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Laurent Dubreuil aux Jeux olympiques: les minutes interminables avant la consécration d’une vie

Laurent Dubreuil et son entraîneur Gregor Jelonek, le samedi 14 février 2026, après que Dubreuil a remporté le bronze sur 500 m aux Jeux olympiques de Milan.
Laurent Dubreuil et son entraîneur Gregor Jelonek, le samedi 14 février 2026, après que Dubreuil a remporté le bronze sur 500 m aux Jeux olympiques de Milan. Photo fournie par Laurent Dubreuil
Photo portrait de Laurent Dubreuil

Laurent Dubreuil

2026-02-16T05:00:00Z

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Un peu plus de 24 heures ont passé depuis ma médaille de bronze gagnée sur 500 m, samedi, et je pense que je commence à réaliser ce que j’ai fait, ce que ça représente.

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C’est la récompense pour quatre années d’efforts, oui, mais aussi pour ceux de toute une vie.

En sortant de mes derniers Jeux olympiques, à Pékin, j’avais gagné une médaille d’argent au 1000 m, mais ma distance à moi, c’est le 500 m, et j’avais terminé quatrième, à seulement 0,03 s du podium.

Alors je ne pouvais pas m’enlever de l’esprit qu’au fond, j’aurais dû être double médaillé olympique. 

Je le suis maintenant. J’imagine que désormais, je vais un peu arrêter de penser à ma quatrième place à Pékin. Quoiqu’en tant que perfectionniste, je vais sans doute toujours penser à ma quatrième place à Pékin...

Bref, 24 heures ont passé et je suis tellement fatigué. Je pense qu’il y a l’émotion qui retombe, mais aussi, après ma course, ç’a été un feu roulant.

MEGA/WENN
MEGA/WENN

Je patinais à 17 h 23, précisément, et une fois que j’ai eu ma médaille, j’ai fait les entrevues avec les médias, les tests antidopage, puis je suis allé sur le plateau de CBC, où j’ai aussi filmé différentes vidéos pour des partenaires.

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En plus, parfois avant une course vraiment importante, je bois un café. Je n’en consomme pas en temps normal. Par exemple, je n’en prends pas lorsque j’ai des compétitions en Coupe du monde l’après-midi, parce que je ne veux pas gâcher mon sommeil après.

J’étais confiant, mais...

Mais avant une course aux Jeux, ça vaut la peine: le café, c’est un stimulant, alors ça me donne de l’énergie, même si ça ne fait sûrement pas une grande différence.

C’est peut-être ce qui explique, aussi, les 5 h 30 seulement que j’ai réussi à dormir dans la nuit de samedi à dimanche.

Ç’a été une journée forte en émotions et en stress, samedi. J’avais pleinement confiance en mes moyens, j’étais confiant. Ça faisait environ un mois et demi que je savais qu’aux Jeux, j’allais faire une bonne course.

AFP
AFP

Je ne savais pas cependant si ç’allait être assez bon pour battre le plateau de compétiteurs le plus relevé de l’histoire.

Et le patinage de vitesse longue piste, c’est un sport de chrono. Une fois que j’ai fait ma course, je ne contrôle plus rien. Avant mon départ, j’avais un peu d’adrénaline, mais sans plus.

J’ai réalisé le meilleur temps de ma vie au niveau de la mer: 34,26 s. C’est une de mes meilleures courses, sinon la meilleure de ma carrière.

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Je commençais à être négatif

Il restait cinq paires de patineurs après moi. Je me doutais fort, fort, fort que Jordan Stolz et Jenning de Boo allaient me battre.

Ç’aurait pris une déconfiture, il aurait fallu qu’un de leurs patins pique dans la glace pour qu’il en soit autrement. Ces gars-là sont au sommet de leur art, ils sont exceptionnels.

MEGA/WENN
MEGA/WENN

Mais si ces deux-là me battaient – ce qui a été le cas –, il fallait que personne d’autre ne me devance.

C’était tellement stressant. Ç’a paru une éternité, cette dizaine de minutes là.

Je redoutais particulièrement Damian Zurek. Cette année, il avait été plus rapide que mon temps de samedi.

Alors je croyais en ma médaille, mais je n’osais pas y croire en même temps. Parce que si j’y croyais trop, j’allais tellement être déçu. Sur le coup, ça m’aurait sûrement détruit.

Je commençais à être quand même négatif dans ma tête. Je me disais qu’il allait me devancer. C’était sûrement une façon de me protéger.

Mais au départ, il est un peu resté collé sur la ligne. Il ne s’est pas propulsé vers l’avant tant que ça. Je regardais sa course et j’espérais. Quand il a fini quatrième, il restait deux patineurs que je craignais quand même un peu.

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Surtout Wataru Morishige, celui qui m’avait battu par 0,03 s il y a quatre ans... Finalement, les deux derniers n’étaient pas proches.

La course qu’il fallait, quand il le fallait

Est-ce que j’aurais pu faire mieux encore samedi? Comme patineur, quand on repense à nos courses, on se dit toujours qu’on aurait pu être meilleur dans le premier virage, ou dans certains détails...

Quand j’y repense, il y aurait peut-être quelques trucs qui auraient pu être mieux, mais ça n’aurait rien changé parce que les deux premiers étaient trop loin devant. Ce sont des génies de notre sport. Je ne peux que le reconnaître et admirer leur talent.

J’aurais peut-être pu couper un dixième, mais pas quatre. C’est une éternité dans notre sport.

Quand même, j’ai connu la course qu’il fallait contre les meilleurs patineurs, sans aucune marge de manœuvre, à 33 ans.

AFP
AFP

C’était ce que je devais faire pour obtenir une médaille, et j’ai réussi.

Sur le coup, l’attente avant le podium, c’était rough pour les nerfs, mais ça va rester un bon souvenir pour le reste de ma vie.

– Propos recueillis par Jessica Lapinski

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