Le Canadien doit être intraitable

Jean-Charles Lajoie
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C’était tout croche dans le premier mois de la saison. Le pire mois d’octobre depuis longtemps pour le partisan du Canadien, tellement laid que la question était devenu légitime: est-ce que Martin St-Louis sera congédié ou s’il va partir de lui-même en claquant la porte?
Puis, le club s’est sorti la tête de l’eau.
Après deux chapitres Laine, tout redevient possible. Il est tout croche, n’affiche pas encore de synchronisme, mais il déverse juste assez de son talent surdimensionné qui lui sort par les oreilles.
Ça donne deux buts en deux matchs, chaque fois avec ce tir singulier et distinctif des meilleurs dans le business du hockey. Chaque fois en avantage numérique. Chaque fois en semant le délire dans un temple si enclin à s’émouvoir devant une superstar.
Patrik Laine est une superstar. Avec tout ce que cela comporte et qui fait que lorsque ça va bien, ça ne va pas juste bien, ça va bien en tabar*&!.
Cette heureuse séquence du Tricolore, qui a quand même gagné cinq de ses 10 derniers matchs, coïncide avec un début de saison sous le signe de deux groupes distinctifs de l’Association de l’Est. Le groupe de tête parti en échappée solitaire et le groupe de queue comprenant 11 équipes pour qui tout reste possible.
L’Est de la LNH cette saison ressemble beaucoup à notre société de 2024. Les riches et très riches, les pauvres et très pauvres, abrutissement de la classe moyenne.
Washington, New Jersey, Caroline, Toronto et la Floride représentent la haute société, la classe des riches et très riches. Ils sont en échappée et ils peuvent tous déjà prétendre qu’ils seront du tableau des séries éliminatoires en avril.
Le Boston a l’air accroché au groupe, mais dans les faits il n’en est rien. Les jaunes et noirs ont disputé quatre matchs de plus que le Lightning de Tampa Bay et les Rangers de New York qui les suivent par trois et quatre points, respectivement.
Et le Canadien lui? Toujours bon dernier de l’Est... mais, à seulement quatre points des «Blue Shirts» et du dernier rang donnant accès aux séries. Six, si on extrapole les matchs en mains de New York.
Les Rangers sont en déroute complète avec un vestiaire gangréné jusqu’à la moelle, tout le contraire du CH où l’union fait la force du groupe.
Il reste 11 matchs au CH d’ici la fin décembre. Quelques-uns en apparence impossible à arracher, mais aussi quelques autres hautement prenables.
Montréal jouera deux fois le Detroit et une fois contre Columbus, Buffalo, Pittsburgh et Anaheim. Ça fait six matchs très prenables sur 11.
Autrement dit, le Canadien peut croire terminer 2024 avec au moins 35 points de classement en 37 matchs, de quoi sortir de la cave de l’Est et demeurer accroché à l’espoir d’entrer dans la grande danse du printemps.
Surtout si une majorité d’équipes de l’est continuent de jouer à qui perd gagne de la sorte... à ce jeu le CH n’a pas le choix, il doit être intraitable, dominant. Ça veut dire échapper très peu de matchs face au groupe de huit équipes.
Ça risque fort de se jouer là et dans le crucial différentiel buts marqués buts alloués. Il y a rarement plus d’une équipe sur les 16 qui entrent en séries de fin de saison qui réussit à le faire avec un différentiel négatif.
Le monastère de la défense montréalaise doit s’y mettre et vite; le CH affiche un atroce -21 actuellement. Seul Pittsburgh fait pire et personne ne croit que l’équipe sera des éliminatoires.
Mais Montréal ce n’est pas pareil. Ici on y croit, grâce au «pure Laine» de la Sainte-Flanelle.