Le bonheur est au Chili pour Alejandro Tabilo
Même s’il a grandi au Canada, il représente ce pays sur le circuit de l’ATP


Mathieu Boulay
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LONDRES | Alejandro Tabilo est né dans la région de Toronto. Il a grandi à cet endroit. Toutefois, aujourd’hui, il défend les couleurs du Chili sur le circuit de l’ATP.
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On a rencontré Tabilo plus tôt cette semaine afin qu’il nous raconte son parcours dans le monde du tennis. Son histoire est celle d’un joueur qui a suivi sa propre voie pour atteindre les rangs professionnels.
Après quelques années dans le système de développement de Tennis Canada, Tabilo a pris une décision qui allait changer sa vie. Il a décidé d’accepter une bourse d’études pour rejoindre la LAT Academy, située à Boynton Beach, en Floride.
« Je voulais y aller parce qu’il y avait plusieurs bons joueurs, a raconté Alejandro Tabilo. Je savais que je pourrais m’entraîner avec des joueurs plus âgés. J’ai décidé de me concentrer sur mes choses.
« Tennis Canada m’a aidé pendant plusieurs années, mais la connexion n’a jamais vraiment été solide. C’est pour cette raison qu’on a décidé de faire ce gros changement. Lorsque j’ai commencé à obtenir de bons résultats, je me suis dit que les sacrifices en valaient la peine. »
Des racines fortes
Après quelques années en Floride, il décide de faire le saut chez les professionnels. Tabilo prend une autre grande décision : il veut représenter le Chili sur le circuit de l’ATP. Et la raison est simple.
« Mes parents sont Chiliens et ils ont immigré au Canada il y a plusieurs années, a précisé l’athlète de 25 ans. Je suis né au Canada, mais on a toujours eu un lien très fort avec nos racines. On a toujours vécu selon les coutumes du Chili en sol canadien.
« Je me suis toujours senti plus chilien que canadien. C’est ce qui a guidé mon choix lorsque je suis passé chez les pros. »
Lorsqu’il a débarqué à Santiago pour la première fois, il s’est senti à la maison.
« Ce fut la meilleure décision que j’ai prise. C’était le bon environnement pour moi. »
Tabilo a décidé de prendre les quatre premiers mois pour peaufiner des aspects de son jeu. Il a aussi mis les bouchées doubles dans le gymnase. Il a perdu une trentaine de livres pour être plus mobile sur le terrain.
« J’ai senti un déclic. J’ai commencé à obtenir de bons résultats assez rapidement. On est toujours en train d’atteindre un autre niveau de performance. La confiance est au rendez-vous. »
De plus, il se sent appuyé par la population chilienne depuis son arrivée. Les amateurs assistent à ses matchs de façon assidue. Ses réseaux sociaux ont explosé. Il compte maintenant près de 44 000 abonnés sur son compte Instagram.
Pendant ce temps, ses parents et son frère demeurent toujours à Toronto. Il les voit trois ou quatre fois par année, lorsque son horaire chargé le lui permet.
Le top 50 dans la mire
Selon le dernier relevé de l’ATP, Tabilo est au 78e rang mondial. Il a cependant des objectifs plus ambitieux.
« Au début de l’année, notre objectif était de percer le top 100. On l’a atteint en quelques mois. C’est un peu fou, a-t-il analysé. Maintenant, on vise le top 50.
« Je ne sais pas si je vais y parvenir parce que je suis ennuyé par une blessure à un bras depuis les Internationaux d’Australie. Je vais devoir prendre un peu de repos pour la guérir. »
Il joue également en double, mais ce n’est pas sa priorité. À moins d’un pépin, il participera au tournoi de Montréal au mois d’août.
Les échos du Big Ben
LA GÉNÉROSITÉ DE TSURENKO

L’Ukrainienne Lesia Tsurenko a confirmé qu’elle donnerait 10 % de sa bourse pour aider à la reconstruction de son pays. Avec sa défaite au troisième tour, elle versera donc près de 20 000 $. En raison de la guerre, elle s’installera en Italie pour la suite de sa carrière.
L’HEURE DES SARDINES
J’ai eu la chance de prendre le métro en pleine heure de pointe vendredi. On était tassés comme des sardines. Même s’il n’y avait plus de places, d’autres passagers essayaient d’embarquer. Par chance, il y avait une bonne aération.
GUY LAFLEUR... MÊME À LONDRES !
Un journaliste du site Inside Tennis est venu me voir dans la salle de presse pour me parler de... Guy Lafleur ! Il me posait des questions sur l’impact du décès de Lafleur au Québec. Lafleur, un nom qui continue de voyager partout dans le monde.
LOTBINIÈRE À L’HONNEUR

Dans la navette vers Wimbledon, j’ai eu la chance de faire la connaissance du photographe belge Benoit Doppagne. Il m’a mentionné qu’il avait des amis dans le village de Lotbinière, dans la région de Chaudière-Appalaches. On a aussi discuté de la situation du Québec. Pour ça, on aura besoin de plusieurs trajets pour faire le tour de la question.