Le Canadien a perdu le match, mais a gagné la soirée


Jonathan Bernier
Partager
EDMONTON | Affronter les Oilers à domicile n’est jamais une tâche facile. Avec Connor McDavid et Leon Draisaitl qui sautent sur la patinoire en vague, ça prend un groupe allumé et prêt à s’investir à chaque instant.
C’est ce que les joueurs du Tricolore ont fait. Néanmoins, ce ne fut pas suffisant pour partir de la capitale albertaine avec deux points.
Evan Bouchard a offert une victoire de 3 à 2 aux siens, empêchant du même coup les Montréalais de réaliser cet objectif, en déjouant Samuel Montembeault avec à peine huit secondes à écouler en prolongation.
La bonne nouvelle, c’est que toutes les formations impliquées dans la course avec le Canadien ont perdu en temps régulier. Par conséquent, même si un revers en prolongation n’était pas le scénario optimal, la troupe de Martin St-Louis peut se vanter d’avoir gagné la soirée.
«Présentement, les gars vont dire que ce n’est pas le résultat qu'ils voulaient. Mais je suis sûr que, demain matin, ils réaliseront que c'était un gros point, a soutenu St-Louis. On a joué extrêmement bien. Ce n’était pas parfait, mais on a joué avec de bonnes intentions et avec conviction.»
À quelques heures de la date limite des transactions, le Tricolore n’accuse plus qu’un seul point de retard sur le dernier rang donnant accès aux séries éliminatoires dans l’Est, échelon actuellement occupé par les Sénateurs d’Ottawa.
Matheson, l’ombre de McDavid
Ce point important, le Tricolore le doit en grande partie à Mike Matheson. C’est à Alexandre Carrier, son partenaire, et lui qu’est revenu le mandat de contenir le capitaine des Oilers.
Pendant 17 mins 34s à forces égales, Matheson s’est retrouvé sur la surface de jeu en même temps que la vedette des Oilers. Celle-ci a terminé la soirée avec deux mentions d’assistance. Mais chaque fois, Matheson se trouvait au banc des siens.
« Il a joué exactement de la façon dont on a besoin qu’il joue contre des joueurs comme ça. Égaler cette vitesse-là, ce n’est pas facile », a louangé l’entraîneur-chef du Canadien.
« McDavid n’est pas du genre à se fatiguer. Matheson non plus. Il a un gros réservoir et il a utilisé chaque goutte qu’il contenait », a-t-il poursuivi.
Puisque le défenseur a été utilisé pendant 31 des 65 minutes de jeu, on comprend ce que St-Louis veut dire. Comme à son habitude, il a été de tous les combats. Il a bloqué cinq tirs, dont l’un avec son postérieur. À l’autre bout de la patinoire, il a été menaçant.
À deux occasions, il aurait pu donner la victoire aux siens en prolongation.
« C’est certain que je vais repenser à ces occasions en me fermant les yeux, ce soir », a déclaré le Montréalais de 31 ans après le match.
Laine sur le banc
St-Louis et ses joueurs l’ont admis après coup. En troisième période, surtout dans les 10 dernières minutes, le Canadien a davantage joué pour préserver un point de classement.
Devant Montembeault, auteur de 29 arrêts dans la défaite, on s’est assuré de minimiser les risques. Pas de passes audacieuses, pas de finesses en zone neutre et pas d’échec avant inutile de la part des défenseurs.
Même s’ils en ont eu parfois plein les bras vers la fin de la troisième période, les visiteurs avaient pour seul objectif de tenir la rondelle le plus loin possible de leur filet.
St-Louis a contribué aux chances de réussite de cet objectif en gardant Patrik Laine et Owen Beck sur le banc pendant les 10 dernières minutes de la troisième période et durant la totalité de la prolongation. Alex Newhook, lui, a eu droit à deux présences.
D’ailleurs, à l’exception du match qu’il n’a pas terminé, à Columbus, ce fut la plus petite soirée de travail de Laine depuis son arrivée avec le Canadien (10 mins 18s).
Ce qui n’est probablement rien pour lui ramener le sourire.