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Le Canadien a eu mal, mais il a enfin battu les Bruins

Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2023-11-12T04:18:10Z

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Il n’y a pas de commune mesure entre le sacrifice d’une vie pour assurer la liberté d’un pays et celui de se jeter devant des tirs pour aider son équipe à savourer une surprenante victoire.

Sauf qu’en ce jour du Souvenir, le dévouement démontré par la troupe de Martin St-Louis, dans un match en apparence tout croche, vaut la peine d’être souligné. Pour surprendre les Bruins au compte de 3 à 2 en prolongation, il a fallu que les Montréalais investissent chaque once d’énergie qui leur restait dans le réservoir.

Parce que battre les Bruins, ce n’est pas donné à tout le monde. C’était seulement le troisième revers – un deuxième en bris d’égalité – pour l’ancienne équipe de Patrice Bergeron. 

Côté sacrifice, Kaiden Guhle a donné l’exemple. Pendant un avantage numérique de deux hommes des Bruins, il a bloqué deux de leurs tirs, dont l’un à bout portant de David Pastrnak. Le fait qu’il ait marqué le but gagnant n’était qu’un juste retour des choses pour le défenseur.

Sur la même séquence, Johnathan Kovacevic et Christian Dvorak se sont également interposés entre le tireur et Samuel Montembeault.

Brendan Gallagher en est un autre qui s’y connait en termes de sacrifices. Il a passé sa soirée dans les pattes de Jeremy Swayman. C’est de là qu’il a marqué son cinquième but de la saison et c’est de là qu’il a amorcé une escarmouche qui a finalement impliqué tout le monde se trouvant sur la patinoire, à l’exception de Montembeault.

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«Tu n’arrives pas à gagner avec un tour de magie. Pour y arriver, il faut que ça fasse mal», a indiqué l’entraîneur-chef du Canadien, évidemment satisfait de l’effort de ses ouailles.

Enfin une étincelle

Un effort concerté qui a permis au Tricolore de mettre fin à une séquence de 10 revers consécutifs face à ses ennemis jurés. La domination des Bostoniens était devenue telle que la rivalité avait dangereusement commencé à s’effriter. 

Les deux buts en 27 secondes, marqués par Nick Suzuki et Gallagher en début de troisième période, les quelques bousculades après le sifflet et le but de Guhle en prolongation ont peut-être allumé une étincelle dans cette rivalité vacillante.

Du moins, c’est le bonheur qu’on se souhaite. Car il ne s’est fait rien de mieux en termes de rivalité depuis l’époque des Nordiques. On pourrait avoir un élément de réponse dès samedi prochain, alors que le Tricolore rendra la politesse aux Bruins en se rendant à Boston.

Par ailleurs, tout laisser sur la glace, se jeter devant des lancers, c’est une page du livre de la culture des Bruins. Une culture qui permet à cette équipe, comme l’a rappelé Brad Marchand en matinée, de connaître du succès, depuis l’arrivée de Zdeno Chara, il y a une quinzaine d’années.

Le capitaine des Bruins l’échappe

Parlant de Marchand, il a beau être devenu le capitaine des Bruins, on ne le changera pas. Le fougueux attaquant a encore le caractère bouillant. Après l’entraînement de son équipe, Jim Montgomery avait reconnu ce fait en affirmant que Marchand était toujours habité de la même passion. 

Une passion qui, à l’occasion, donne lieu à des échanges musclés avec les officiels. 

«Parfois, il se calme lui-même avant d’aller parler aux arbitres. D’autres fois, c’est moi qui dois le calmer. C’est comique», a envoyé l’entraîneur-chef des Bruins à quelques heures de l’affrontement.

Le Montréalais d’origine a trouvé la situation moins drôle quand son leader est allé réchauffer le banc de punition pendant deux minutes après avoir fait connaître son mécontentement à Chris Lee.

«C’est impardonnable. Les joueurs sont là pour jouer, les arbitres sont là pour arbitrer», a laissé tomber Montgomery après la rencontre.

«Je trouvais que l’appel qu’il a manqué était évident, mais je ne peux pas laisser mes émotions prendre le dessus», a fait valoir Marchand, repentant.

Comme quoi, même à 35 ans, l’expérience peut continuer de rentrer.

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