Le Canadien commence à peine à être capable de se brosser les dents


Jean-Nicolas Blanchet
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Il y a un an, Martin St-Louis racontait que son équipe n’était plus au stade bébé et qu’il pouvait en demander plus à ses joueurs, comme on demande à un enfant de 7 ans de se brosser les dents et de faire son lit. Aujourd’hui, il faudrait que cet enfant de 7 ans gagne son combat dans le coin contre Tom Wilson?
Il me semble que c’est en demander beaucoup? Non?
Il y a 10 mois, Martin St-Louis racontait que son équipe était comme un chiot qui a besoin de dressage. À part César, l’homme qui parle aux chiens, peu de gens peuvent dresser un chiot avec autant d’efficacité pour qu’il soit aujourd’hui sage comme une image.
Que dire à sa place?
Martin St-Louis est dans une situation tellement difficile.
Ça commence vraiment à le faire suer de perdre. Et que la victoire soit secondaire, ça ne lui tente sûrement plus. Et devant les médias, il ne peut plus arriver après une dégelée en disant qu’il est fier de la progression et que tout est beau. Il sent l’impatience collective.
Mais s’il arrive devant les médias et est en beau fusil le 31 octobre, ce sera quoi après une dégelée le 17 février quand le CH sera dans la cave? Il n’a pas fini de se fâcher.
Je n’ai aucune idée de ce que je ferais à sa place. Il faut rester positif, mais pas trop. Être fâché, mais pas trop. Être de bonne humeur, mais ne pas démontrer que ça ne le dérange pas. Ça doit être compliqué.
Manque d’outils
Mon garçon de 3 ans est plutôt turbulent. Il nous a pété trois télés. Une avec un hockey, un autre avec une madame patate et l’autre avec la manette. J’ai bien beau le chicaner, mais j’ai aussi pris une assurance sur la nouvelle télé. Il a 3 ans, batinsse! C’est normal qu’il soit turbulent et que ce soit encore difficile de lui faire comprendre certaines choses.
Martin St-Louis peut se fâcher. Mais contre Washington, jeudi soir, il avait sous la main deux joueurs de premier trio et 10 joueurs de troisième, mais surtout, de quatrième trio.
Il peut se fâcher. Mais Christian Dvorak ne va pas soudainement avoir un flair offensif. Et Josh Anderson ne va pas subitement réussir à faire de savantes passes dans la zone adverse.
Même si le Canadien avait été meilleur, il aurait quand même perdu.
Ça va prendre un méchant bon mixologue pour être dans le «mix», car ce souhait peu réaliste deviendra de plus en plus irréalisable. Et il faudra se rattacher aux quelques trucs positifs. Sinon, la saison va être très longue.