Les variants sont en train de provoquer un inquiétant revirement de situation au Bas-Saint-Laurent où environ 1000 personnes ont été placées en isolement dans les derniers jours. La Santé publique régionale appelle la population à resserrer son respect des mesures pour éviter que la situation ne dérape.
Le Bas-Saint-Laurent faisait partie des premières régions à retourner au palier d’alerte orange au début février. Certains réclamaient même son passage au jaune la semaine dernière.
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Quelques jours plus tard, 12 éclosions sont en cours sur le territoire, «la presque totalité liée aux variants». «Une preuve éclatante» de la transmission accélérée des variants selon le Dr Sylvain Leduc, directeur régional de santé publique.
Après 18 cas lundi, le Bas-Saint-Laurent en a ajouté 11 à son bilan mardi. Le Dr Leduc prévient toutefois la population, la journée de mercredi s’annonce difficile.
«On a de très nombreux cas entrés hier (lundi) soir après l’heure de tombée et cette nuit. Le bilan de ce midi ne fait pas état de plus de cas qu’hier, mais attendez à demain (mercredi), on va avoir encore davantage de cas», explique le directeur régional.
Six hospitalisations totales
Depuis la fin de semaine, cinq personnes ont dû être hospitalisées à Québec et à Lévis puisque l’unité COVID régionale avait été démantelée après la vague de l’automne et de l’hiver.
«Il y a des gens jeunes qui ont été hospitalisés», a précisé à regret le Dr Leduc, en point de presse mardi matin.
Sur les six hospitalisations totales dans la région, cinq sont liées à un variant. La souche exacte demeure toutefois à confirmer par séquençage.
«C’est sévère. Les gens sont malades. Ça frappe fort», insiste Sylvain Leduc, ajoutant qu’on aurait besoin de temps pour évaluer l’ampleur de la situation.
«C’est indéniable que dans le Bas-Saint-Laurent on en a pour quelques semaines avant de reprendre le contrôle. Est-ce que ça s’appellera une vague? Je sais pas, mais on a besoin de temps», soutient le médecin.
Rassemblements
Ce dernier précise que les enquêtes épidémiologiques ont démontré que plusieurs cas sont liés à des rassemblements tenus au cours des dernières semaines. Un relâchement qui devra être renversé pour éviter un retour au palier d’alerte rouge.
«On a eu beaucoup [de rassemblements privés]. Ça montre que les gens avaient dans une certaine mesure procédé à des rencontres parce qu’on avait l’impression que ce virus-là avait disparu. C’était prématuré», explique le directeur régional, ajoutant comprendre que les gens «soient tannés», mais les implorant à éviter de se rassembler.
«Tout le monde est tanné. Mais malheureusement, le virus ne revirera pas de bord parce qu’on est tannés, il est là. On va donc devoir se retrousser les manches une autre fois», martèle le Dr Leduc.
Vaccination importante
Comme partout au Québec, la planche de salut du Bas-Saint-Laurent demeure la vaccination. Or, seulement 9% de la vaccination a pu recevoir une première dose pour l’instant. Est-ce que la région pourrait profiter d’un envoi ciblé en raison de sa situation épidémiologique comme Montréal et Laval au cours des dernières semaines?
«Toutes les régions vont souhaiter avoir davantage de doses en raison d’éclosions», a soulevé Sylvain Leduc, citant notamment l’Outaouais et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.
«Quand on en envoie plus quelque part, on en envoie moins à d’autres», a-t-il rappelé, précisant laisser «le national» prendre ces décisions.