Laurence Vincent Lapointe: un an après avoir été blanchie

Benoît Rioux
Partager
«C’est curieux à dire, mais si j’avais à revivre ça, je n’aurais pas la force de passer par où je suis passée.»
Il y a un an, la multiple championne du monde Laurence Vincent Lapointe était enfin blanchie des accusations de dopage qui pesaient contre elle. La Fédération internationale de canoë en faisait l’annonce le 27 janvier 2020 en matinée. Puis, plus tard dans la journée, l’athlète rencontrait les médias.
- À lire aussi: Kobe Bryant, un an après
- À lire aussi: Les Phillies ont convaincu J.T. Realmuto
«Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point je suis soulagée, à quel point ça fait du bien de mettre fin à ce périple et de pouvoir me concentrer sur ce que j’aime et retourner sur l’eau pour me préparer pour les Jeux», avait-elle alors commenté.
Le verdict fut clair : les légères traces de ligandrol qui avait été retrouvées dans son organisme à la suite d’un test de dopage inopiné en juillet 2019 provenaient de son ex-conjoint qui en aurait consommé et qui l’aurait contaminée.
«Je m’étais toujours dit que j’avais beaucoup de force de caractère. Mais après avoir survécu à tout ça, je me suis rendu compte que j’étais encore plus forte que je le pensais, confie-t-elle, un an plus tard, durant une généreuse entrevue. Ça m’a surpris d’avoir cette force, mais je dois dire aussi que j’ai été très bien entourée.»
Aucun doute autour d’elle
Âgée de 28 ans, l’athlète originaire de Trois-Rivières est présentement en Colombie-Britannique, où elle poursuit son entraînement dans l’espoir de participer aux prochains Jeux olympiques de Tokyo, cet été.
Si elle a été clairement blanchie, certains doutes peuvent parfois subsister autour d’un athlète ayant été soupçonné de dopage. Laurence Vincent Lapointe assure que ce n’est pas le cas.
«Honnêtement, je ne la sens pas cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête, dit-elle. C’est peut-être naïf de ma part, mais chez le monde qui me connaît, personne n’a jamais cru que je l’avais fait. Et je ne ressens pas cette impression dans mon milieu ou... on ne me le dit pas.»
Dans une dernière année aussi marquée par la pandémie de COVID-19 et le report d’un an des Jeux de Tokyo, la Québécoise a déjà eu le pouls en provenance de plusieurs autres athlètes de sa discipline au niveau international.
«On s’est fait un groupe de motivation privé sur WhatsApp avec de nombreuses filles de différents pays et je ne sentais aucun malaise à mon endroit», ajoute-t-elle.
Enfin aux Jeux olympiques!
Aujourd’hui, Laurence Vincent Lapointe s’est recentrée sur un combat qu’elle mène depuis beaucoup plus longtemps avec l’objectif ultime d’obtenir une médaille d’or olympique. Le canoë féminin doit effectivement être présenté pour la première fois aux Jeux de Tokyo, ce qui signifierait déjà une belle victoire pour la Québécoise, mais aussi pour la discipline.
«Je serais très heureuse de faire partie de ça, a-t-elle indiqué, sachant que la COVID-19 entraîne encore beaucoup d’incertitude. Ceci dit, ce n’est pas encore suffisant. On ne devrait pas faire de distinction entre les hommes et les femmes. On pensait quoi avant? Qu’une femme ne pouvait pas tenir une rame? C’est comme l’expression "courir une fille", ça devrait signifier courir vite, pas courir mal.»
Cumulant 13 titres aux Championnats du monde en carrière, Laurence Vincent Lapointe n’a jamais eu peur de ses opinions et elle a toujours montré une force de caractère pour gagner bien des batailles, dont certaines plus difficiles que d'autres. Sa prochaine course : les essais nationaux à la mi-mars en Colombie-Britannique si, évidemment, ceux-ci ne sont pas repoussés. Des épreuves de la Coupe du monde pourraient par ailleurs avoir lieu au mois de mai, en attendant les Jeux olympiques.