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Le Canada doit demeurer sur ses gardes pour continuer de rivaliser avec les puissances européennes

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2025-06-09T21:40:57Z

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Malgré une qualification lors des trois derniers Jeux olympiques, ce qui ne s’était jamais vu dans l’histoire, le Canada ne peut rien tenir pour acquis et doit continuer de se battre pour rivaliser avec les puissances européennes.

Parce que le bassin de joueurs est beaucoup plus petit et que le développement est plus long, le Canada doit toujours être sur ses gardes. «Malgré notre présence à trois Jeux, l’avenir est toujours aussi important que le présent, a résumé le directeur de la haute performance Julien Boucher. C’est le jour et la nuit avec l’Europe. Le Canada n’a pas de circuit professionnel et il se crée un fossé entre les rangs universitaires et les pros.»

L’entraîneur canadien a un double mandat, contrairement aux entraîneurs de clubs qui n’ont pas à se soucier du développement. «Ils arrivent avec un club rempli de super vedettes et quand ça ne fonctionne plus, ils quittent pour un autre club aussi bien nanti, a expliqué Boucher. Les clubs achètent des joueurs et c’est au plus fort la poche.»

Cette réalité très différente était visible, dimanche, au PEPS, à l’occasion du match amical entre le Canada et l’Italie, qui mise sur un circuit professionnel très relevé.

DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC
DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

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«C’était vraiment apparent face à l’Italie, a reconnu Boucher. Les Italiens du même âge que nos jeunes ont trois, quatre, cinq et même six ans de plus d’expérience chez les pros. Ils ont plus de métier et ça paraît beaucoup. Dès qu’ils ont le niveau, les Européens font le saut chez les pros dès l’âge de 17, 18 ou 19 ans. Il y a un fossé entre nos deux réalités. Le développement au Canada est basé sur le réseau scolaire, ce qui n’est pas le cas en Europe. Nos joueurs ne sont pas prêts à évoluer chez les pros lorsqu’ils sortent des rangs universitaires.»

Pour ces raisons, Hoag estime que l’embauche de Daren Lewis à la tête de l’équipe canadienne en janvier dernier est un choix judicieux. «Il y avait de bons candidats provenant de clubs européens, mais Dan, qui a dirigé le programme Next Gen pendant quelques années, est un choix logique. Les étrangers ne comprennent pas trop la réalité du développement au Canada. Stéphane [Antigua] a fait un bon travail avec l’équipe A, mais il a négligé le développement et l’on constate actuellement un trou dans le système, ce qu’on ne peut pas se permettre. On doit avoir une vision sur huit ans.»

Stabilité recherchée

Boucher souhaite que l’embauche de Lewis apporte de la stabilité au programme, qui a vu défiler quatre entraîneurs depuis 2021. «C’est un concours de circonstances qu’il y ait eu autant de changements, mais nous avons besoin de stabilité. Quand on embauche un coach, on souhaite qu’il soit là au moins pour un cycle olympique sinon deux. Ça s’est passé un peu plus vite que prévu, mais on préparait Dan pour prendre le rôle avec l’équipe senior.»

Courtoisie Michael P. Hall Volleyball Canada
Courtoisie Michael P. Hall Volleyball Canada

Après avoir mené le Canada à son meilleur résultat à des Jeux olympiques sans boycottage avec une 5e place en 2016 à Rio, Hoag a repris le programme deux ans plus tard, quand Antiga est rentré en France pour des raisons de santé avant de partir de façon définitive en 2021 après Tokyo.

Fort de ses succès avec les Spartans de Trinity Western, l’Américain Ben Josephson a voulu tout bouleverser à son arrivée et son plan a été un fiasco total. Le Finlandais Tuomas Sammelvuo a été embauché en catastrophe en novembre 2022 et il a aidé le Canada à se qualifier pour Paris. Papa de nouveau, il souhaitait passer l’été auprès de sa famille avant de s’attaquer à un nouveau défi à l’automne avec le club japonais Osaka Bluteon.

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