperçu lors de son périple annuel des Fêtes, qui a mené au cap de la mi-saison. Sa deuxième place dans la division Atlantique et sa sixième position au classement général, avant les matchs de lundi, sont le fruit d’un dur labeur.
De quoi rassurer les amateurs qui, non sans raison, craignaient une rechute avant le début de la saison.
Plus une équipe de quatre quatrièmes trios
La chance n’y est pour rien. Cette équipe travaille fort et n’abandonne jamais.
Ce sont Maurice Richard et Guy Lafleur qui seraient fiers de voir ça, eux qui s’évertuaient à dire qu’il faut continuer à bosser même dans les périodes difficiles.
Le Canadien n’est plus une équipe de quatre quatrièmes trios, comme le disait Lafleur. Dommage qu’il ne soit plus là pour voir la métamorphose qui est en train de changer le visage du club dont il a vaillamment défendu les couleurs.
Les succès d’une organisation sportive commencent par en haut, pour reprendre une expression du milieu.
Pendant plus de 25 ans, le Canadien a tourné en rond plus qu’il n’avançait. Il y a bien eu des éclaircies ici et là, notamment en 2010 et en 2014 quand l’équipe s’est rendue jusqu’au carré d’as.
Il y a eu aussi, en 2021, cette participation à la finale qui avait fait sortir la ville dans la rue, alors que l’on était encore en pleine bataille contre la COVID. Mais la fenêtre s’est refermée tout de suite après.
Enfin de l’attaque!
Aujourd’hui, il y a vraiment lieu d’espérer. Le CH est définitivement sorti de la grande noirceur. Il n’y a plus de raison de douter.
Les indicateurs sont à la hausse. Avec 52 points en banque, le Tricolore totalise huit points de plus que l’an dernier, après 42 matchs.
Et que dire de sa production offensive?
Ses 141 buts, soit 15 buts de plus que la saison dernière, lui conféraient aussi le sixième rang dans la Ligue nationale avant les matchs de lundi. Voilà une autre chose à laquelle on n’était pas habitués.
L’attaque massive venait en huitième place avec une moyenne d’efficacité de 23,8 pour cent. C’est une amélioration de presque deux pour cent par rapport à l’an dernier (21,9 pour cent) et un bond de sept rangs au niveau de la ligue.
C’est plus compliqué à la défensive comme en font foi sa 27e place au chapitre des buts accordés et sa 23e position pour la moyenne d’efficacité en infériorité numérique (77,6 pour cent).
Le manque de stabilité devant le filet est une cause, mais ça n’explique pas tout.
Slafkovsky à maturité
Sur le plan individuel, les points positifs sont nombreux.
Les voici:
– Nick Suzuki continue sa lancée. Il est au sommet de sa carrière. D’autres belles saisons l’attendent. S’il pouvait être plus efficace sur les mises en jeu, il serait parfait.
– Lane Hutson est un naturel. Il est né avec des patins aux pieds et un bâton de hockey à la main.
– Cole Caufield est devenu plus qu’un marqueur de buts. Il se replie dans sa zone et coupe des passes. Martin St-Louis en a fait un joueur de hockey.
– Ivan Demidov: ce n’est qu’un début. Le jeune est bon, déterminé et enthousiaste. Qui choisissez-vous entre lui et Matvei Michkov?
– Juraj Slafkovsky: le premier choix de la cuvée 2022 du repêchage remplit ses promesses. Il est maintenant un rouage important des siens.
– Noah Dobson: sans être étincelant, il est fiable dans l’ensemble. Il se dirige vers une saison supérieure à 50 points. Une bonne acquisition qui n’aura que 26 ans mercredi.
– Mike Matheson représente la force tranquille que toute équipe recherche. Il a fait la transition entre l’attaque massive et les unités mandatées d’écouler les infériorités numériques sans se plaindre. Un modèle exemplaire pour ses jeunes coéquipiers.
– Oliver Kapanen avait déjà montré ses compétences durant le peu de temps qu’il avait passé à Montréal. Il est retourné en Suède pour y peaufiner ses habiletés et voici le résultat. Bon joueur pour plusieurs années à venir.
Un coach derrière ses joueurs
Je ne saurais terminer ce papier sans parler de Martin St-Louis. Il est le premier à dire qu’il en apprend encore sur le rôle d’entraîneur. Mais il se tire bien d’affaire dans l’ensemble.
Il contribue à l’esprit d’équipe qui règne dans les rangs, il amène une présence positive derrière le banc. Il saute partout quand l’un de ses joueurs marque en prolongation.
En lisant cette chronique, certains d’entre vous diront que la coupe Stanley n’est pas loin de Montréal. Non, je ne vous dirai pas de réserver votre chaise pour un défilé des champions en juin prochain.
Je vous ferai signe quand le moment sera venu.
Mais on peut au moins apprécier ce que le Canadien nous montre présentement. On attendait ça depuis une éternité.