Allégations d’agressions sexuelles: de la sympathie pour Kyle Beach
Les joueurs des Sharks et du Canadien font l’éloge du courage de l’ancien premier choix des Blackhawks

Jonathan Bernier
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SAN JOSE | Les révélations de Kyle Beach ont résonné à travers les quatre coins de la LNH. Son émouvant et troublant témoignage, offert sur les ondes de TSN mercredi soir, n’a laissé personne indifférent.
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Tant du côté des Sharks que de celui du Canadien, on a salué le courage de cet ancien espoir des Blackhawks de Chicago, agressé sexuellement par Brad Aldrich, responsable vidéo de l’équipe, en 2010.
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« C’est dévastateur de savoir ce qu’il a dû endurer. J’espère que cette initiative lui permettra de guérir. Espérons que quelque chose du genre n’arrivera plus jamais », a indiqué Logan Couture, après l’entraînement matinal des Sharks.
« On peut lui lever notre chapeau, a souligné Cédric Paquette, dans un vestiaire exigu du SAP Center. C’est assez troublant de savoir ce qu’il a vécu et enduré pendant 10 ans. Je le trouve très courageux d’avoir dénoncé. »

On ne peut en dire autant des membres de la gestion des Blackhawks qui ont préféré étouffer l’affaire plutôt que d’appuyer le jeune joueur, alors âgé de 20 ans.
D’ailleurs, les Blackhawks ont incité Stan Bowman à démissionner du poste de directeur général qu’il occupait depuis 2009. Idem avec Al McIsaac, vice-président des opérations hockey de la formation de l’Illinois.
L’organisation a elle-même reçu une amende de 2 M$ de la part de la LNH pour sa mauvaise gestion dans le dossier.

« Nos pensées sont avec lui (Beach). C’est très malheureux. Bowman est parti. Tous ceux qui sont impliqués là-dedans devraient être punis. C’est terrible que ce soit arrivé », a lancé Nick Bonino, attaquant des Sharks, sans détour.
Reste à savoir quel sort sera réservé à Kevin Cheveldayoff et Joel Quenneville, respectivement directeur général adjoint et entraîneur-chef des Hawks au moment des faits.
Des rencontres avec Gary Bettman étaient prévues jeudi (dans le cas de Quenneville) et lundi (dans celui de Cheveldayoff).
Abandonné par la NHLPA
Ils sont plusieurs à devoir se regarder dans le miroir dans cette saga qui a pris fin mardi avec le dépôt du rapport d’enquête de la firme Jenner & Block.
Mercredi soir, Donald Fehr, le directeur de l’Association des joueurs de la LNH (NHLPA), a fait son mea culpa, reconnaissant que le système avait laissé tomber Beach et que la NHLPA fait partie de ce système.
« Je suis sincèrement désolé et je compte tout mettre en œuvre pour apporter des changements qui feront en sorte que ça ne se reproduira plus », a indiqué Fehr, par voie de communiqué.
Représentant des joueurs du Canadien au sein de cette association, en l’absence de Paul Byron, Brendan Gallagher n’a pas été tendre avec elle.
« La NHLPA est là pour protéger les joueurs. Elle sort perdante de cette histoire. Le système l’a laissé tomber (Beach) », a-t-il soutenu.
À propos de la décennie qui s’est écoulée entre le moment des agissements et le dénouement de l’enquête, il avait ceci à dire : « C’est frustrant de voir qu’il a fallu autant de temps. Au moins, des personnes ont été tenues responsables. J’espère que ça permettra à des gens qui vivront les mêmes situations de se sentir à l’aise de dénoncer. J’espère qu’il (Beach) pourra retrouver une certaine sérénité. »
Une question d’évolution
Cette désolante histoire ramène sur la table des questionnements à propos de la culture du hockey, que plusieurs considèrent comme toxique.
L’affaire Logan Mailloux, le dossier impliquant les deux joueurs des Tigres de Victoriaville.
Sans oublier les accusations d’intimidation à l’endroit de Mike Babcock et celles lancées contre Bill Peters concernant des propos racistes et des abus physiques (qui ont mené à la démission des deux entraîneurs).
Cette culture évolue-t-elle en même temps que la société ? Selon Dominique Ducharme, c’est le cas.
« En même temps, rien n’est parfait. Que ce soit au hockey ou ailleurs. On est un sport médiatisé. Il y a des affaires qui se passent au bureau ou dans une entreprise, ça passe plus inaperçu, a-t-il déclaré. Je ne dirais pas que le hockey est en arrière sur la société en général. Tout le monde évolue sensiblement dans la même direction, à la même vitesse. »