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Le bâton et la carotte pour les cimenteries

Des normes écologiques et beaucoup d’aide du fédéral

Le quai de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, vu des airs, en mars.
Le quai de la cimenterie McInnis, à Port-Daniel-Gascons, en Gaspésie, vu des airs, en mars. Photo Agence QMI, André Paquette

Olivier Bourque

2021-06-01T04:00:00Z

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Ottawa veut s’attaquer aux gros pollueurs comme Lafarge et Ciment McInnis afin qu’ils mettent en place des normes pour rendre leur ciment plus écologique. Une initiative que le fédéral ne chiffre pas, mais l’industrie profitera des deniers publics pour se verdir. 

« On veut les forcer à utiliser des technologies propres pour réduire leur empreinte carbone à court terme et je veux m’assurer à long terme qu’on soit dans la carboneutralité », a indiqué le ministre fédéral de l’Industrie François-Philippe Champagne en entrevue au Journal

La stratégie sera détaillée d’ici la fin de l’année. Mais dans l’essentiel, Ottawa a signé une déclaration avec les grands producteurs de ciment qui vise la diminution de 15 mégatonnes de leurs émissions cumulatives d’ici 2030 et quatre mégatonnes par année afin d’arriver à zéro GES en 2050. 

Programmes existants

Le ministre Champagne affirme que la stratégie va s’implanter avec les « programmes existants » notamment ce qui avait été annoncé dans le dernier budget. « On ne parle pas d’argent public. Cette initiative va se faire à travers des programmes qui existent déjà comme, par exemple, le Conseil canadien des normes », a-t-il souligné.  

Or, les cimentiers pourront tout de même obtenir de l’aide gouvernementale à travers différents programmes déjà mis en place par le gouvernement fédéral. 

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D’ailleurs, dans la déclaration commune, Ottawa souligne que l’une des priorités est de s’assurer que l’industrie canadienne du ciment puisse bénéficier « d’un traitement rapide des demandes de financement et d’un soutien en appliquant (SIC) pour les initiatives gouvernementales » comme le Fonds accélérateur net zéro.

Les environnementalistes sceptiques

Selon Greenpeace, l’industrie du ciment devrait assumer les coûts de la pollution qu’elle crée. « L’industrie devrait payer pour sa pollution, ce qu’elle ne fait pas actuellement. On n’a aucune clarté, on ne sait pas qui va payer quoi », se questionne Patrick Bonin de Greenpeace Canada. 

L’organisation environnementale ne croit d’ailleurs pas que l’industrie du ciment puisse arriver à réduire totalement ses émissions. 

« C’est impossible d’être carboneutre dans la production de béton. On craint de rejouer dans le même film, celui où le gouvernement Trudeau achète un pipeline et dit on va compenser les émissions en achetant des arbres », a ironisé M. Bonin. 

Le ministre Champagne dit être au courant des critiques, mais il voulait, tout de même, amorcer la décarbonisation de l’industrie.  

LE BILAN DES CIMENTERIES SUR LE PLAN ENVIRONNEMENTAL

  • La Cimenterie McInnis deviendra l’entreprise la plus polluante du Québec d’ici deux à trois ans lorsqu’elle produira à plein rendement.
  • Ciment Québec et Lafarge Canada sont les 10e et 11e plus grands pollueurs du Québec. 

Source : le Bureau d’enquête

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