Le Canadien éliminé en cinq matchs par les Hurricanes: quand même l’énergie du désespoir lâche


Jonathan Bernier
Partager
RALEIGH | Les joueurs du Canadien ont donné ce qu’il était humainement possible de donner. Comme on s’y attendait, ils ont été rattrapés par les éreintantes séries face au Lightning et aux Sabres.
C’était flagrant dès le deuxième match de cette finale de l’Association de l’Est, en dépit du fait qu’il s’est incliné en prolongation. Ce l’était encore plus hier soir.
Dans ce cinquième match face aux Hurricanes, perdu au compte de 6 à 1, jamais le Tricolore n’a été dans le coup. Dès leur première présence, les locaux ont fait ce qu’ils ont fait depuis le début de cette confrontation : occuper le territoire montréalais sans relâche et bombarder le filet de Jakub Dobes.
L’énergie du désespoir, qui tenait le Canadien en vie, a lâché lorsque Taylor Hall, Logan Stankoven et Eric Robinson ont inscrit les trois premiers buts des Hurricanes dans un intervalle d’un peu moins de huit minutes.
Dès lors, le CH était cuit. Il ne restait plus qu’à écouler les 43 dernières minutes du match. Deux périodes, c’est long quand tu es au bout du rouleau et que tu as hâte de sauter dans l’avion pour retourner à la maison.
Surtout quand la foule locale ne se gêne pas pour vous narguer en scandant des Olé ! Olé ! Olé ! empreints de sarcasme à quelques occasions.
Dobes ne pouvait tout faire
Ce manque flagrant d’énergie a fait du Canadien une victime parfaite pour le style de jeu des Hurricanes. Avec le souffle court, il n’a pas été difficile à étouffer. Rouillés pendant le premier match, les hommes de Rod Brind’Amour sont revenus à leur style méthodique et cartésien.
Ils ont infligé au Tricolore quatre revers de suite. Sa première séquence du genre depuis les cinq revers de la mi-novembre.
Ce qui est fascinant, c’est que le Canadien a marqué plus de buts (six) dans l’unique première rencontre que dans les quatre suivantes. En grande partie parce que, à compter de ce moment, le premier trio a, encore une fois, été réduit au silence. Du deuxième au cinquième match, Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky n’ont récolté aucun point à forces égales.
Dobes a eu beau faire des miracles, mais il y a une limite à ce qu’il pouvait faire.
D’ailleurs, sa moyenne de buts alloués de 2,57 et son taux d’efficacité de ,919 au cours des quatre premières rencontres auraient dû suffire à récolter quelques victoires de plus.
Mais ses coéquipiers ont décoché une moyenne de 16,3 tirs par match. C’était nettement insuffisant.
La fin pour Gallagher ?
Parlant de bout du rouleau, Kaiden Guhle a, pour un deuxième match consécutif, grimacé de douleurs à quelques reprises en rentrant au banc. Son genou gauche semblait le faire souffrir atrocement.
Tout comme Brendan Gallagher, dont l’association avec l’équipe qui l’a repêché en 2010 pourrait bien se terminer cet été.
Si tel devait être le cas, on se rappellera du valeureux soldat qu’il a été jusqu’à la toute fin.
Sa présence lors des trois derniers matchs contre le Lightning n’est assurément pas étrangère au fait que le Canadien a avancé au deuxième tour.
De quoi être fiers
Malgré cette sortie expéditive,Kent Hughes, Jeff Gorton et Martin St-Louis pourront être fiers du travail accompli par leurs ouailles. Les partisans, aussi, d’ailleurs.
Dire qu’au tournoi de golf, on se demandait si cette équipe parviendrait à se qualifier de nouveau pour les séries éliminatoires.
Neuf mois et demi plus tard, elle s’est approchée à seulement trois victoires d’une présence en finale de la coupe Stanley.
Qui aurait parié là-dessus ?