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Le bel héritage de Johnny Gaudreau

Photo tirée du compte Instagram @colecaufield
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2024-09-04T19:30:00Z

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«Une vie ne prend son importance que dans l’influence qu’elle a sur les autres.» Cette pensée de Jackie Robinson est gravée sur son monument dans un cimetière de Brooklyn.

Dans son cas, cette citation allait au-delà des cadres du sport. Son arrivée à titre de premier joueur de race noire à jouer dans le baseball majeur a servi de levier aux Afro-Américains de son époque.

Jackie Robinson aura été un cas singulier dans l’histoire du sport nord-américain. Mais l’influence d’une personne dans la vie des autres peut se manifester de plusieurs autres façons.

Donner au suivant

L’héritage que laisse Johnny Gaudreau est le plus bel exemple que l’on a sous les yeux. Les hommages qui lui sont rendus depuis sa disparition tragique en font foi. Ce n’est pas du chiqué, c’est du vrai.

Ça se sent, ça se voit.

Celui que l’on surnommait Johnny Hockey était un mari aimant, un père attentionné, un fils reconnaissant, un frère complice et un coéquipier solidaire.

Les réseaux sociaux sont remplis de courtes vidéos dans lesquelles on le voit conseiller des petits joueurs de hockey en herbe. Gaudreau s’impliquait dans la communauté. Il était conscient de l’impact qu’il pouvait avoir sur les gens, jeunes comme moins jeunes. Il était un grand ambassadeur pour le hockey.

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Liens indestructibles

Mardi soir, Cole Caufield annonçait qu’il endossera le numéro 13 cette saison en hommage à Gaudreau, qui était son modèle dans sa jeunesse. Il faut croire qu’à l’instar de Gaudreau, Caufield n’a rien à cirer de la superstition selon laquelle ce chiffre porte malheur.

Son geste est digne de mention. Dans ce cas-ci, c’est un joueur de petit gabarit qui affiche sa solidarité envers un autre qui était comme lui. Ce type de joueur a l’habitude de se serrer les coudes.

Presque partout où il est passé, Martin Saint-Louis portait le numéro 26 en l’honneur de son idole Mats Naslund, qui a fait les délices des partisans du Canadien du temps du Forum dans les années 1980.

Souvenir impérissable

Le souvenir de Gaudreau restera dans la mémoire collective. Une personne connue dans la fleur de l’âge dont la vie et celle de son frère sont volées par un chauffard ivre frappe l’imaginaire collectif. Mais on devrait se rappeler la même chose pour tous ceux et celles qui perdent la vie à cause de gens irresponsables.

Les proches des victimes anonymes se souviendront d’eux toute leur vie, mais pour le reste de la société, les souvenirs de ces tristes événements tombent peu à peu dans l’oubli.

Les personnalités publiques deviennent des immortelles. Selon notre âge, on se souvient de quelle façon Tim Horton, Thurman Munson, Pelle Lindberg et Roy Halladay sont décédés.

De l’enfer au paradis

Le Journal m’avait dépêché à Philadelphie lors du premier match disputé par les Flyers après la mort de Lindberg, en novembre 1985. Le gardien suédois avait fait sa place au firmament des joueurs étoiles de la Ligue nationale. Il était âgé de 26 ans.

Un soir de beuverie, il a embouti sa Porsche 930 dans un mur. Déclaré cliniquement mort à l’hôpital, ses parents ont accepté que ses organes soient prélevés afin d’en faire don à des personnes malades.

Avant le match que j’avais été appelé à couvrir, Bernard Parent qui était entraîneur des gardiens des Flyers, avait prononcé l’eulogie de son élève disparu. Ce fut sans doute la seule fois où le Spectrum, qui était l’amphithéâtre le plus intimidant de la LNH, fit montre de décorum. Mais une fois le match commencé, les Flyers retrouvèrent leur ardeur de combattants débridés.

Un dénommé Darren Jensen était d’office devant le filet. Les Flyers l’avaient emporté 5 à 3 sur les Oilers d’Edmonton, alors doubles champions en titre de la coupe Stanley.

Comblée dans le malheur

Vendredi, parents et amis conduiront Johnny et Matthew Gaudreau à leur dernier repos. Tous se rappelleront l’impact que les deux frangins ont exercé dans leur vie.

La conjointe de Johnny lui a déjà rendu le plus beau témoignage qui soit.

«Même si je t’ai perdu, je suis toujours la fille la plus chanceuse du monde parce que j’étais ta conjointe», a-t-elle twitté.

Il n’y a plus rien à ajouter.

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