Laura Stacey amène la Victoire en séries


Patric Laprade
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« Nous voulons la rendre fière ! »
Ces mots sont ceux de Laura Stacey, au beau milieu d’une réponse en conférence de presse après le match de mercredi soir, sur comment l’équipe doit lever son jeu d’un cran en l’absence de sa capitaine Marie-Philip Poulin.
C’est à ce point-là que Poulin est spéciale pour ses coéquipières.
Une joueuse irremplaçable !
Ceci étant dit, depuis que Poulin est sur la liste des blessées, l’équipe gagne et accumule les points. Pour une équipe qui n’avait jamais gagné en l’absence de sa capitaine, elle a remporté quatre de ses cinq derniers matchs, 13 points sur une possibilité de 15.
Stacey aussi accumule les points.
Depuis le 19 mars, elle a marqué cinq points en six matchs, sa meilleure séquence offensive de l’année. Mais au-delà des statistiques, elle joue avec encore plus d’intensité – si seulement cela était possible – et elle rend ses coéquipières meilleures.
Abby Roque a connu ses meilleurs moments offensifs aux côtés de Stacey avec six points en trois matchs. Catherine Dubois a marqué ses quatre premiers buts de l’année. Et mercredi soir, Hayley Scamurra a marqué deux fois au centre du premier trio.
En prenant un regard plus panoramique, Montréal est sur une séquence de 12 matchs avec au moins un point, c’est-à-dire 30 points sur une possibilité de 36.
Plus de la moitié de ces rencontres ont été jouées sans Poulin.
Dans une ligue où chaque point est important, c’est énorme. Ce n’est pas pour rien que l’équipe a confirmé sa place en séries éliminatoires.
Stacey a produit 11 points lors de cette séquence, elle qui n’en avait eu que sept en première moitié de saison. Elle est la meilleure pointeuse de son équipe depuis le retour des Jeux olympiques.
Ann-Renée Desbiens est certes la joueuse la plus utile à son équipe, mais Stacey est le cœur et l’âme de la Victoire. Je l’ai écrit la saison dernière. C’est encore plus vrai en ce moment.
Il n’y a pas de doutes dans ma tête : Stacey est la meilleure leader de la ligue qui n’a pas de « C » sur son chandail. Et elle vient d’amener son équipe en séries.
Des guides touristiques chez les Goldeneyes
La Victoire avait une équipe spéciale l’an dernier. Les liens étaient très forts entre les joueuses et plusieurs ont gardé un excellent souvenir de Montréal.
C’était d’ailleurs un premier retour à la Place Bell pour deux anciennes de la Victoire, les attaquantes Abby Boreen et Jennifer Gardiner.
Je les ai rencontrées après la pratique de Vancouver, mardi à la Place Bell.
Arrivées dimanche soir après le match contre Toronto, les deux me disaient qu’elles avaient renoué avec leurs anciennes adresses préférées.
Dans le cas de Boreen, elle est allée au « September Café » sur Notre-Dame Ouest à Montréal, avant de dévaliser les boutiques de la rue Ste-Catherine.
De son côté, Gardiner a fait visiter la ville à quelques-unes de ses coéquipières. Elles sont aussi allées au « September Café » y manger des crêpes, puis se sont dirigées vers le café au Petit Dep sur St-Paul, avant de louer des vélos et d’aller se promener sur le bord du canal Lachine, près d’où elle demeurait l’an dernier.
Originaire de la Colombie-Britannique, Gardiner m’a avoué être tombée en amour avec la ville et qu’elle se sentait très nostalgique de pouvoir y retourner cette semaine.
Les deux ont reçu une belle ovation de la foule lorsqu’elles ont été présentées à l’écran géant après le premier arrêt de jeu.
Même si elle n’a jamais joué pour la Victoire, la gardienne Emerance Maschmeyer a habité à Montréal pendant cinq ans à la fin des années 2010. Par conséquent, Montréal est devenue sa deuxième maison. Elle a donc joué les guides touristiques afin de montrer la ville pour la première fois à sa coéquipière, la Finlandaise Michelle Karvinen. Griffintown, de même que de bons endroits pour manger et apprécier le paysage de la ville étaient au menu.
Dans les notes de mon iPhone
- La Québécoise Catherine Dubois, qui était tout feu tout flamme depuis qu’elle jouait sur le premier trio, a plutôt évolué sur la troisième ligne mercredi. Kori Cheverie nous a expliqué après le match avoir chamboulé ses trios question de faire des tests. Je veux bien. Mais c’est quoi le message que tu envoies à Dubois quand tu fais ça ? Marque 4 buts en 4 matchs et on va te récompenser en te faisant moins jouer et en t’envoyant sur le troisième trio ?
- Après trois rencontres, j’en ai assez vu de la défenseuse et capitaine d’Équipe Italie, Nadia Mattivi. Elle joue avec assurance, contrôle bien la rondelle, prend le temps d’aller chercher ses informations, a une bonne vision du jeu et n’a pas peur d’y aller d’un deuxième effort. Bref, elle joue comme une vétérane. Il ne fait aucun doute pour moi qu’elle devrait être utilisée dans le top 4 de la brigade défensive montréalaise. En espérant qu’elle joue tous les matchs de l’équipe d’ici à son départ pour les championnats du monde du groupe 1A à Budapest.
- L’entraîneur-chef de Vancouver, Brian Idalski, qui est généralement enthousiaste en entrevue, avait plus l’air d’un homme qui prononçait un éloge funèbre dans sa conférence d’après-match. En fait, avec cette défaite, 6 matchs à jouer, et des victoires de Toronto et New York, c’est peut-être les funérailles de son équipe auxquelles il assistait.