Le bizarre retour de congé de Martin St-Louis

Jean-Nicolas Blanchet
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Plus de 10 millions de personnes seront rivés devant leur téléviseur jeudi soir pour le match Canada et États-Unis. Mais Martin St-Louis, ça ne l’intéresse pas vraiment.
C’est probablement le plus gros match de hockey en 11 ans dans le monde. Mais Martin St-Louis, ça ne l’intéresse pas.
Votre dentiste, votre barbier, votre comptable, votre nièce, votre facteur, votre labrador et votre friteuse à air chaud vont sûrement regarder le match. Le président des États-Unis risque d’être sur place. Mais le coach du Canadien de Montréal, ça ne l’intéresse pas.
Le match sera plus écouté au Québec que le Super Bowl. Mais Martin St-Louis, ça ne l’intéresse pas.
«Il n’y a rien qui a été fait pour le hockey de plus gros en dix ans que ce que ce tournoi est en train de faire», a lancé l’entraîneur du Canada, Jon Cooper, sur l’impact de la Confrontation des 4 nations.
Mais Martin St-Louis, ça ne l’intéresse pas.
Je ne peux pas croire
C’était le retour à l’entraînement de l’équipe mardi. Et évidemment, la première question au point de presse de Martin St-Louis portant sur la Confrontation des 4 nations. C’est Patrick Friolet, de RDS, qui l’a posée.
L’entraîneur a répondu qu’«honnêtement, je n’ai pas regardé beaucoup. Je vais parler du Canadien», avant de regarder vers les autres journalistes.

J’ose espérer qu’il bluffait. J’ai de la misère à croire qu’il n’a pas vraiment regardé. Sinon, je suis plutôt assommé.
C’est comme un entraîneur de la NFL qui ne regarde pas le Super Bowl.
Si vous me dites qu’il faut comprendre que Martin St-Louis méritait de décrocher du hockey, qu’avec toute la pression qu’il a à Montréal, c’était normal qu’il prenne une pause, bien, je vous invite à discuter avec une infirmière ou un infirmier du Québec. Ou une éducatrice ou un éducateur en CPE.
Je suis pas mal certain qu’ils pourront vous convaincre que Martin St-Louis, qui gagne 100 fois leur salaire, n’est pas à plaindre tant que ça.
Ordinaire
Je suis un bon défenseur de Martin St-Louis. J’aime qu’il soit têtu, différent et un peu orgueilleux. Mais ce commentaire, je le trouve plutôt ordinaire.
Depuis qu’il dirige le Canadien (trois ans), l’équipe a le 31e pire avantage numérique de la LNH et le 27e pire désavantage numérique de la ligue. C’est la 28e équipe qui marque le moins de buts par match.
Je ne connais pas le hockey comme lui. Mais je me dis que c’est pertinent s’il s’intéresse à ce que les meilleurs joueurs au monde font durant ce tournoi.
On regarde les systèmes défensifs, l’émotion, la passion, les stratégies, les changements de trio, les duels, les sorties de zone, les schémas en avantage numérique... je me dis que ce serait plaisant de voir le Canadien s’inspirer un peu de ça.
Par respect pour ses anciens coéquipiers
Et surtout, on sait tous que Martin St-Louis est plus écouté que notre premier ministre. Tout le monde veut connaître l’opinion de St-Louis. Plusieurs attendent de savoir ce qu’il pense avant de penser eux-mêmes. Il a un impact important sur tous les amateurs de hockey, les plus vieux comme les plus jeunes.
Il le sait et il a appris à bien jouer ce rôle pour expliquer ses décisions, mais aussi expliquer le sport, la pédagogie et humaniser le monde des multimillionnaires du hockey avec des analogies savoureuses. Son leadership fait du bien à beaucoup de monde quand le CH s’enfonce.
C’est donc encore plus décevant qu’il n’ait pas pu prendre le temps de nous parler un peu de la finale. Pourtant, St-Louis était là lors du dernier plus gros match entre ces deux équipes, il y a 11 ans, aux Jeux olympique à Sotchi. Il avait 38 ans et avait réussi à se faire une place avec l’équipe canadienne.
C’est un peu gênant qu’il dise ne même pas être intéressé de suivre ce que ses anciens coéquipiers essaient d’accomplir.
Je le répète. J’ose croire que c’est faux et que c’était juste une façon maladroite de dire que ça ne lui tentait pas de jaser des bagarres et des huées.
Mais il a visiblement été mal conseillé. Ça sonne plutôt bizarre qu’un gars comme ça n’ait pas vraiment regardé les plus beaux matchs de hockey de la décennie.