Le Canadien doit retrouver l'équilibre


Michel Therrien
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Le Canadien vient de subir six défaites en sept rencontres et après avoir montré tellement de belles choses dans les semaines précédentes, c’est franchement décevant à regarder.
Pourtant, entre le premier match de Patrik Laine avec la formation le 3 décembre et l’affrontement à Detroit perdu il y a deux semaines, le Tricolore fut l’une des meilleures formations de la Ligue nationale. En l’emportant contre des rivaux qui étaient tout sauf des 2 de pique, il a prouvé qu’il est capable de gagner et a excité tout le Québec. Autant les joueurs que les instructeurs se sont mis à y croire.
Malheureusement, depuis deux semaines, le club éprouve des ennuis et c’est triste. Il voulait être dans le «mix» cette année et il semble que lorsqu’il y est arrivé après un mauvais début de campagne, la «balloune a pété». Était-on trop sûr de réussir? Je ne sais pas.
Tous les entraîneurs traversent une période creuse à un moment donné. Pour eux, c’est très difficile à supporter : à mon époque, je trouvais le tout pénible. Les «coachs» sont affectés, car le succès du club constitue leur récompense. Ils vivent cela différemment des hockeyeurs; le joueur se concentre sur son jeu et ce qu’il contrôle.
Quant à l’instructeur-chef, il a la responsabilité de presser les bons boutons afin de faire produire ses hommes. Son rôle est de soutirer le maximum de ses joueurs et pour chacun d’entre eux, le moyen d’y parvenir est différent. De mon côté, j’établissais une structure de jeu et ensuite, mon défi consistait à aller chercher le meilleur de chaque membre de l’équipe.
Aussi, l’entraîneur doit trouver le bon équilibre. Dans les bons moments, je m’assurais par exemple que personne ne tombe dans l’excès de confiance, tandis que dans les mauvaises séquences, j’essayais de détendre une atmosphère trop tendue.
Fin de semaine déterminante
Chez le Canadien, certains ne livrent pas la marchandise présentement. Il faut retrouver l’enthousiasme qu’on percevait auparavant et ici, ça revient avec la victoire. Le voyage en Californie a été ardu. Le revers à Anaheim a fait très mal : le CH a trouvé le moyen de perdre après avoir pris les devants 2 à 0 et ç’a laissé des traces. Il y a ensuite eu un gain peu convaincant contre la pire équipe du circuit. Disons que ça doit être dur pour le moral des entraîneurs.
Maintenant, il est temps de se ressaisir. La prochaine fin de semaine sera déterminante. C’est toujours excitant de disputer ces deux matchs à domicile pendant le weekend du Super Bowl. L’ambiance au Centre Bell sera différente et il faut absolument en profiter, surtout contre des rivaux de l’Association de l’Est. Il importe d’aborder ces deux confrontations comme des matchs numéro 7 de la finale de la Coupe Stanley.
Depuis un bout de temps, nous remarquons une diminution de l’ardeur au travail chez le Canadien. Si l’équipe obtient du succès pendant le weekend, nous pourrons dire que la pause de la Confrontation des 4 nations arrive à point, car le club pourra partir en vacances l’esprit tranquille. Car une saison de 82 matchs, c’est long et exigeant. Et le CH est une meilleure formation que ce qu’il offre actuellement.