Après le « futbol », place au « soccer »! Au lendemain de l’ouverture spectaculaire dans un stade Azteca en fusion à Mexico, c’est au tour du Canada et des États-Unis de lancer leur Coupe du monde à leur manière, avec deux matchs à Toronto puis Los Angeles, précédés de concerts de vedettes internationales.
Le Canada en quête d’une victoire historique
C’est à Alanis Morissette, voix des années 1990, que reviendra peu avant 15 h 00 l’honneur d’interpréter l’hymne national à Toronto, avant que le Canada n’affronte la Bosnie-Herzégovine pour son entrée en lice.
À voir si cela portera chance aux Canucks, en quête de leur première victoire en Coupe du monde après six défaites en autant de rencontres lors de leurs deux participations à des phases finales, en 1986 au Mexique et en 2022 au Qatar.
Ils ont été versés dans un groupe théoriquement à leur portée avec le Qatar et la Suisse, en plus de cette Bosnie de l’inusable Edin Dzeko, 40 ans (148 sélections, 73 buts), qualifiée en barrages aux dépens de l’Italie, quadruple championne du monde.
Les Canadiens devront cependant se passer de leur patron et joueur vedette, le latéral gauche du Bayern Munich Alphonso Davies, touché cette saison par une cascade de blessures et encore trop juste pour jouer vendredi.
32 ans plus tard, sans Trump
Il est depuis des mois le personnage central de ce tournoi coorganisé pour la première fois par trois pays, tant son imprévisibilité, ses déclarations et sa politique migratoire très stricte auront influencé l’agenda extra-sportif de l’avant-tournoi.
Pourtant, Donald Trump qui n’a cessé de promettre la plus belle des Coupes du monde ne sera pas à Los Angeles vendredi pour le premier match de la compétition sur le sol américain, entre l’équipe nationale américaine et le Paraguay à 18h00.
Il sera représenté par son secrétaire d’État Marco Rubio, qui aura auparavant pu apprécier un pur spectacle à l’américaine, esprit Super Bowl, avec notamment la vedette de la pop Katy Perry et le rappeur Future, dans le SoFi Stadium de Los Angeles, enceinte ultra-moderne d’un peu plus de 70 000 places.
Trente-deux ans après l’édition 1994 organisée sur leur seul territoire, les États-Unis emmenés par le sélectionneur argentin Mauricio Pochettino, ex-entraîneur du Paris Saint-Germain, et leur star de l’AC Milan Christian Pulisic, espèrent cette fois susciter l’enthousiasme d’un pays qui continue de préférer le football américain au soccer.
Entrées réussies pour le Mexique et la Corée du Sud
Débutée en fanfare à Mexico par une victoire convaincante des Mexicains (2-0) face à l’Afrique du Sud devant leur public, cette journée inaugurale s’est conclue en soirée par la victoire renversante d’une Corée du Sud volontaire et séduisante aux dépens de la République tchèque (2-1) à Guadalajara.
Les deux équipes se retrouvent à égalité en tête du groupe A, avec trois points.
Les attaquants mexicains Julian Quinones et Raul Jimenez ont parfaitement lancé la Tri dans la compétition, au terme d’une rencontre qui n’a pas offert des sommets footballistiques, mais sans verser dans l’ennui pour autant, comme ce fut le cas seize ans plus tôt à Johannesburg lorsque ces deux mêmes équipes avaient ouvert le mondial de 2010 (1-1).
C’est à 13h06, avec un peu de retard sur l’horaire prévu, que l’arbitre Wilton Sampaio a donné le coup d’envoi du premier des 104 matchs de cette Coupe du monde.
Le Brésilien a ensuite sorti les trois premiers cartons rouges du tournoi, synonymes d’exclusion pour deux joueurs sud-africains et un Mexicain.
Les quelque 80 000 spectateurs du stade Azteca, qui accueillait là son troisième match d’ouverture après 1970 et 1986 — un record —, avaient d’abord assisté à un spectacle musical d’une vingtaine de minutes avec en vedette la pop star colombienne Shakira qui a interprété « Dai Dai », une chanson créée pour l’occasion, accompagnée par le roi nigérian de l’afrobeat Burna Boy, au milieu de dizaines de danseurs.
Quelques incidents se sont produits dans la capitale mexicaine, théâtre d’une grogne sociale exprimée dans les rues depuis plusieurs jours, sans incident grave rapporté.
Les favoris se préparent
Dans leur camp de base respectif, à Boston (Massachusetts) et à Chattanooga (Tennessee), l’équipe de France, vice-championne du monde en titre, et l’Espagne, championne d’Europe en 2024, ont commencé à s’entraîner pour préparer leur entrée en lice lundi et mardi, face au Cap-Vert pour la Roja et au Sénégal pour les Bleus.
Le Brésil de Carlo Ancelotti, quintuple vainqueur, et l’Argentine de Lionel Messi, tenante du titre, font de même à Morristown (New Jersey) et à Kansas City (Missouri) avant d’affronter respectivement le Maroc, dimanche, et l’Algérie mercredi.
Cette rencontre entre la Seleção et les Lions de l’Atlas, sacrés champions d’Afrique en janvier, sera le premier vrai choc du tournoi, sur la pelouse du MetLife Stadium, près de New York, l’enceinte de la finale le 19 juillet prochain.
