Le baseball stoppera-t-il l’invasion des robots dans le sport ?


Jean-Nicolas Blanchet
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Au football, c’est génial. Au tennis aussi. Les robots sont venus améliorer le spectacle. Mais remplacer l’arbitre derrière le marbre au baseball, c’est une autre paire de manches.
Depuis quelques années, les robots ont fait leur entrée dans le baseball professionnel au niveau mineur. Cette année, pour la première fois, plusieurs matchs des camps d’entrainement des ligues majeures ont aussi utilisé un robot pour appeler les prises et les balles.
La MLB considère sérieusement implanter cette technologie pour de bon. Mais finalement, ça ne passe pas comme du beurre dans la poêle.
Au football, on utilise cette technologie pour certaines reprises. C’est plus que logique.
Au tennis, soit que la balle est sur la ligne, soit qu’elle ne l’est pas. C’est mieux d’avoir un robot qui ne se trompe jamais qu’un humain qui se trompe parfois et qui force tout le monde à attendre une reprise.
Au hockey, plusieurs technologies viennent aussi aider les arbitres à prendre les bonnes décisions lors des reprises.
Au baseball, c’est logique d’aller à la reprise pour comprendre si un coureur est arrivé avant la balle ou pas. Mais pour les balles et les prises, je n’en suis pas certain.
En faveur ou pas ?
Les sondages exposent que les partisans sont en faveur, mais pas une très faible majorité. C’est presque moitié-moitié.
Chez les joueurs, même chose. C’est divisé. Le partant des Dodgers, Tyler Glasnow, a dit à The Athletic que de «challenger» un appel de l’arbitre était « la plus amusante partie d’un match ».
Le frappeur vedette des Dodgers Freddie Freeman, pour sa part, s’inquiète que certains joueurs décider de «challenger» chaque prise dès la première manche.

Plusieurs joueurs estiment que les robots pourront corriger des gaffes monumentales des arbitres.
Pour d’autres, c’est d’enlever une partie importante du baseball, soit l’art de «framer» des receveurs.
«Framer» que l’on peut traduire par encercler au baseball, c’est la capacité des receveurs à attraper la belle d’une façon à faire croire à l’arbitre que c’était une prise. C’est un art et une partie importante du travail des receveurs. C’est même une statistique. Par exemple, le receveur des Giants, Patrick Bailey, a fait sauver 16 points à son équipe l’an dernier, juste par la façon qu’il a réussi à tromper l’arbitre souvent. Il a été le meilleur de la ligue à ce chapitre.

C’est donc une partie importante du baseball. Les équipes recrutent et évaluent des receveurs en considérant cet aspect de leur jeu. Certes, dans les dernières années, l’art de «framer» a pris un peu moins d’importances. Les équipes accordent plus d’importance à des receveurs qui excellent offensivement, au détriment de certaines qualités défensives comme «framer».
Néanmoins, ça reste un élément important du baseball et avec des robots, tout ça devient complètement futile.
Ils sont mauvais les arbitres ?
Est-ce que les arbitres se plantent si souvent ? C’est relatif.
Selon le compte X Umpire Auditor, les arbitres se sont trompés 27 336 fois la saison dernière. Sur un total d’environ 780 000 lancers par année, c’est 3 %. C’est 9 lancers par match. Ce n’est pas énorme, mais ça peut changer un match.
Olivier Lépine est un des meilleurs receveurs de l’histoire au Canada. L’ancien de l’organisation des Marlins, qui a aussi brillé avec les Capitales, travaille aujourd’hui pour la compagnie de bâton de baseball B45.

La place aux humains
Celui qui était considéré comme un expert dans l’art de «framer» est farouchement opposé aux robots.
« On essaie de rendre un sport parfait dans un mon imparfait. Laissons les humains faire le spectacle avec ses bons et ses mauvais côtés !», lance-t-il.
À son avis, ça enlèverait complètement le receveur et l’art de «framer» du jeu.
Si tu es un receveur, « plus besoin d’attraper la balle, car l’ordinateur va le faire pour toi», dénonce-t-il. Le receveur pourra donc se concentrer à seulement essayer de «frapper des circuits », poursuit-il en dénonçant que les ligues majeures misent juste sur les circuits et que le bon jeu défensif n’est plus favorisé.
Un autre ancien receveur qui a été dans l’organisation des Red Sox, des Pirates et des Capitales, Josue Peley, n’est pas du même avis.
Il est pour les robots, à condition de garder les arbitres et que les joueurs ne passent pas leur temps à «challenger».

À son sens, il y a trop de « situations incroyables » avec les arbitres. Des situations où il ne peut pas croire que ce soit un humain qui ait le dernier mot.
Toutefois, il serait sévère pour ceux qui «challengent» l’arbitre sans avoir raison. « Comme au hockey quand tu es puni si tu te trompes », de conclure celui qui a travaillé aussi avec les Blue Jays de Toronto, comme traducteur et receveur dans l’enclos de relève.