Le Canada «à la croisée des chemins»: Stephen Harper croit qu’il faut répliquer aux tarifs de Donald Trump

Olivier Boivin
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L’ex-premier ministre Stephen Harper appelle Mark Carney à riposter aux tarifs de Donald Trump afin d’éviter que les dommages causés par la guerre commerciale ne soient permanents.
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Lors d’un discours mercredi soir en marge d’un gala organisé pour souligner le 20e anniversaire de son arrivée au pouvoir, l’ex-premier ministre a tenu à évoquer pour une rare fois les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis.
«Durant cette période de deuxième mandat de l’administration Trump, je crois que notre pays est véritablement à la croisée des chemins, a-t-il dit. Je souhaite dire quelques mots à ce sujet avant de me taire à nouveau.»
«Le Canada a fait face à un défi unique, des États-Unis hostiles, a-t-il ajouté. C’en est un qui a ouvertement remis en question la souveraineté du Canada, qui a ouvertement brisé les ententes commerciales que nous avons faites ensemble et qui ajoute régulièrement d’autres menaces contre nous.»

Il a appelé les Canadiens à mettre de côté les émotions pour se «concentrer sur les politiques» afin de riposter.
«Nous ne pouvons pas ignorer la tentative d’attirer les usines canadiennes au sud de la frontière, a-t-il mentionné. Les tarifs à sens unique introduits par les États-Unis doivent être réciproques. Cela sera dispendieux à court terme, oui, mais ce que nous ne pouvons pas permettre, ce sont des flux économiques à sens unique du Canada aux États-Unis.»
Il a aussi plaidé pour la défense des ressources naturelles présentes au pays.
«Nous ne pouvons pas devenir de façon permanente un fournisseur captif pour le marché américain», a-t-il ajouté.
M. Harper a aussi appelé à diminuer la dépendance commerciale du Canada aux États-Unis, mais en demeurant réaliste.
«Nous devons le faire en comprenant que selon tous les critères fondamentaux des relations internationales, l’Amérique restera notre principal partenaire commercial dans le monde», a-t-il lancé.
L’ex-chef conservateur a aussi lancé une flèche au gouvernement de Trudeau qui a suivi le sien.
«Ce débat national doit être suffisamment mature pour reconnaitre que beaucoup des difficultés que nous connaissons aujourd’hui ne peuvent être imputées à Donald Trump, a-t-il avancé. Dans bien trop de cas, elles découlent de mauvaises décisions prises par notre gouvernement.»
Selon lui, le Canada doit davantage se positionner comme un acteur clé concernant les ressources naturelles.
«C’est quelque chose que nous devons faire rapidement, a-t-il expliqué. Oui, cela signifie le pétrole et le gaz, mais aussi l’uranium, les terres rares et les autres commodités. Le Canada a besoin de plus qu’une liste de projets majeurs.»
«Le Canada a besoin de bâtir des infrastructures critiques comme un autre pipeline vers la côte ouest, pas un jour, mais maintenant, a-t-il renchéri. Nous avons besoin de ça pour notre prospérité économique, mais aussi pour notre unité nationale.»
Les Canadiens doivent être fiers de leur nation, selon l’ex-premier ministre.
«Nous vivons dans un âge du nationalisme, a-t-il lancé. Nous, Canadiens, n’avons aucune raison d’être moins nationalistes que n’importe quel autre pays. En fait, je pense que nous avons plus de raisons, je suis biaisé. Nous avons créé un pays remarquable dans des circonstances pas si différentes que celles que l’on connait aujourd’hui.»
Un portrait de Stephen Harper a d’ailleurs été inauguré à la Chambre des communes plus tôt cette semaine pour marquer 20 ans depuis son élection à titre de premier ministre.