Le Canadien doit aller du «bon bord»
L’équipe doit gagner plus de matchs qui se décident par un écart d’un but


Dave Lévesque
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OTTAWA | Le Canadien a perdu un match qui s’est décidé par un but samedi soir contre les Sénateurs. Un autre.
Pourquoi paraître aussi blasé? Parce que plus de la moitié des parties jouées par l’équipe cette saison se sont décidées par la marque d’un seul petit but, soit 42 sur 80.
Le hic, c’est que l’équipe ne s’est pas souvent retrouvée du «bon bord» de ces décisions serrées. Le Canadien présente une fiche de 17 victoires, 11 défaites et 14 défaites en prolongation en de telles circonstances. Ça, c’est plusieurs dizaines de points – presque 100 points en fait – sous la barre psychologique des ,500.
Pour une équipe qui est en développement et qui est censée avancer, c’est plutôt une régression puisque l’an passé, le Tricolore a remporté exactement le même nombre de victoires par la marge d’un but, mais n’a subi que huit échecs en temps régulier et six autres en prolongation. L’équipe se trouvait alors au-delà de ,500 et dans la zone de respectabilité.
Exécution
Ce n’est pas faute d’essayer de les gagner, ces matchs. Le Canadien a pris l’avance quatre fois contre les Sénateurs samedi. Mais il a aussi perdu ces quatre avances. Les Sens ont mené une seule fois, soit après la séance de tirs au but.
«On trouve le moyen de rester dans le coup, mais l’exécution fait défaut, a reconnu Alex Newhook. Quand tu ne te retrouves pas du bon côté de ces matchs, c’est qu’il y a des choses à resserrer en vue de la prochaine saison.»
Il faut donc, comme le note si bien le Terre-Neuvien, penser en fonction de la prochaine saison puisque celle-ci se terminera mardi soir.
«Plus qu’on va continuer de s’améliorer comme équipe, plus qu’on va être du bond bord, a lancé un Martin St-Louis laconique après le match samedi soir. On a été très compétitifs cette année et ces répétitions en fin de match, que tu gagnes ou que tu perdes, tu ne peux pas acheter ça. C’est un bel environnement pour la croissance de l’équipe.»
Et si...
Dans l’absolu, tous ces points perdus ne représentent pas grand-chose d’autre que ça, des points perdus.
Parce qu’avec un recul de 13 points sur les Capitals de Washington, qui détiennent le dernier billet pour monter dans le train des séries dans l’Association Est, le Canadien aurait quand même été à court avec quelques points de plus.
Mais combien de points au juste cette équipe aurait-elle pu grappiller de plus en remportant certaines de ces rencontres qui se sont décidées sur des détails en fin de compte?
Comme le chantait Patrick Bourgeois à l’époque des B.B., on ne le saura jamais. Mais la question titille au moins autant que la belle crinière de Bourgeois dans son perfecto quand le groupe était au sommet des palmarès.
Et justement, si le Canadien veut atteindre le sommet du palmarès de la LNH, ce sont ces matchs d’un but qu’il devra commencer à gagner l’an prochain.
Matheson continue
Mike Matheson roule à un train d’enfer en cette fin de saison. L’arrière montréalais a inscrit des points à chacun de ses sept derniers matchs et au cours de cette séquence, il a connu quatre performances de deux points.
Samedi, il a ajouté un but et une passe pour porter son total annuel de points à 62. Parmi les meilleures performances de défenseurs du CH au cours des 35 dernières années, il a ainsi rejoint Mark Streit (2007-2008).
Avec deux matchs à faire, il ne sera fort probablement pas le premier défenseur du CH depuis Chris Chelios (73 points en 1988-1989) à récolter 70 points dans une saison, mais il aura été un ancrage pour l’équipe dans cette saison d’apprentissage.