Tous les résultats
Publicité

«Le BAPE nous déçoit depuis 40 ans», dit un environnementaliste

Alexandre Turgeon, du Conseil régional de l’environnement
Alexandre Turgeon, du Conseil régional de l’environnement Photo d'archives
Photo portrait de Jean-Luc Lavallée

Jean-Luc Lavallée

2020-11-12T00:09:20Z

Partager

Quelques jours après son dépôt, des environnementalistes digèrent encore très mal le rapport critique du BAPE sur le projet de tramway et remettent en question le processus de sélection des commissaires.

• À lire aussi: Réseau structurant: Legault suggère de raccourcir le tracé du tramway

• À lire aussi: Rapport du BAPE: le nouveau tracé du tramway s'arrimera au 3e lien

• À lire aussi: Tramway de Québec: couper l'ouest du tracé n'a «aucun sens», selon le directeur du Bureau de projet

• À lire aussi: L'enveloppe de 3,3 G$ pourrait s’avérer insuffisante pour améliorer le tramway

Rappelant qu’aucun des membres de la commission n’avait une compétence particulière en matière de transport, Étienne Grandmont d’Accès transports viables affirme que le processus qui mène au choix des commissaires «est à revoir».  

Le BAPE, selon lui, s’est décrédibilisé avec sa recommandation de rejeter le tramway, comme il l’avait fait auparavant pour le Réseau express métropolitain (REM) en 2017 et le Train de l’est en 2009. «Ce n’est pas normal que trois projets de transport collectif se fassent démolir par le BAPE. Ce sont des projets fondamentalement bons pour l’environnement, même s’ils sont perfectibles.» 

Alexandre Turgeon, du Conseil régional de l’environnement, va encore plus loin. «En réalité, le BAPE nous déçoit depuis 40 ans», a-t-il largué en entrevue, mercredi, au sujet de l’organisme fondé à la fin des années 70. «Il ne fait pas la job quand c’est des projets routiers puis il la fait tout croche quand c’est des projets de transport collectif.» 

Publicité
  • Écoutez Alexandre Turgeon avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

«Quand on lit les deux dernières pages du rapport, on a l’impression qu’on a voulu faire plaisir à certaines personnes au gouvernement», balance celui qui propose de «recadrer» le mandat des commissaires, qui vont souvent trop loin, selon lui, verse dans l’opinion au lieu de s’en tenir aux faits.  

Christian Savard, de l’organisme Vivre en Ville, se questionne aussi. «Il y a des bouts [du rapport] qui ressemblent beaucoup aux déclarations de Geneviève Guilbault. Ça, j’ai trouvé ça vraiment étrange. Est-ce qu’ils sont imperméables à ce qu’ils lisent dans les journaux? Assurément pas. J’imagine qu’ils ont été influencés par ça.» 

Le grand patron du Bureau de projet du tramway, Daniel Genest, n’a pas voulu embarquer sur ce terrain glissant, mercredi. «Je ne questionnerai pas la compétence de la commission. Par contre, je suis en désaccord avec ses conclusions.» 

Le BAPE défend ses commissaires

De son côté, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement s’est porté à la défense des trois commissaires de la commission d’enquête sur le tramway – la présidente, Corinne Gendron, Antoine Morissette et Pierre Renaud – assurant que ces derniers sont indépendants et compétents.   

«Tous trois ont signé, avant le début du mandat, une déclaration d’engagement éthique et déontologique et une déclaration d’absence de conflits d’intérêts», a assuré le porte-parole Pierre Turgeon.  

Le BAPE, qui a un rôle consultatif et non décisionnel, est composé de cinq membres à temps plein. Pour pouvoir former des commissions d’enquête, son président, Philippe Bourke, dispose d’une liste de 19 membres additionnels qui travaillent à temps partiel, lesquels sont tous nommés au préalable par le gouvernement. Les commissaires affectés à divers mandats sont ensuite désignés par le président du BAPE.  

Mme Gendron et Pierre Renaud ont été nommés sous le règne libéral alors que M. Morissette a été nommé en 2019 par le gouvernement caquiste.  

Québec solidaire, de son côté, suggère depuis plusieurs mois que les nominations des commissaires soient approuvées par l’Assemblée nationale – donc par l’ensemble des députés – au lieu d’être décrétées par le Conseil des ministres, afin de dissiper tout soupçon concernant leur neutralité.  

– Avec la collaboration de Taïeb Moalla

Publicité
Publicité