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«Le bonheur, c’est d’échanger»: à 89 ans, il visite encore son magasin tous les jours

Le prof de sociologie devenu horticulteur: le fondateur de Floralies Jouvence toujours aussi actif

Paul Daoust, fondateur de Floralies Jouvence
Paul Daoust, fondateur de Floralies Jouvence Diane Tremblay
Photo portrait de Diane Tremblay

Diane Tremblay

2026-03-15T04:00:00Z

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Chaque jour, le fondateur de Floralies Jouvence, Paul Daoust, âgé de 89 ans, se rend au magasin de l’avenue Jules-Verne à Québec pour voir du monde. Cet ancien professeur de sociologie, amateur de poésie et d’arts, qui a aussi fait carrière dans le milieu des affaires, cultive les sourires comme on cultive les fleurs.

Même s’il a cédé la gestion de l’entreprise à ses fils et à ses employés, qui sont devenus des associés, M. Daoust reste le fier ambassadeur de Floralies Jouvence.

Tous les jours, sept jours par semaine, il arrive au magasin en milieu d’avant-midi et il en repart à la fermeture, après avoir fait le plein de chaleur humaine.

« Je ne veux pas rester seul dans mon appartement à regarder la télé. Ici, j’ai les fleurs, le soleil, les clients qui passent, les employés. C’est le bonheur ! Je suis comblé », dit-il.

Pour M. Daoust, cela ne constitue pas un travail, mais plutôt « une chance » de voir du monde.

« Le bonheur, c’est d’échanger et ici, je rencontre plein de monde. Alors, ce n’est pas un travail. Je suis heureux », ajoute le fondateur.

Ces échanges au quotidien donnent un sens particulier à ses journées, surtout après une aussi longue carrière dans l’enseignement et dans le milieu des affaires.

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À 89 ans, Paul Daoust est toujours aussi heureux d’accueillir personnellement la clientèle. Sur la photo, on peut voir Marc-Antoine Côté, Élisa et Alexandra Savard.
À 89 ans, Paul Daoust est toujours aussi heureux d’accueillir personnellement la clientèle. Sur la photo, on peut voir Marc-Antoine Côté, Élisa et Alexandra Savard. Diane Tremblay

« D’ailleurs, je vais vous dire, quand on ferme le soir, je suis un peu malheureux de m’en aller seul chez moi dans mon appartement, alors qu’ici, je rencontre des gens toute la journée. »

« Je veux vivre. C’est quoi, vivre ? C’est rencontrer des gens. Ce n’est pas de rester enfermé. Moi, tant et aussi longtemps que je pourrais, je veux rester en contact avec les gens et échanger. »

Généralement, M. Daoust est difficile à manquer, car il se tient à l’entrée du magasin où il accueille la clientèle.

« Je dis bonjour à tout le monde. J’essaie de guider les clients. Souvent, quand les gens me demandent des renseignements, je les conduis aux employés. Les gens viennent aussi me voir pour me parler. »

« Encore hier, il y a une dame qui m’a dit : “J’ai 69 ans. Vous êtes mon ancien professeur !” Les gens viennent et ils me racontent leur vie : “J’ai perdu mon mari. Mon mari a l’alzheimer.” Beaucoup de personnes âgées me confient les difficultés qu’elles ont à vieillir. »

Le commencement

M. Daoust a fondé Floralies Jouvence en 1987, alors qu’il connaissait à peine l’horticulture. Aujourd’hui, l’entreprise est partie prenante dans cinq autres magasins.

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« Lorsque j’étais jeune, il y a une chose que je voulais, c’était m’instruire. J’ai beaucoup étudié. J’ai étudié dans plusieurs universités. J’ai étudié aux États-Unis. J’ai commencé par la littérature française et dans les années 1960, au moment où il y avait des changements sociaux au Québec, j’ai décidé d’aller en sociologie à l’Université Laval. J’ai poursuivi à Chicago et à Los Angeles. »

De retour en 1968-1969 comme associé de recherche au Département de sociologie de l’Université Laval, il fait un bref passage en politique, avant de participer à la fondation du Département de sciences sociales du Cégep Garneau, où il devient le premier professeur permanent de sociologie.

« Comme je dis souvent, j’ai 150 ans : 25 ans d’étude, 25 ans d’enseignement, 50 ans au Marché public de Sainte-Foy et 42 ans en horticulture. Additionnez ça, je n’ai pas loin de 150 ans », lance-t-il.

Son fils, Jean-Paul, soutient que sa présence apporte une dynamique qui est appréciée de tous. Il ajoute que leur père est toujours là pour les encourager à aller plus loin.

« C’est une force qu’il soit sur le plancher. Il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Il a une belle plume. Donc, lorsqu’on a une lettre à écrire, comme pour souligner les années de service d’un employé, c’est à lui qu’on demande », a-t-il ajouté, reconnaissant le privilège qu’ils ont de pouvoir compter sur lui.

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