Le Canadien doit utiliser une défense plus active

Dany Dubé
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Il fallait s’y attendre, les Hurricanes ont montré leur vrai visage samedi soir. Le Canadien doit retravailler son approche, comme ses adversaires l’ont fait.
Les Hurricanes, c’est l’effet domino. Ils te brûlent tellement à te forcer à jouer défensif que tu n’as plus de gaz pour attaquer.
Si tu veux réussir à connaître du succès contre eux, il faut que tu trouves une manière de les empêcher d’avoir la rondelle. Il faut trouver une façon d’égaler leur niveau d’intensité. Le Canadien ne peut pas se contenter de se défendre passivement.
Depuis le début des séries, la troupe de Martin St-Louis a passé 49,3 % du temps dans sa zone, le plus haut pourcentage parmi les quatre équipes encore en vie. Les Hurricanes ont été dans leur zone 34 % du temps, soit le meilleur ratio du carré d’as. Le Canadien gaspille donc trop d’énergie à se défendre.
Les Hurricanes ont distribué presque trois fois plus de mises en échec, soit 46 contre 16. Après deux matchs, c’est 90 mises en échec contre 34.
Des gars comme Suzuki, Slafkovsky et Hutson se sont fait frapper au point de se faire éliminer du jeu. Tu peux difficilement réussir à organiser une attaque quand tu es tout le temps en train d’essayer d’éviter une mise en échec.
Peu d’occasions
Ce que les Hurricanes ont réussi à bien faire, c’est de positionner leur deuxième homme en support défensif proche du premier, qui met la pression sur le porteur du disque. Ils n’ont pas accordé beaucoup de surnombres.
Ça s’est traduit par peu de vraies chances de marquer de la zone dangereuse pour Montréal. Au premier match, le Canadien a dirigé huit tirs du bas de l’enclave. Au deuxième match, il n’y en a eu que trois.
Pour aller chercher du momentum, il va falloir que le Canadien rétablisse son échec-avant pour passer plus de temps en zone adverse. Le Canadien, c’est une équipe qui doit continuellement être en mouvement. Pas juste offensivement, mais défensivement aussi, c’est crucial de miser sur sa vitesse.
Des changements à apporter
Quand tu cherches ton momentum, l’une des premières choses à faire, c’est d’avoir du rythme en avantage numérique. Les Canadiens ont obtenu quatre opportunités samedi. Ils n’ont pas marqué de but et ils ont décoché un seul tir au filet sur six minutes avec l’avantage d’un homme.
Avant le début de cette finale, les Hurricanes étaient premiers de la ligue en désavantage numérique avec 95 % d’efficacité. Ça parait !
Tu ne peux pas espérer gagner une série avec un si faible volume de tirs. Je comprends parfaitement que parfois, ce n’est pas tant la quantité que la qualité qui va te faire avancer, mais le rythme vient souvent avec un certain volume de tirs.
Contre une équipe comme celle-là, qui ne te donne que très peu d’ouvertures, tu ne peux pas jouer est-ouest quand tu prends le contrôle de la rondelle. Il faut que tu sois linéaire, nord-sud, dans ton approche. À chaque opportunité où tu entres dans la zone avec la rondelle et de la vitesse, tu dois aller au filet.
C’est le style qu’on voit, entre autres, avec la quatrième ligne des Hurricanes, qui a inscrit deux buts, sept points et un différentiel de +4 dans les deux matchs. C’est un trio très linéaire qui ne se complique pas la vie et qui place des rondelles au filet.
Un avantage à Montréal
Il ne faut pas perdre de vue que les Hurricanes ont profité du dernier changement en Caroline et ils ont été efficaces. Jordan Staal a joué un grand match et ça a permis d’éteindre complètement le Canadien.
À Montréal, ça peut changer avec le dernier changement de joueurs pour le Canadien. Martin St-Louis va essayer d’éloigner Suzuki de Staal pour lui donner de l’air.
Même si le Canadien a connu un match difficile, la défaite de 3-2 en prolongation démontre que la différence tient dans des détails. Cette série est loin d’être finie.
ÇA MARCHE !

J’aime beaucoup le trio de Danault depuis le début de cette série. Danault et Texier sont des gars de lecture de jeu. Ils sont intelligents. Sur le but égalisateur d’Anderson, on a vu le flair défensif de Danault, qui a sauté sur la rondelle pour relancer l’attaque.
ÇA NE MARCHE PAS...

Le quatrième trio doit être réévalué. C’est dommage, mais Kapanen n’est pas au niveau. À moins qu’il ne soit pas en mesure de jouer, je crois que Veleno aurait quelque chose de plus à offrir, surtout en échec-avant.
- Propos recueillis par Stéphane Cadorette