«L’avantage du froid, c’est l’avantage d’être nous», croit l’autrice Monique Durand, qui explore les multiples facettes de la nordicité dans son récit «Nords»


Frédérique De Simone
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L’autrice Monique Durand livre une véritable ode à la nordicité, à sa beauté, à sa lumière, à sa force et à sa fragilité dans son nouveau récit, Nords.
Paru aux Éditions Boréal cet automne, l’ouvrage réunit sous une même couverture l’ensemble de ses écrits portant sur le Nord, produits au cours des 15 dernières années. On y retrouve ainsi des récits de voyages invraisemblables, notamment sur la route des os en Russie, et de courtes nouvelles magnifiquement écrites.
«J’ai eu envie de décrire la beauté qui se déploie à ma fenêtre tous les matins. Mais pas seulement à ma fenêtre: j’ai aussi eu la chance de pouvoir fréquenter d’autres Nords sur la planète», a indiqué la globe-trotteuse, qui a présenté des conférences sur la littérature québécoise, la condition des femmes et la nordicité un peu partout dans le monde, notamment en Estonie, en Norvège et au Danemark.

«J’ai eu le privilège de pouvoir aller en Sibérie, en Islande, aux îles Féroé, etc. De là, d’ailleurs, le s au titre de mon livre: pour parler de tous les Nords, en fait, de plusieurs Nords», a ensuite précisé l’écrivaine à l’Agence QMI, parvenant aisément à transmettre sa passion dans ce nouvel ouvrage.
Plaçant le Nord-du-Québec au centre de son récit, selon Monique Durand, c’est la multiplicité des cultures de notre Nord qui nous distinguerait par rapport aux autres. Elle cite en exemple les communautés autochtones qui l’habitent, tels les Innus, les Inuits et les Métis, de même que les gens d’origine européenne qui s’y sont installés.
«Ça fait une multiplicité de groupements humains. Et chacun de ces groupements revendique sa langue, sa culture et son bout de territoire. Évidemment, c’est quelque chose d’assez complexe politiquement, mais c’est ce qui nous distingue», a-t-elle avancé.
L’avantage d’être nous
Pour Monique Durand, le froid, la toundra et les vastes étendues gelées du Québec font partie intégrante de l’identité québécoise, et il incombe à tous de protéger le droit d’avoir froid.

«L’avantage du froid, c’est l’avantage d’être nous», écrit-elle, ajoutant que «le froid est un mode de vie constitutif de l’identité des peuples du Nord [...] et que la noirceur hivernale transforme les espaces urbains des villes nordiques».
Témoin du réveil des «Nords» depuis quelques années – un phénomène attribuable en partie aux changements climatiques –, la journaliste estime qu’il est impossible de penser le développement nordique en faisant abstraction de la crise climatique.
«Les Nords sont devenus des enjeux géopolitiques, mais aussi, et peut-être surtout, des enjeux liés à l’avenir du froid sur la Terre, avec, en arrière-scène, le réchauffement du climat qui progresse beaucoup plus rapidement qu’ailleurs dans les hautes latitudes du globe», écrit-elle.
«Il y a beaucoup de projets sur la table mettant en scène notamment les Innus et les Inuits du Québec. Ils veulent que la nature soit protégée. Ils souhaitent surtout avoir un droit de regard et de parole sur ces projets, et pouvoir en bénéficier comme les autres», a-t-elle ajouté en entrevue avec l’Agence QMI.
«Sur le plan humain, on a du travail à faire», a-t-elle ensuite souligné, ouvrant la porte au développement touristique des régions nordiques, notamment avec la route 389, qui relie la Côte-Nord du Québec à la mer du Labrador.
«Ce qu’on peut espérer, c’est un développement harmonieux qui attire les amoureux de nature et de beauté, le développement de routes carrossables et sécuritaires. [...] On peut aussi espérer des circuits touristiques et d’aventure, dans des paysages absolument époustouflants.»
Nords
Monique Durand
Éditions Boréal
264 pages