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«J’ai voyagé à travers le monde»: cet homme qui est devenu paraplégique ne s'est pas apitoyé sur son sort

Le père a été victime d’un grave accident de motocross et se dépasse dans le parahockey

Photo portrait de Benoît Rioux

Benoît Rioux

2025-04-18T19:30:00Z

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Plonger les mains dans la terre, manger un sandwich avant d'aller au lit, apprécier la beauté du monde: des Québécois ont trouvé leur bonheur dans une panoplie de petites et grandes choses. Voici une série de témoignages pour vous inspirer.


«Avoir su que je vivrais tout ça, j’aurais eu mon accident avant.» 

Le Québécois Patrick Desnoyers, 51 ans, garde cette boutade un peu malaisante pas trop loin dans sa manche. C’est sa façon à lui de montrer qu’il ne s’apitoie pas sur son sort.

Victime d’un grave accident de motocross qui l’a rendu paraplégique, il y a bientôt 15 ans, M. Desnoyers continue de sourire à la vie depuis ce temps.

Capitaine de l’équipe québécoise masculine de parahockey, l’homme originaire de Blainville arbore sur son bras gauche une phrase de l’écrivaine américaine Marilyn vos Savant: «Being defeated is often a temporary condition. Giving up is what makes it permanent» (être défait est souvent un état temporaire. C'est abandonner qui le rend permanent).

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«C’est la mentalité à laquelle j’ai adhéré après mon accident, relate-t-il. Le but est de transférer une épreuve ou un deuil en un défi. Dans mon cas, je savais que je n’allais plus pouvoir jouer au hockey debout. Mon défi a été de faire mon chemin avec Équipe Québec au parahockey. Avant, le hockey et le motocross, c’était une grande partie de nos vies pour mes fils et moi.»

La moitié du temps en fauteuil

M. Desnoyers, alors âgé de 37 ans, était en compagnie de ses deux adolescents quand l’accident est survenu sur un parcours intérieur, à Mirabel. Après avoir raté un saut, sa moto a atterri dans son dos, fracturant aussitôt deux vertèbres et endommageant sa moelle épinière.

Devenu paraplégique, son état s’est amélioré après une longue réadaptation. Mais, encore aujourd’hui, il doit régulièrement se déplacer en fauteuil roulant.

«J’ai des cannes pour m’aider à me déplacer, mais ma vie, c’est environ 50 % debout et 50 % en fauteuil, selon la durée de l’activité, dit-il. Par exemple, si je fais l’épicerie, c’est sûr que je prends mon fauteuil.»

En plus du parahockey, M. Desnoyers a trouvé le bonheur en effectuant pendant des années des compétitions de paracyclisme.

«J’ai vécu des expériences complètement malades à travers le sport, s’exclame-t-il, avec enthousiasme. J’ai une chance énorme, j’ai voyagé à travers le monde.»

Le fait saillant de sa carrière en vélo: une participation aux Championnats parapanaméricains, au Pérou, en 2019.

«Il y a eu un camp d’entraînement, en Arizona, et les Jeux parapanaméricains, c’était fou avec tous les sports sur place, se souvient-il. C’était comme être aux Jeux olympiques ou paralympiques!»

L’importance de la famille

Président de l’entreprise XSolutions, spécialisée dans les infrastructures de télécommunications, Desnoyers s’occupe désormais davantage du côté administratif. Avant son accident, il allait aussi faire son tour sur les chantiers, mais c’est maintenant son fils aîné qui a pris le relais avec les techniciens.

Le bonheur est dans le travail, dans le sport et auprès de sa famille.

«Si j’avais choisi de m’apitoyer sur mon sort, je serais couché en petite boule et malheureux, illustre l’homme, quatre fois grand-père. Et si j’avais fait le choix d’être malheureux, ma femme ne serait peut-être plus là à mes côtés.»

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