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Le Canadien doit vendre

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2025-02-03T11:10:00Z
2025-02-03T23:15:52Z

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Trois petits points : voilà ce que le Canadien compte de plus que la saison dernière après 52 matchs. En termes de progression, on a vu mieux. 

Imaginez le portrait sans la remarquable séquence de 13-3-1 bonne pour 27 points sur une possibilité de 34 entre les 17 décembre et 21 janvier. Au cours de ces cinq semaines de rêve, les p’tits gars nous ont bercé dans l’illusion de se tailler une place en séries de fin de saison... et j’y ai cru...

Toutefois, l’actuelle glissade, combinée à des séquences irrésistibles de plusieurs adversaires directs dans la course pour une place en séries, plombe irrémédiablement les derniers espoirs d’un printemps moins morose dans la métropole.

Du bout des lèvres la semaine dernière, j‘émettais l’hypothèse que Kent Hughes et Jeff Gorton doivent monnayer au plus offrant certains de leurs éléments en fin de contrat.

La défaite de dimanche à Anaheim et surtout la manière de perdre m’ont convaincu : le CH doit vendre ses éléments ayant une valeur sur le marché. En tête de liste doit se retrouver Jake Evans. Il est l’élément qui peut rapporter le plus d’ici la date limite des transactions.

Bien entendu, j’effectuerais une ultime tentative de retenir Evans avec une prolongation de contrat. Dans le cas contraire, je demanderais une réponse claire à ses agents : avez-vous l’intention de tester le marché cet été?

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Si la réponse est oui, il faut porter à 3 le nombre de premiers choix de l’équipe en juin prochain; il en va d’une saine gestion de l’effectif.

Le cas de Joel Armia est différent. Le vétéran touche un salaire de 3,4 millions $ et à 31 ans, il peut raisonnablement espérer un contrat de quatre ans cet été, peut-être même un montant similaire, compte tenu de l’augmentation importante à venir du plafond salarial.

Même si Armia rend de très bons services au CH, le garder à Montréal risquerait de retarder la graduation d’un jeune joueur en provenance de Laval et dont le contrat d’entrée ne ferait pas plus mal qu’Armia sur un quatrième trio.

Tôt ou tard, un Xhekaj, un Tuch ou un Davidson frapperont à la porte de la grande ligue. Il ne faudrait pas nous retrouver face à un surplus de hauts salariés d’expérience dans les jambes. Le CH doit éviter de commettre la même erreur que l’ancienne administration.

La valeur d’Armia est certes moindre que celle d’Evans, mais peut-être pas autant qu’on puisse l’imaginer.

Christian Dvorak est le troisième attaquant susceptible de changer d’adresse, mais il serait étonnant que Hughes obtienne plus qu’un choix de troisième tour. Cependant, qui s’en soucie? Dvorak pourrait partir sans que l’organisation ne le dise et possiblement que l’on ne s’en rendrait même pas compte.

Enfin, Michael Pezzetta ne sera pas de retour la saison prochaine. Le fougueux et frisé rouquin écoulera ses derniers mois en équipe première en continuant d’être ce que l’on aura toujours entendu mais jamais vu à son sujet : il est un gars très bon dans le vestiaire.

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Le cas Savard

Ce qui nous laisse devant David Savard. Le défenseur de Saint-Hyacinthe rend de précieux services à la brigade, il a encore quelques bonnes saisons devant lui dans un rôle de profondeur.

Il peut valoir un choix de deuxième tour au CH qui en possède déjà deux en juin. Considérant le chemin parcouru sur la route du grand plan, je pense qu’il y a une limite à ce stade-ci à obtenir des choix de repêchage, même dans le but de s’en servir pour obtenir un joueur actif.

Je garderais Savard avec l’équipe et je lui offrirais un nouveau pacte de 2 ou 3 ans à un salaire moindre, en lui confiant le mandat de mener à terme le projet de relance de l’organisation. On n’a jamais trop de bons vétérans heureux et conscients des enjeux dans un vestiaire.

Si seulement les jeunes loups en formation prenaient conscience de ce qui leur pend au bout du nez. Perdre des amis appréciés n’est jamais vraiment agréable. Je crains fortement que Hughes s’apprête à faire vivre un difficile test de réalité à sa horde de nombrils verts. J’espère qu’ils en tireront une autre belle leçon, qu’ils en sortiront meilleurs et déterminés à ne plus vivre des ventes de feu.

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