Lane Hutson est-il le futur général du Canadien?
Le petit défenseur, qui évolue avec les Terriers de l’Université de Boston, a des qualités indéniables


Mathieu Boulay
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Ça fait des mois que j’entends parler du défenseur Lane Hutson et de ses exploits avec l’Université de Boston dans la NCAA. Je regarde tous ses petits bijoux sur les réseaux sociaux. Je comprends les partisans de saliver à l’idée de le voir dans l’uniforme du Canadien le plus rapidement possible.
J’ai regardé le match entre son équipe et les Broncos de Western Michigan, jeudi après-midi, qui se déroulait à Manchester. C’était la demi-finale régionale du célèbre Frozen Four. Je voulais voir ce qu’il avait dans le ventre et dans les patins. J’avais hâte de voir le plus bel espoir du Canadien dans une rencontre sans lendemain.
J’ai eu une bonne première impression dans l’ensemble. Hutson possède un bon coup de patin. Ses pieds sont rapides et il est agile avec la rondelle. Son flair offensif est indéniable. Pour lui, c’est instinctif. Il se lance à l’attaque dès qu’il voit une ouverture. Il a une vision du jeu au-dessus de la moyenne.
C’est lui qui a ouvert le pointage pour les Terriers en première période. Il a reçu une belle passe alors qu’il appuyait l’attaque. Un bon lancer et bingo!
Par contre, lors du seul but de Western Michigan, il s’est fait prendre en zone offensive. Lors de la relance adverse, il a raté son assignation pendant son repli défensif. Ça fait partie de l’apprentissage.
À l’exception de cette petite faute, sa prestation a été solide. En plus de son but, il a terminé la rencontre avec un différentiel de +3 dans une victoire convaincante de son équipe. On peut difficilement demander mieux.
Comme Caufield?
Depuis que le Canadien l’a repêché, il est toujours question de son gabarit. Au repêchage, il mesurait 5 pieds 8 pouces. Il a grandi de deux pouces depuis juin dernier.
Dans le fond, on s’en fout un peu. Qu’il mesure 5 pieds 8 pouces ou 6 pieds 2 pouces, ça ne changera rien à son talent naturel. On est 2023 et les joueurs de petits gabarits ont leur place dans une LNH qui est axée sur la vitesse et l’exécution.
De plus, le Canadien n’a pas peur de faire confiance aux petits joueurs. Présentement, il a sept joueurs qui ne mesurent pas 6 pieds dans sa formation. C’est presque 40% de ses effectifs.
Si Hutson veut un modèle à suivre, il peut regarder en direction de Cole Caufield. Du haut de ses 5 pieds 7 pouces, l’attaquant au large sourire a inscrit 26 buts en 46 rencontres avant d’être opéré à une épaule.
Sa transition entre la NCAA et la LNH s’est faite en douceur. Caufield avait été en mesure de conserver sa touche entre les deux niveaux. Ce n’est pas tous les joueurs qui sont capables de le faire.
Hutson sera-t-il en mesure de l’imiter? C’est une question à 1 M$ pour le moment.
Un encadrement crucial
Pour son arrivée dans la LNH, je dirais ceci: rien ne presse. Malgré tout le talent qu’il possède, Hutson a besoin encore d’une ou deux saisons dans la NCAA afin de peaufiner son jeu, mais aussi pour poursuivre son développement physique. Quelques livres de muscle de plus, ça ne lui ferait pas de tort.
Par la suite, une saison dans la Ligue américaine serait une bonne chose. Il pourrait s’habituer au rythme et au style de jeu des professionnels. Les dirigeants du Canadien avaient le même plan pour Kaiden Guhle cette saison, mais le principal intéressé leur a forcé la main. Hutson pourrait faire la même chose.
Puis, lorsqu’il arrivera dans la LNH, ça lui prendra un grand frère comme David Savard ou Joel Edmundson afin qu’il joue avec confiance. Ce sera crucial.